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sac. On remplit ce sac d'eau et de tan et on le suspend dans une cuve remplie d'une infusion de tan.
Le tannage à la jusée n'exige plus que de deuxàdix semaines, suivant l'épaisseur du cuir.
L'agitation du cuir dans le bain, ou ce qui revient au même, l'agitation du bain, ont pour effet de diminuer la durée du tannage. On a aussi préconisé, pour faciliter la pénétration du liquide tannant dans la peau, de comprimer ce liquide et d'enlever préalablement l'air enfermé dans le tissu de la peau en faisant le vide dans la cuve tannante. En un mot, le système introduit par Bréant, en 1831, pour injecter les bois, pourrait également servira injecter les peaux.
Knapp a même conçu et appliqué un mode de tannage rapide sans tannin. Il plonge les peaux dans une dissolution froide et concentrée de sulfate de peroxyde de fer basique; puis après dessiccation, il les enduit d'un mélange de savon à base de fer et de paraffine.
Nous arrivons maintenant à un nouveau procédé de tannage très rapide, le tannage électrique, tannant les peaux dans un laps de temps très court, compris entre deux et six jours seulement, suivant épaisseur. Ce procédé nous semble être celui de l'avenir.
Le premier brevet pris pour le tannage électrique date au moins du milieu de ce siècle, mais les résultats n'en devinrent réellement pratiques que vers 1887, alors qu'il passa entre les mains de MM. Worms et Balé. Les premiers essais eurent lieu à Saint-Remy-lez-Chevreuse, près Paris. Le principe déterminant de ce nouveau perfectionnement est d'une grande simplicité. Il s'agit tout simplement de faire traverser par un courant de dix ampères environ, l'extrait de tan dans lequel baignent les peaux. L'extrait est additionné d'essence de térébenthine en faible proportion. Celle-ci dissout les traces de graisse existant encore dans la peau. La cuve contenant le liquide tourne suivant son axe, de façon à produire l'agitation de ce liquide. Le courant électrique pénètre dans la cuve et sort au moyen de deux anneaux de cuivre fixés sur le contour extérieur de cette cuve et sur lesquels frottent deux balais mis en com-
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munication avec la source électrique. Ces anneaux communiquent avec deux autres anneaux placés à l'intérieur et qui servent d'électrodes.
Quelle est la théorie de ce nouveau mode si rapide de tannage? On peut admettre que le courant électrique dilate les pores de la peau et facilite la pénétration du tannin. Nous croyons qu'il y a une autre explication. On sait que le courant a la propriété d'entraîner avec lui les substances qu'il traverse. Il est donc probable que le tannin, entraîné par le courant, pénètre plus facilement à travers les cellules de la peau. Il serait intéressant de voir si le courant électrique ne facilite pas aussi la pénétration des matières antiseptiques pour la conservation des bois.
4° Corroyage. — Le corroyage a pour but d'apprêter les cuirs, c'est-à-dire de leur faire subir les transformations nécessaires pour les usages auxquels on les destine. Ces opérations sont très nombreuses et très complexes. Elles varient avec la nature des cuirs.
Le cuir très épais, destiné aux semelles de souliers, doit être rendu plus compact. Jadis on le battait sur une table lisse, en marbre ou en calcaire dur, avec un marteau mû à la main. On se sert actuellement de marteaux en bronze, mus mécaniquement sur des enclumes également en bronze, ou encore de cylindres très lourds qui compriment le cuir sur une table chauffée à la vapeur.
Les machines employées à refendre le cuir ont atteint une grande perfection. On peut non seulement refendre les cuirs épais, mais même les peaux avant le tannage, ce qui active le tannage. Cette opération, jadis laborieusement exécutée à la main, se fait maintenant au moyen d'une scie circulaire, ou mieux, avec un couteau animé d'un mouvement alternatif rapide. Les peaux très épaisses sont ainsi refendues deux fois : le côté fleur, Tépiderme, est employé par les carrossiers pour couvrir les voitures avec une peau sans couture ; la feuille du milieu sert à la cordonnerie; enfin le côté croûte, ou côté de la chair, est utilisé pour la fabrication des courroies, des chaussures, des brides à sabots, des visières pour casquettes, etc.
