PELLETERIE
on les assouplit et on les dégraisse au moyen de plâtre, de sciure de bois, de son ou de sable chaud. Le lustrage et la teinture sont obtenus à l'aide de bains de mordançage et de teintures de compositions très variées, procédés tenus secrets la plupart du temps. Tantôt on teint ensemble peau et poils ; tantôt on ne teint que les poils à la brosse, en maintenant à la peau sa nuance naturelle.
On tire parti de tout dans une fourrure : là rien n'est perdiu Les manteaux et les couvertures de prix sont taillés dans la peau entière, les manchons, les manchettes, les parements, les cols dans les déchets de premier choix, les gants fourrés, les casquettes dites de loutre dans les petites rognures.
On désigne sous le nom de fourrures artificielles des peaux de lapin, de chat, de chèvre et de mouton, préparées de façon à imiter les fourrures de prix. On est parvenu à simuler à la perfection les fourrures de renard bleu, d^ singe noir d'Amérique pour manchons et boas, d'hermine et d'ours noir. Ici non plus rien n'est perdu : les queues de lapin sont vendues aux fabricants de chapeaux de castor vrai. Les tètes, les pattes, les peaux de rebut servent à produire un excellent engrais. Quant aux déchets d'écharnage, on les cuit et on les donne à manger aux porcs.
Statistique. — Les pays où l'art du fourreur est le plus développé sont la France, l'Angleterre, l'Allemagne, la Russie et les États-Unis. La Grèce achète beaucoup de déchets pour les doublures des costumes nationaux. L'usage des fourrures, et surtout des fourrures d'imitation, a pris une extension considérable dans ces dernières années. Les fourrures se sont pour ainsi dire démocratisées; jadis portées exclusivement par la classe riche, elles font maintenant partie du vêtement des humbles.
La France occupe sans conteste le premier rang pour la préparation des fourrures, mais elle est suivie de très près par les pays que nous venons de nommer. Les matières premières lui viennent surtout de l'étranger; elle les prépare et en exporte majeure partie. Le goût français a contribué à multiplier les idées et les modèles,
POILS ET PLUMES
Paris traite presque à lui seul les peaux de grande vaieur. Les fourrures d'imitation y sont aussi préparées avec une très grande habileté. Le département des Basses-Pyrénées a su se créer une spécialité intéressante dont nous dirons quelques mots. Sous le nom à' apprêt de Bayonne, la petite ville d'Arnay travaille depuis de longs siècles les peaux d'agneaux mort-nés employés à fourrer des gants, des chaussures^ des vêtements, des jouets, des semelles. Elle tire ses peaux de France, d'Espagne et de la Plata. On peut évaluer sa consommation annuelle à plus de 700 000 peaux. Arnay doit depuis peu lutter contre une imitation de ses peaux d'agneaux par le moyen de la flanelle et de peaux de mouton tondues. Bayonne prépare également des peaux de mouton haute laine pour tapis et chancelières. Les moutons les plus recherchés sont : en première ligne ceux de la Picardie, de la Hollande ; viennent ensuite ceux du Piémont, de la Gascogne, du Berry et du Nivernais.