GÉNÉRALITÉS SUR LES PLANTES FÉCULENTES. H
jusqu'à l'ébullition et on laisse refroidir. La masse devient rouge quand elle renferme de l'ergot.
Orge. -L'orge, au grain d'un Jaune de paille et anguleux produit un pain grossier et de digestion difficile. En France sa farine est souvent mélangée à celles de blé ou de seigle On se sert surtout de l'orge pour la fabrication de la bière. L'orge perlé est de l'orge mondé, c'est-à-dire dépouillé de sa pellicule supérieure, arrondi au moyen de meules; il sert à la préparation de potages et de tisanes adoucissantes.
Avoine - L'avoine, au grain cylindrique, produit un pain
noir, lourd, encore inférieur à celui d'orge et d'une conservation
difficile Les populations pauvres préfèrent en consommer la
arme a 1 état de bouillie. L'avoine contient une substance douée
"" P ° UV0Jr eXCitant " C ' est Ia nourriture par excellence des chevaux.
Maïs. - C'est, après le blé, la plus précieuse des céréales Le mais ne mûrit que dans les pays chauds; ailleurs il sert de fourrage. La variété à grains dorés est la plus estimée ; celle à grams rouges l'est peu. La variété King-Philip, importée d'Améque, es la seule qui mûrisse à Paris. La farine de maïs, très riche en fécule, ne peut pas être transformée en pain- pour la panifier on doit la mélanger avec de la farine de LJZÏ seigle La po tenta, sorte de bouillie fabriquée avec la farine de r ra^ f M eUtaU ' e ^ d »"~ agréable quand elle
si h d V S ° U USage eXClUSi1 ' dëtei ' mhle Une ™^ie
spéciale de la peau, nommée pelagre.
Riz Le riz, au grain blanc, dur, corné, est très riche en îécule e ne peut fournir une pâte panifiable. 11 constitue la pnncipa nourriture des populations si denses des pays orien-
e cuU^T'r eXigeant POlU> r6U * Sir UU SU1 ^ h--de, est cultivée dans des marais
à bZiilf r e T La P ° mme de tGrre ' Men ^PP-tenant JrélZÎJL ^ d6Vrait "" ^— mbre des ma? eL T Sac ° m P osltio " ^ '" approche du riz et du
mais, clic est, comme eux, très riche en fécule. Importée d'Amé- « -lue en Europe, vulgarisée en France par Parmen ier, elle co" -
WG m
PLANTES ALIMENTAIRES FÉCULENTES
titue une précieuse réserve alimentaire pour toutes les classes de la société et principalement pour la classe ouvrière. Pauvre en principes azotés, elle est en somme peu nutritive. On peut conserver longtemps les pommes de terre dans l'eau salée, procédé usité en Allemagne, ou dans une dissolution à 2 p. 100 d'acide sulfurique (procé.dé de M. Schribaux).
Millet. — Il joue un rôle peu important en alimentation, et sert surtout à la nourriture des oiseaux.
Sarrasin. — Le sarrasin ou blé noir, au fruit ovale, anguleux et noirâtre, sert à fabriquer de la bouillie et des galettes dans les pays pauvres.
Gland de chêne. — Sa farine, lorsqu'on en a enlevé le tannin par un lavage à l'eau ammoniacale, peut être consommée sans inconvénient. Il serait désirable de trouver un procédé analogue pour faire perdre à la farine du marron d'Inde son amertume ; elle deviendrait alors comestible.
STATISTIQUE
France. — La France tient un des premiers rangs parmi les pays grands producteurs de céréales. Le progrès agricole a été considérable en France depuis le commencement du xix e siècle : en 1820, on y comptait 5 millions d'hectares cultivés en blé, produisant 55 millions d'hectolitres, avec un rendement moyen de 11 hectolitres à l'hectare ; présentement, 7 millions d'hectares sont cultivés en blé, produisant plus de 100 millions d'hectolitres, avec un rendement moyen de 14 hectolitres à l'hectare.
Les 7 millions d'hectares cultivés en blé, qui représentent le quart de toutes les terres labourées, donnent le tiers de la production totale agricole de la France, évaluée par an à 7 milliards et demi de francs.
Malgré cette énorme production de blé, la France ne se suffit pas encore à elle-même ; elle doit demander chaque année environ 10 millions d'hectolitres à l'étranger, à la Russie Méridionale, à la Hongrie, à l'Egypte, à l'Algérie, aux États-Unis.
STATISTIQUE
C'est que le peuple français, devenu riche, s'est habitué à ne manger que d'excellent pain blanc de farine de blé
Le département du Nord est celui qui produit le plus de blé plus de 3 millions d'hectolitres à lui seul: c'est là aussi qu'on obtient les meilleurs rendements, grâce à des méthodes perfec t.onnées de culture, à l'emploi de nombreuses machines agricoles et d'engrais bien compris.
La Beauce, appelée le grenierde la France, produit aussi une énorme quantité de céréales ; malheureusement il lui manque de 1 eau pour devenir d'une fertilité prodigieuse.
Les blés les plus recherchés en France sont : le blanc de Bergues, celui de la Beauce, le saisette d'Arles, le touzelle de Provence, le chiddam de Brie, le blé Saint-Laud d'Angers le bladette de Toulouse, le blé de Montauban, etc. Les régions du Nord préfèrent les variétés à grains tendres, celles du Midi les blés a grains durs. On cultive aussi beaucoup dans le Nord des espèces anglaises, sans barbes, à graines tendres et à farine très Manche. La boulangerie recherche les blés flamands. La Normandie, l'Anjou la Bretagne, Toulouse, Arles, Castelnaudary fournissent des blés excellents pour l'exportation, car ils sont inaltérables pendant le voyage.