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Les peaux de mouton sont sciées pour la fabrication de la reliure à bon marché et pour la chapellerie qui utilise les cuirs min. m. En Angleterre, on a l'habitude de scier les peaux de mouton
très épaisses. . ,
Les cuirs à cordonnerie et à sellerie doivent être marguerites pour être assouplis. La marguerite était jadis un instrument en bois que l'ouvrier promenait sur le cuir mouillé et plie en deux, de manière à ne frotter que la partie chair. Cet instrument primitif est remplacé par un appareil mécanique.
Les cuirs subissent encore un grand nombre dopératiOU» pour régulariser leur épaisseur et leur communiquer un asped plus agréable à l'œil. Le dallage consiste à les nettoyer du côté chair avec un couteau à deux tranchants ; le quiossage à enlever les parties saillantes et à régulariser leur épaisseur, toujours au moyen de couteaux; le rebroussage à les frictionner du coté du poil pour faire ressortir le grain naturel, au moyen de La paumelle pièce de bois munie de cannelures. On communique aussi un aspect velouté au côté Heur, au moyen d'une paumelle lisse, non cannelée, garnie de liège. On obtient un grain artificiel au moyen dune compression avec un cylindre muni d'aspérités. Le polissage est produit par frottement de pierre ponce. L'étirage a pour but .le détruire les plis; il consiste à étendre le cuir mouillé sur une table et à le frotter avec une lame de fer, de laiton ou de corne.
Les cuirs pour sellerie et bourrellerie, exigeant une très grande souplesse, sont graissés avec un mélange d'huile de poisson et de carbonate de potasse. Ce mélange, nommé dégras, est un résidu de la chamoiserie.
La mise en noir a pour but de teindre et d'assouplir les cuirs destinés à la cordonnerie. La teinture s'obtient en frottant le cuir du côté chair, avec du tan humide et une solution d'acétate de fer et de sulfate de cuivre. 11 se produit ainsi une sort.' d'encre agissant comme matière colorante. On assouplit ensuite en frottant avec de l'huile de poisson, du suif, du noir de fumée, de la cire jaune, du savon et du sulfate de fer, le tout mélangé. Cuirs vernis. — Le vernis rend les cuirs complètement im-
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perméables à l'humidité et leur donne un aspect brillant. Un bon vernis doit satisfaire à plusieurs conditions : être souple, élastique et faire corps avec le cuir, sinon il se fendille et s'écaille. On conçoit combien ces conditions sont difficiles à remplir.
Le cuir vernis est d'un emploi assez récent ; il ne date que de la fin du xvni e siècle. Les Anglais, vers 1780, préparèrent les premiers des vernis pour les cuirs destinés aux voitures et aux harnais. M. Plummer, en 1801, introduisit pour la première fois en France cette nouvelle industrie, à Pont-Audemer. On ne put d'abord appliquer le vernis aux chaussures, car il était trop défectueux. Enfin, en 1830, MM. Longagne et Nys, en France, parvinrent à fabriquer un vernis remplissant les conditions voulues pour les cuirs à chaussures : luisant, facile à nettoyer, durable et imperméable. L'Angleterre, à son tour, devint tributaire de la France pour ce genre de cuirs.
Le vernis pour chaussures et sellerie de luxe, est une dissolution de bitume de Judée et de vernis gras au copal dans l'essence de térébenthine et dans de l'huile de lin rendue siccative au moyen de l'oxyde de plomb et du bioxyde de manganèse. On en applique plusieurs couches sur le cuir qu'on a déjà imprégné à l'avance d'un mélange d'huile de lin siccative et de noir d'ivoire. Chaque couche doit être desséchée au soleil, l'oxydation du bitume de Judée se produisant exclusivement sous l'action de la lumière. On prépare aussi des vernis de colorations diverses.
5° Statistique. — L'industrie de la tannerie a acquis une importance considérable en France, due à l'excellence de qualité des cuirs obtenue par l'emploi du tan de nos chênes. On trouve des tanneries un peu partout, dans toute localité quelque peu importante, mais les principales sont situées à Paris, le long de la Bièvre, à Pont-Audemer, à Château-Renault, à Givet, à Nantes, à Saint-Saëns, etc. Les cuirs pour sellerie fine de Pont-Audemer soutiennent aisément la concurrence anglaise. La France excelle pour la préparation des veaux dits de Bordeaux, fabriqués surtout à Millau, Paris, Annonay, Montpellier etLyon.