Prunes
LÉGUMES ET FRUITS
Les principaux centres de production sontAgen et les départements voisins du Lot-et-Garonne, la Touraine et les Deux-Sèvres, le Loiret, l'Aisne, les environs de Paris, l'Aube, la Haute-Saône, la Meuse, les Vosges, etc.
La prune d'Enle, cultivée dans un très vaste rayon autour d'Agen, est desséchée et donne les pruneaux les plus renommés. Le département du Lot-et-Garonne produit par an 175000 quintaux de prunes, d'une valeur de 12 millions de francs.
Les pruneaux de Tours proviennent principalement du département des Deux-Sèvres qui en récolte pour 2 millions de francs annuellement. Citons également les reines-claudes et les mirabelles des environs de Paris et de la Champagne, les coatches (de l'allemand Quetsche) de la Lorraine.
Cerises. — Elles sont surtout abondantes dans la Marne, la Haute-Marne, l'Aube, les Ardennes, l'Oise, Seine-et-Oise, l'Yonne, la Côte-d'Or. Les merises ou cerises sauvages des Vosges servent à fabriquer le kirsch.
Poiriers. — L'ouest de la France expédie d'immenses quantités de poires à Paris, en Angleterre et dans tout le Nord de l'Europe. La seule ville d'Angers en exporte 700 000 kilos par an ; les Parisiens les recherchent beaucoup pour les manger cuites.
Pommes. — La Bretagne, la Normandie, la vallée de la Loire, les Flandres, la Picardie, l'Artois, en expédient de grandes quantités dans le reste de la France et à l'étranger. On les amène à Paris par bateaux.
Melons. — Les melons cantaloups sont aujourd'hui les plus recherchés ; ils viennent d'Orléans, des environs de Paris, de Honneur, etc. Les côtes de la Manche, en Bretagne, en produisent aussi considérablement.
Fraises. — Ce fruit, jadis exclusivement réservé à la table des riches, est aujourd'hui devenu un mets populaire. On le cultive dans les environs de Paris, à Sceaux, Fontenay-aux-Roses, Bagneux, etc., etc. ; en Bretagne à Plougastel-Daoùlas (fraise du Chili, très parfumée et savoureuse) et en général sur les côtes bretonnes que baigne le courant chaud du Giilf-Streani, à
FRUITS FRAIS
Angers, Orléans, Bordeaux, Marseille, Avignon, Hyères, etc.
Figues. — Les figues sont un fruit spécial au Midi. Argenteuil, près Paris, en fournit cependant à la capitale et au nord de l'Europe. A Argenteuil, pour préserver le figuier du froid, on le couche en hiver et on enterre les branches.
Amandes. — C'est également un fruit spécial au Midi ; il réussit cependant assez bien aux environs de Paris.
Noix. — Les noyers abondent dans le Dauphiné, la Dordogne et le Puy-de-Dôme. On en trouve d'ailleurs partout en France.
Châtaignes. —La châtaigne constitue la nourriture des pauvres dans un grand nombre de départements montagneux. Les
châtaigneraies occupent surtout de vastes espaces dans l'Ardèche, le Dauphiné et le Forez. Les châtaignes de l'Ardèche portent dans le commerce le nom de marrons de Lyon.
Raisins. — Les premiers raisins de table arrivent à Paris, dès le mois de juillet, de l'Algérie, de l'Espagne et du sud de la France. Au mois de septembre, c'est le tour du chasselas, cultivé en grand à Thomery, près de Fontainebleau, à Moret, aux Sablons (Seine-et-Marne) ; Conflans-Sainle-llunorine (Seine-et-Oise) ; Port-Sainte-Marie (Lot-et-Garonne) et dans quelques autres départements du Midi. La culture du chasselas se fait en espaliers, avec exposition au sud, et exige des soins tout particuliers. Il faut enlever une partie des grains pour que la maturité soit partout égale et complète dans la grappe ; il faut effeuiller à l'approche de la maturité, il faut enfin ébourgeonner pour éviter la diffusion delà sève. Le roi François I" fut le promoteur de cette culture à Thomery.
Parmi les raisins de table cultivés en France signalons : le muscat blanc ordinaire du Midi; le muscat d'Alexandrie, qui mûrit difficilement à Paris ; le muscat de Syrie, au parfum délicieux, plus précoce que le chasselas ; le chasselas précoce ou madeleine musquée de Coilrtillier ; le spiran gris ou noir ; l'ulliade à saveur très fine; le poulsard du Jura, le Frankmthal, ongmaire d'Allemagne, qui se conserve très bien ; le malvoisie, originaire d'Espagne.
