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de 200 000 hectolitres par an, dont 128000 hectolitres d'huile d'olive, valant 16 millions de francs, 38000 hectolitres d'huile de noix d'une valeur de 6 millions de francs, et 38000 hectolitres d'huile d'œillette, valant 4 millions et demi de francs.

Huile d'olive. — Il y a plusieurs espèces d'olives : les unes comestibles, les autres employées plus spécialement pour la fabrication de l'huile. L'huile d'olive est la meilleure de toutes les huiles comestibles ; elle l'emporte de beaucoup comme goût, sur celles de noix et d'œillette, avec lesquelles on la mélange frauduleusement. Elle doit être préparée avec soin, sinon elle conserve un goût acre, familier aux gens du pays, mais que les étrangers ne peuvent supporter. Il faut cueillir soigneusement les fruits, les ranger par ordre de qualité, les presser alors qu'ils sont encore frais, séparer les huiles obtenues par divers pressurages et enfin les purifier et les clarifier.

On distingue plusieurs variétés d'huile d'olive : l'huile vierge, qui surnage la pâte écrasée au moulin, la meilleure de toutes, exquise pour la table, servant aussi à huiler les rouages délicats et pour la pharmacie ; l'huile ordinaire, obtenue par compression à froid, employée communément pour l'alimentation ; enfin l'huile tournante ou d'enfer, obtenue par le traitement des tourteaux par l'eau chaude, utilisée pour l'éclairage et la fabrication des savons.

On ne trouve d'olives, en France, que dans les départements compris dans le bassin inférieur du Rhône : le Var, les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes, le Gard (le nombre d'hectares plantés en oliviers varie dans ces départements de 30000 à 10000), puis le Vaucluse, les Basses-Alpes, les Pyrénées-Orientales la Drôme, l'Hérault, l'Aude et l'Ardèche, où cette culture est beaucoup moins étendue. En Provence, l'olive mûrit en automne et tombe de l'arbre pendant les mois de décembre et de janvier. Une partie des olives est consommée à l'état de fruit ou conservée dans l'huile et dans l'eau salée ; le reste est transformé en huile dans des moulins établis dans des régions fort pittoresques. Les Bouches-du-Rhône et l'Hérault fournissent d'excellentes conserves d'olives vertes. Quant à

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l'huile, elle est surtout fabriquée dans le Var (8 millions de francs), les Bouches-du-Bhône (5 millions et demi), et les Alpes-Maritimes (4 millions et demi). On trouve les principales usines à Nice, Grasse, Salon, Martigues, Aix et Marseille. Salon compte à lui seul plus de cinquante fabriques d'huile.

La Corse met en culture 14 000 hectares d'oliviers et produit pour 3600000 francs d'huile par an.

La France n'est pas le seul pays qui produise de l'huile d'olive ; sa grande rivale est l'Italie, où la fabrication a été perfectionnée au point de pouvoir aujourd'hui livrer au commerce de l'huile équivalente à celle de Provence, jadis sans rivale au monde. L'olivier réussit partout en Italie. Ce pays produit chaque année 1600 000 hectolitres d'huile d'olive, d'une valeur de 200 millions de francs. Son exportation est considérable.

L'Espagne et le Portugal, où l'olivier vient bien, surtout dans les bassins de l'Ëbre, du Guadalquivir et de la Guadiana, fabriquent encore leurs huiles par les anciens procédés et n'arrivent ainsi qu'à de médiocres résultats. Il en est de même de la Grèce, de la Turquie, de la Syrie, de la Roumélie, de l'Albanie, des Iles, où on laisse les fruits fermenter, ce qui donne à l'huile un mauvais goût. Ces huiles ne sont utilisées que par la savonnerie de Marseille.

Signalons enfin les huiles d'olive de l'Algérie; cette colonie a récolté en 1890 pour 1S millions de francs d'olives. La Perse cultive aussi l'olivier, dans les districts compris entre Mangeli et Rustemabâd, mais sa production est encore faible.

Huile d'œillette. — Extraite des graines du pavot noir, principalement cultivé dans le nord de la France, la Belgique, la Hollande et l'Allemagne, où, à l'époque de la floraison, l'œil découvre avec joie d'immenses champs rouges, cette huile est excellente pour la table, très siccative et employée dans la fabrication des vernis et des couleurs.

Huile de noix. — Très douce et très agréable au goût ; très siccative, elle est employée pour la peinture fine.

