II. — PELLETERIE
La pelleterie est l'art de préparer les peaux en leur conservant leurs poils ; pour cela on doit les rendre imputrescibles, les assouplir, les lustrer et assez souvent les teindre. L'art du pelletier est très complexe ;,il exige beaucoup de goût et une connaissance approfondie de la fourrure de chaque animal. Une préparation particulière est indispensable, non seulement pour chaque espèce de peau, mais encore pour des peaux d'animaux de môme famille, suivant l'âge de la bête, son pays d'origine et même l'époque où elle a été tuée.
Cette industrie, qui met tant de chasseurs en mouvement dans le monde entier, fournit la matière première à un grand nombre d'autres industries : la peausserie, la chapellerie, la ganterie, la brosserie, la plumasserie, la bourrellerie, la fabrication des pinceaux, des articles de chasse, des fournitures militaires, etc.
La pelleterie est un art aussi ancien qu'universellement répandu. Si certaines peuplades, encore à demi sauvages, comme les Esquimaux, portent les fourrures à l'état brut, d'autres, plus civilisées, les tannent grossièrement au moyen d'écorces. Depuis un temps immémorial les Chinois travaillent admirablement les fourrures et l'Europe n'a eu rien à leur apprendre. Quant à l'Europe, la pelleterie s'y est surtout développée depuis le xvi" siècle, époque où les Français prirent possession du Canada, les Anglais de la baie d'Hudson, les Russes de la Sibérie et de l'Amérique Glaciale, les Danois de l'Islande et du Groenland. Le grand courant qui portait les Européens vers les régions voisines du pôle, les mit en possession des pays à fourrures.
Nous ne pouvons qu'indiquer sommairement les opérations multiples et si délicates de la pelleterie, qu'on pourrait regarder en somme comme une branche de la mégisserie. Les peaux, imbibées d'eau salée ou alcaline, sont écharnées et tannées. On les imprègne ensuite d'huile de foie de morue, puis, avec les pieds, on les foule dans un tonneau. On les écharne de nouveau,