‹ Histoire générale de l'industrie. 2, Industries du règne animalChapitre 52 sur 202 · CORNE, ÉCAILLE, IVOIRE, OS, BALEINE, ETC · texte numérisé non relu

CORNE, ÉCAILLE, IVOIRE, OS, BALEINE, ETC

sulfurique, une allumette en bois portant à l'une de ses extrémités un mélange de chlorate de potasse et de sucre ou d'une autre matière combustible quelconque. Au contact de l'acide, le mélange déflagrait et enflammait le bois. Les Anglais modifièrent un peu ce mode opératoire. L'acide était contenu dans un très mince tube de verre hermétiquement clos et entouré du mélange de chlorate de potasse et de sucre. On brisait le tube entre deux cailloux et l'acide, en se déversant sur le mélange, enflammait le rouleau de papier qui enfermait le tout.

En 1832, on imagina de nouvelles allumettes sans phosphore dont l'usage tend à revenir de nos jours. On frottait très vivement entre deux morceaux de papier à l'émeri une allumette imprégnée d'un mélange de soufre, de chlorate de potasse et de sulfure d'antimoine. On emploie actuellement l'un des mélanges suivants :

1° Chlorate de potasse 7^ parties

H yposulfite de plomb jg

Gorame ...'.'.'.'.'.'. ~1 partie.

2° Chlorate de potasse 7 parties

s ? ufre 1 partie.'

Bichromate de potasse 2 parties.

30 Chlorate de potasse 28 parties.

Chromate de potasse g

Oxyde de plomb \$

Sulfure rouge d'antimoine 7

Pierre ponce pilée 12

Gomme 8

Eau '.'. 30

C'est à la même époque, vers 1833, qu'on revint à l'idée d'employer le phosphore. En Allemagne, on se servit d'un mélange de soufre, de phosphore et de chlorate de potasse. On dut encore renoncer à ces allumettes, car le mélange faisait explosion parle frottement et les projections étaient dangereuses. On prétend que les Allemands avaient mis simplement en pratique l'invention faite dès 1831 par un jeune collégien de Dôle, nommé Sauria. Quoi qu'il en soit de la priorité de cette découverte, il n'en est pas moins certain que les véritables allumettes chimiques étaient dès lors inventées. Il suffisait, en effet, de

remplacer le chlorate dépotasse, trop comburant, parle bioxyde de manganèse ou le minium pour obtenir les allumettes telles qu'elles existent aujourd'hui. Ce dernier perfectionnement date de 1845, époque où les nouvelles allumettes entrèrent définitivement dans la pratique.

Le corps de l'allumette commune est constitué par du bois tendre, facilement inflammable, sapin, pin ou tremble de préférence. Les troncs d'arbre sont débités par des machines spéciales. Les allumettes de luxe sont en bois imprégné d'une substance qui le rend plus combustible, cire, paraftine, acide stéarique. ou bien encore de véritables petites bougies.

Une machine spéciale groupe 2 500 tiges de bois ou de bougie dans un châssis, de façon que toutes ces tiges ne se touchent pas et que les bouts devant recevoir la pâte phosphorée se trouvent sur un même plan. Pour les allumettes communes on commence par tremper le tout dans du soufre fondu, ayant au moins un centimètre d'épaisseur. Le soufre est nécessaire : le phosphore enflamme d'abord le soufre, celui-ci à son tour enflamme le bois. Le phosphore seul ne sufliraitpas à enflammer directement le bois. Le soufre devient inutile avec du bois imprégné d'une substance le rendant plus combustible ou dans le cas des bougies. La pâte phosphorée est enfin déposée, en trempant l'extrémité des allumettes dans cette pâte étalée sur une plaque de verre horizontale.

Les dernières opérations consistent à dessécher dans une étuve chauffée à la vapeur, et à recouvrir la pâte d'un vernis au copal ou à la sandaraque pour empêcher l'oxydation du phosphore à l'air.

La composition de la pâte phosphorée est variable.

Voici les formules les plus employées :

1° Phosphore 8 parties.

Gélatine 21 —

Bioxyde de plomb -i —

Azotate de potasse 24 —

2° Phosphore 3 parties.

Gomme 3 —

Bioxyde de plomb 2 —

Sable fin 2 —

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