Huile de colza. — Le colza d'hiver, annuel et herbacé, se cultive surtout dans le nord de la France, dans les départements

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du Nord et du Pas-de-Calais, en Belgique, en Hollande, sur les bords de la Baltique en Allemagne, sur les bords du Danube et dans les Indes. Les principales huileries françaises sont situées à Arras et à Marseille. La culture du colza diminue en France à cause de la concurrence croissante des provinces Danubiennes et surtout de l'Inde, où il porte le nom de râpe.

L'huile de colza est surtout employée pour l'éclairage ; elle sert à la fabrication des savons mous verts, au foulage des draps et à la préparation des cuirs. Les fermiers anglais font un grand usage des tourteaux de colza.

Huile de sésame. — Le sésame ne peut se cultiver que dans les pays chauds, dans l'Inde, en Egypte, en Syrie, en Algérie, en Italie, en Amérique. Il fournit une huile excellente, ne rancissant que très difficilement et qui ne se fige pas par le froid. Elle sert à l'alimentation, à l'éclairage, à la fabrication des cosmétiques et surtout à celle des savons. Dans quelques pays, on fait de la bouillie et des galettes avec les graines de sésame grossièrement réduites en farine.

L'Inde anglaise, si riche en produits oléagineux (lin, colza, sésame, ricin, arachide, mowa, moutarde, pavot) dont elle exporte annuellement pour 225 millions de francs, cultive beaucoup le sésame. Marseille a importé des Indes, en 1886, 282000 tonnes de produits oléagineux, valant 68 millions de francs. Nous pourrions cependant cesser d'être tributaires des Anglais pour les huiles, car l'Algérie et la Tunisie sont capables de nous fournir les mêmes produits. L'Inde cultive le sésame, nommé til ou djigelli, dans les contrées du nordouest, sur le Haut-Gange et dans la vallée du Jumma. La ville de Cawnpoure a donné son nom à un type de graine. En 1886, l'Inde a récolté plus de d 00 000 tonnes de graines de sésame.

Huile d'arachide. — L'arachide esfcle fruit d'une plante annuelle, rampante, portant des gousses qui, pour achever leur maturité, pénètrent dans la terre. Ces gousses contiennent des amandes nommées pistaches de terre, servant d'aliment ; on les mélange au cacao pour la fabrication du chocolat. On retire aussi de ces*

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amandes une huile comestible, employée surtout à la falsification de l'huile d'olive.

L'arachide, originaire de l'Amérique du Sud et du Mexique, a été naturalisée à la fin du xvm c siècle en Chine, au Japon, aux Indes, en Algérie, au Sénégal, dans le sud de l'Europe. Sa culture exige un climat chaud. Son huile a acquis une très grande importance industrielle en France, depuis le milieu du xix e siècle, dans la fabrication des savons. Pour en retirer l'huile, les arachides sont traitées dans de vastes usines dont les principales se trouvent à Marseille, à Dunkerque et en Hollande.

L'arachide est l'objet d'une culture intensive sur la côte ouest d'Afrique ; elle constitue l'une des principales richesses du Sénégal et de la côte de Bénin. Depuis 1825, sa culture a pris un immense développement dans le Cayor, la Casamance, le Galam, etc. On commence à la cultiver aussi en grand en Algérie et en Tunisie. Ces pays, dont le climat est très propice aux plantes oléagineuses, fourniront certainement un jour à la savonnerie française toute l'huile qu'elle est obligée de demander actuellement à l'étranger.

Les environs de Valencia, en Espagne, possèdent de vastes champs d'arachide. On a vainement essayé sa culture en France, dans les Bouches-du-Rhône, le Var et les Landes. L'arachide prospère très bien à la Plata et au Chili, où elle est nommée mani.

Huile de coton. — L'huile des graines du cotonnier, jadis inutilisée, est aujourd'hui fort employée par l'industrie pour l'éclairage, l'ensimage des laines, le graissage des machines et surtout la fabrication des savons. Les graines, traitées en Europe, donnent des tourteaux très recherchés comme engrais. Les graines, comprimées à la température de 80°, fournissent une huile rougeàtre, qui doit être soigneusement purifiée par un traitement à l'acide nitrique et au chlorate de potasse. La fabrication de l'huile de coton est devenue la principale industrie de la Nouvelle-Orléans (États-Unis). Il en vient aussi beaucoup de l'Inde et de l'Egypte. Au Brésil, on s'en sert môme pour l'alimentation.