La France produit aussi beaucoup de seigle, d'orge, d'avoine,
9 'Zoo h t d ?, P °T eS ^ teiTC - Mal * ré Sa F"*»*» ^ 9 oOO 000 hectolitres de maïs, sur G00 000 hectares répartis dans
les départements du Midi, surtout au sud de la Garonne, elle
doit encore demander annuellement à l'importation pour 4 mil-
emlvé T S P r " de Cette C(5l ' éale - Le maïs est en ef ^ très employé pour la nournture des bestiaux et la fabrication de
1 amidon et de l'alcool. La culture du maïs est peu rémunéra-
Le riz n'est pas cultivé en France, notre climat ne s'y prête pas. On le ire de la Cochincbine, du Japon et surtout de la Birmanie anglaise. Il est travaillé à son arrivée dans des usines
■SpCGlcllGS.
En 1817 il y avai [ seil | eme „i M0 000 h pommes de te„e en France ; on y „„ mple L M J n \
PLANTES ALIMENTAIRES FÉCULENTES
1500 000 hectares, produisant 117 millions de quintaux, d'une valeur de 350 millions de francs. C'est encore un résultat très médiocre, surtout si on le compare à celui obtenu en Allemagne où le rendement est bien supérieur. Alors que le rendement moyen n'est que de 7355 kilos à l'hectare en France, il s'élève en Angleterre à 15 000,-en Belgique à 13 000, et en Allemagne jusqu'à 30 000, ce qui permet à cette dernière contrée de nous inonder de sa fécule et de son alcool de pommes de terre.
M. Aimé Girard a cherché à remédier à cette infériorité, et il a démontré qu'on pouvait facilement élever le rendement à 35 000 kilos à l'hectare en France au moyen de labours profonds, de 30 à 40 centimètres, en plantant les pommes déterre sur des lignes espacées de 60 centimètres, à une distance de 50 centimètres l'une de l'autre, en faisant usage d'engrais formé d'un mélange de superphosphate de chaux, de sulfate de potasse et de nitrate de soude, et finalement utilisant les variétés à grand rendement : la géante bleue d'Allemagne, très riche en fécule, ou les variétés richters, imperator, bonum magnum, chardon, etc. On combat la maladie des pommes de terre en arrosant les plants au moyen d'une bouillie composée d'eau, de chaux et de sulfate de cuivre.
Le sarrasin a pour ainsi dire disparu de la culture française, et on ne le retrouve guère que dans les provinces les plus arides, en Sologne et en Bretagne. Toutefois ces deux pays ont considérablement progressé depuis le commencement de ce siècle. La Bretagne ne ressemble plus à ce qu'elle était avant 1789, quand Arthur Young, voyageant en France, la trouva plus désolée que la triste Sologne. Elle conserve encore ses rochers, rebelles à la culture, ses brumes marines, mais l'agriculture a fait là de grands progrès et l'on cultive aujourd'hui le blé dans nombre de cantons où ne végétaient jadis que la bruyère, le genêt et l'ajonc.
Angleterre. — L'Angleterre ne produit pas autant de céréales que la France. Elle doit en demander une grande quantité aux Etats-Unis, à la Bussie, à la France à l'Allemagne, à l'Egypte et au Canada.
STATISTIQUE. n 87
Belgique et Hollande. — La Belgique cultive plus de seigle que de blé; ses propres céréales ne lui suffisent pas non plus. Il en est de même de la Hollande, dont le climat humide est plutôt favorable aux prairies naturelles et à l'élevage des bestiaux. Les sables de Hollande {polders) produisent des pommes de terre très renommées.
Allemagne. — Elle récolte plus de blé qu'elle n'en consomme ; le blé de Dantzig est très recherché par les Anglais. Le Hanovre,' le Holstein, le Mecklembourg produisent de grandes quantités de céréales. La Bavière et le Palatinat cultivent la pomme de terre sur de vastes étendues de terrain, comme d'ailleurs toute l'Allemagne, où le rendement de ce tubercule est considérable.
Autriche-Hongrie. — La culture des céréales a pris un développement considérable en Hongrie, cet ancien fond de lac aujourd'hui desséché, où l'humus abonde et où l'engrais n'est pas encore aussi nécessaire que dans les terres épuisées de France. La Hongrie produit 840 millions d'hectolitres de blé, mais seulement 12 millions de quintaux d'orge et pareille quantité de seigle. En 1886, elle a exporté pour 175 millions de francs de céréales.
Italie. — Elle produit 34 millions d'hectolitres de blé, très peu de seigle et quelque peu d'orge et d'avoine. Son blé ne lui suffisant pas, elle doit s'approvisionner en Bussie, en Egypte et en Hongrie. Le blé tendre des Abbruzes et de la Pouille donne une farine d'une blancheur éclatante, employée pour pain de luxe ; le blé dur de Sicile et de Naples est recherché pour la fabrication des pâtes alimentaires et du macaroni. On récolte pour une vingtaine de millions de francs de riz dans les marais du Vercellais, du Milanais, du Mantouan et dans la province de Bovigo. L'Italie produit beaucoup de maïs consommé sous forme de bouillie nommée polenla.
Espagne et Portugal. — Ces deux pays ne produisent pas assez de céréales pour leur consommation. En Espagne, on recherche surtout les blés durs de l'Estramadure, de Valence, d'Aragon, de Murcie, d'Andalousie et des Castilles. Les blés du
IP