INDUSTRIES DÉRIVÉES DU VIN
L'acide pyroligneux est extrait de la couche moyenne. En la distillant, on recueille d'abord l'esprit-de-bois, puis un acide acétique impur qui sert à la préparation des acétates et de l'aniline.
Si l'on arrête la distillation dès que l'esprit-de-bois est éliminé, et qu'on sature le reste du liquide par de la chaux, on obtient de l'acétate de chaux, dont on isole l'acide acétique par un traitement à l'acide chlorhydrique. Cet acide, doué d'un très mauvais goût, est employé dans les arts (chapellerie, cirage, etc.). On obtient l'acide bon goût, utilisé en cuisine, en saturant l'acide par le carbonate de soude, faisant cristalliser, décolorant par le noir animal et isolant l'acide acétique par l'acide sulfurique. On rectifie enfin par distillation.
Acétates. — Plusieurs acétates, dérivés de l'acide acétique, sont employés dans les arts et en pharmacie. Citons notamment : les acétates de potasse, de soude et d'ammoniaque, diurétiques et purgatifs ; l'acétate d'alumine, servant en teinture comme mordant; les acétates de cuivre (cristaux de Vénus, verdet ou vert-de-gris), employés en pharmacie et pour la préparation des couleurs (couleurs à l'aquarelle, à l'huile, teinture, vert de Schweinfurt) ; l'acétate de plomb, utilisé en médecine et dans la fabrication des couleurs (extrait de Saturne, eau blanche, jaune de chrome) ; l'acétate de fer, d'un fréquent usage comme mordant en teinture et dans l'impression sur étoffes.
Dans le midi de la France, et principalement à Montpellier et à Grenoble, on fabrique beaucoup de verdet ou acétate de cuivre. Le marc de raisin, abandonné dans des tonneaux, fermente et produit de l'alcool, puis de l'acide acétique. On dispose alors dans des vases en terre des couches alternatives de minces lames de cuivre et de ce marc de raisin fermenté. Quand il s'est produit une couche épaisse de verdet sur le cuivre, on la racle, on la délaye dans l'eau et on moule la pâte de façon à donner à la masse une forme quadrangulairo.
En distillant le verdet, on obtient le vinaigre radical des pharmaciens, d'une odeur particulière due à la présence de l'acé-
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BOISSONS FERMENTÉES DES FRUITS
tone. On prépare le sel anglais en imbibant du sulfate de potasse de vinaigre radical.
Acide tartriqae. — On l'extrait du tartre brut et de la lie de vin desséchée. On réduit le tout en poudre; on traite par l'acide chlorhydrique dans une cuve en bois cbauffée à la vapeur. Le liquide est décanté et traité par de la craie en poudre; il se forme du tartrate de chaux insoluble. On le décompose par l'acide sulfurique et on fait cristalliser.
M. Gladysz vient d'indiquer un nouveau procédé. On traite la poudre par l'acide sulfureux, on filtre, puis on expulse cet acide en faisant bouillir la dissolution. Il se précipite du tartrate de chaux que l'on décompose par l'acide sulfurique.
L'acide tartrique est employé comme rongeant dans la teinture et dans la préparation de certaines couleurs. Il est utilisé pour la production de l'eau de Seltz à domicile. On prépare une excellente limonade avec de l'eau, du sucre, un peu d'acide tartrique et quelques gouttes d'essence de citron.
Crème de tartre. — Autrefois la crème de tartre se préparait principalement à Montpellier ; c'est du tartre ou bitartrate de potasse pur. Pour l'obtenir, on dissout le tartre brut dans l'eau bouillante, on filtre et on fait cristalliser. On redissout et on clarifie avec de l'argile et du noir animal ; on filtre et on fait cristalliser de nouveau. On blanchit par exposition au soleil.
La crème de tartre sert à préparer l'émétique (tartrate d'antimoine et de potasse), vomitif très employé, découvert au xvu e siècle par de Mynsicht, obtenu par l'action de la crème de tartre sur l'oxyde d'antimoine. La crème de tartre sert de mordant en teinture et pour aviver les couleurs. Ajoutée à la farine, elle produit un pain plus blanc ; un mélange de crème de tartre, de blanc d'Espagne ou craie en poudre et d'alun sert à nettoyer l'argenterie.