Huile de coco. — Cette huile est obtenue par la compression

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de l'albumen desséché au soleil du fruit du cocotier. Elle sert à l'alimentation, mais seulement quand elle est fraîche et dans les pays d'extraction, car elle rancit très vite et acquiert une odeur désagréable. Elle sert surtout pour l'éclairage et la fabrication des savons économiques, plus rarement à la parfumerie et au graissage des machines. Les pays de production sont le Brésil, qui tient la tête et où elle est l'objet d'un commerce considérable, l'Inde anglaise où les fabricants d'huile forment une caste spéciale, nommée vannouva et les Maldives. Ceylan, le Bengale et la côte de Malabar sont les principaux centres de fabrication dans l'Inde.

Huile de palme. — L'huile de palme est extraite du fruit de certains palmiers qui croissent en abondance dans la Guinée et dans la Guyane. On peut extraire de ce fruit une sorte de beurre utilisé en Europe pour l'alimentation. Pour obtenir l'huile, très employée en Europe pour la fabrication des bougies et des savons, on laisse fermenter les fruits pendant un mois, en les abandonnant à eux-mêmes, puis on fait bouillir dans l'eau. Il s'en détache une huile qui vient surnager à la surface. Par refroidissement, elle prend la consistance de la graisse ; sa couleur est d'un jaune orangé et son parfum rappelle celui de l'iris. C'est l'une des principales richesses des côtes de la Guinée. Huile de lin. — L'huile de lin est très peu usitée pour l'alimentation ; mais très siccative, elle est employée de préférence pour la peinture et la préparation des vernis et des encres d'imprimerie.

Les principales huiles siccatives sont celles de lin, de noix, d'œillette, de chènevis et de ricin. La siccité.est produite par l'absorption de l'oxygène de l'air qui résinifie l'huile et la convertit en un corps solide, en la desséchant. L'huile cuite est une huile siccative, dont la siccité est augmentée par la cuisson, par addition de litharge, de minium, de bioxyde de manganèse, d'acétate ou de borate de manganèse. Le meilleur procédé, celui qui a l'avantage de ne pas colorer l'huile, consiste à traiter par une dissolution de potasse ou de soude caustique une dissolution d'un sel de protoxyde de manganèse, de manière à pré-

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cipiter du protoxyde de manganèse. On incorpore la poudre avec l'huile, puis on fait passer un courant d'air. Il ne reste plus qu'à laver à l'eau et à décanter l'huile.

Jonas, en traitant l'huile de lin par un mélange d'eau et d'acide nitrique, obtient une masse gluante servant à imperméabiliser les tissus à la place du caoutchouc.

Les pays producteurs d'huile de lin sont par excellence la Russie et la Turquie.

L'Algérie ensemençait 9500 hectares de lin en 1873; elle n'en cultive que fort peu aujourd'hui; presque partout, dans cette colonie, on y a substitué la culture de la vigne.

Huiles diverses. — La navette, dont l'huile est surtout employée pour l'éclairage, est cultivée en grand dans l'Inde et dans les provinces Danubiennes. On en trouve aussi dans le nord de la France et en Belgique. Son tourteau [est, dit-on, excellent pour les vaches dont il augmente la production en lait.

Le ricin, dont les feuilles servent de nourriture aux vers à soie, fournit une huile employée en pharmacie comme purgatif et utilisée également pour le graissage des rouages de machines. Le ricin est surtout cultivé dans l'Inde. Il prospère admirablement en Algérie et en Tunisie, où on le trouve le long des routes, et même dans le sud de la France.

L'huile de moutarde, que la Russie produit en grande quantité dans les provinces du Caucase, du Don, d'Astrakan et de Saratov, sert à l'éclairage et à la fabrication des savons.

Les Etats-Unis, où l'on cultive le maïs dans de vastes proportions, fabriquent depuis peu de temps, à Saint-Louis, de l'huile de maïs, comestible.

La Russie commence à cultiver intensivement le grand tournesol dans le bassin du Volga. En 1887, on y avait déjà planté 282000 hectares de ce végétal. Les grosses graines sont utilisées comme aliment et les petites fournissent une huile comestible. Les tourteaux sont recherchés par les vaches laitières. Les tiges, employées comme combustible, fournissent des cendres très riches en sels potassiques.

L'huile de chènevis, obtenue avec les graines de chanvre, est

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