‹ Histoire générale de l'industrie. 2, Industries du règne animalChapitre 62 sur 202 · CORNE, ÉCAILLE, IVOIRE, OS, BALEINE, ETC · texte numérisé non relu

CORNE, ÉCAILLE, IVOIRE, OS, BALEINE, ETC

Les perles sont, en définitive, beaucoup moins rares qu'on ne serait porté à le supposer. Qui de nous n'a trouvé, par hasard, des petites perles sans valeur dans les vulgaires moules? Il paraît que les perles de la mulette ou palourde, sorte de moule d'eau douce, étaient jadis l'objet d'un commerce assez important dans certaines parties de l'Europe, en Saxe notamment, et dans le lac de Tay, en Ecosse. Encore aujourd'hui, on pêche la mulette à la drague dans la Charente et dans son affluent, la Seugne. On la fait bouillir dans l'eau, puis on l'écrase entre les doigts pour rechercher les perles.

La France excelle dans le montage de la perle fine ; l'Allemagne vient en second rang pour le montage de la demi-perle.

On a imaginé d'imiter les perles avec du verre ; l'invention en est bien ancienne, puisqu'elle était pratiquée par les Égyptiens quinze siècles avant notre ère.

La fabrication des perles fausses se fait principalement à Paris. Voici comment on procède. On souffle à l'extrémité d'un petit tube de verre une boule percée de deux trous et déformée pour mieux imiter les perles naturelles. On introduit dans cette boule de V essence d'Orient, on en imprègne les parois intérieures et on fait sécher à l'étuve. Pour donner du poids, on remplit avec de la cire.

L'essence d'Orient se fabrique avec des écailles d'ablettes, petits poissons très communs dans nos rivières. On fait tremper les écailles dans l'eau pendant quelques heures, puis on pile dans l'eau avec un mortier. On filtre le tout à travers un linge et on laisse déposer la poudre d'écaillé. On la lave avec de l'eau d'abord, puis avec de l'ammoniaque pour extraire l'huile, et on mélange enfin avec de l'ichthyocolle. Il faut 20 000 ablettes pour obtenir 500 grammes d'essence d'Orient.

Page 1