Certains malades vont maintenant faire des cures de raisin
LÉGUMES ET KRUITS.
dans les pays vinicoles, comme on fait aussi des cures de fraises, de figues, de pêches, etc. En France, on choisit de préférence les bords du lac d'Annecy.
Orangers, citronniers. — Tout le littoral de la Provence produit une immense quantité de fruits. Les raisins de table de Roquevaire sont expédiés en grande quantité à Paris où ils arrivent comme primeurs, avant ceux de Fontainebleau. Les prunes de Brignolles, le perrignon violet du Var, sont très recherchés pour leur délicatesse. Nice, Hyères, Antibes, et Cannes font un grand commerce d'oranges, de citrons, de cédrats, etc. Nice et Menton expédient chaque année environ 2 millions d'oranges ; Menton, à lui seul, récolte 40 millions de citrons. Le verdami, ou citron d'été, qui ne pousse qu'à Menton, est la seule espèce qui supporte bien les longs voyages. En outre, on récolte dans la Provence des quantités considérables de figues, d'amandes, de pêches et d'abricots.
L'oranger est originaire de l'Asie orientale, du Sud de la Chine, du Japon et de la Malaisie. 11 fut importé en Afrique par les Arabes et en Europe par les croisés à leur retour de Terre- Sainte. On le cultiva d'abord en Italie et en Sicile; il fut introduit pour la première fois en France dans les jardins de Versailles, sous le règne de François F. Cet arbre, dont la croissance est fort lente, vit plusieurs siècles. Il peut atteindre, très exceptionnellement, jusqu'à 15 à 18 mètres de hauteur. On ne le trouve vivant en plein air en France que sur une étroite bande de terrain, passant par Hyères, Menton, Cannes et Nice, et dans le Roussillon, à Perpignan, Argelès-sur-Mer, Collioure, Port- Vendres et Banyuls. Partout ailleurs on ne le cultive qu'en serres chaudes. L'oranger prospère fort bien sur tout le littoral de la Corse.
Ananas. — L'ananas est cultivé en serre à Paris; on préfère même celui-ci à l'ananas des Antilles, cueilli trop tôt et qui arrive en France dépouillé de son suave parfum.
2°Fruits cultivés à l'étranger. — Angleterre. — Le climat y est peu favorable à la culture des fruits; les pommiers et les poiriers sont à peu près les seuls arbres fruitiers de pleine terre ;
FRUITS FRAIS
l'Angleterre était jadis obligée d'acheter presque tous ses fruits sur le littoral français de la Manche. Il n'en est plus de même aujourd'hui, depuis que la culture des fruits en serres y a pris un immense développement, surtout celle des pèches, des fruits à noyau en général et des raisins. La Belgique et l'Allemagne ont depuis imité l'Angleterre. La vigne et le pêcher viennent très bien en serre; le poirier et le pommier y réussissent ; l'abricotier n'y vient que fort difficilement ; quant au cerisier il y vient très mal. La dépense de houille pour chauffage des serres anglaises est assez considérable ; on peut l'estimer à 50 kilos de houille par kilogramme de raisin. La culture des fruits en serres n'est donc possible que dans un pays houiller.
Vers 18G0 M. Meredith créa la culture artificielle des fruits en Angleterre, à Garnston, près de Liverpool. Il obtint un vif succès et cette pratique se répandit bientôt dans les environs de Londres comme aux environs de toutes les grandes villes du Royaume-Uni. On trouve aussi des serres à fruits dans presque tous les châteaux. Les espèces de raisin les plus cultivées sont le chasselas, le muscat, l'alicante noir, le tokai, le Frankenthal et surtout le Blackhambowg. M. Thomson, de Clovenfords, eu Ecosse, est certainement le premier viticulteur en serres du monde entier; M. Bashford, par ses cultures fruitières artificielles, a réalisé à Jersey et à Guernesey une immense fortune. La France n'a encore fait que quelques timides tentatives dans cette voie, à Roubaix et à Bailleul (Nord) ; la Belgique est beaucoup plus avancée.
Belgique. — Ce pays possède beaucoup d'arbres fruitiers, principalement des poiriers dont on fait des semis considérables. Les pépinières y sont très nombreuses et des écoles spéciales y forment d'excellents horticulteurs.
Allemagne. — Les fruits abondent dans les provinces Rhénanes, dans les vallées du Rhin et de la Moselle, en Saxe, dans le Rrandebourg, la Poméranie, la Silésie, les environs de Potsdam, le Wurtemberg, la Ravière.
On cultive dans maintes régions, principalement dans le Hanovre et dans i'Alsace-Lorraine, beaucoup d'arbres fruitiers
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