I. — CHANDELLES
Les chandelles sont d'invention très ancienne ; jusqu'au xi e siècle, on les fabriquait en plongeant de la moelle de jonc dans un bain de poix, de cire ou de suif fondus. A cette époque, la moelle fut remplacée, d'abord par une mèche de lin ou de chanvre, puis plus tard par une mèche de coton, légèrement tordue.
La fabrication des chandelles est fort simple. Le procédé le plus employé consiste à couler le suif fondu dans des moules traversés par les mèches. Plus rarement on opère par la méthode dite à la baguette. On commence par tremper les mèches, coupées à la longueur voulue, dans le suif fondu, puis on les roule sur une table ; on obtient de la sorte une chandelle cylindrique, mais de section très étroite. On suspend toutes ces chandelles à un cerceau placé au-dessus d'une cuve où se trouve le suif fondu. On descend le cerceau, de manière à plonger les chandelles dans le suif, puis on le soulève. Il se dépose sur les chandelles une nouvelle couche de suif qui en augmente l'épaisseur. On renouvelle cette opération plusieurs fois, jusqu'à grosseur voulue. Mais ce moyen, très primitif, est aujourd'hui peu usité.
Les chandelles sont laissées longtemps en magasin, afin de les blanchir et de les rendre de meilleure qualité.
L'usage de la chandelle est désagréable : grasse au toucher,
BOUGIES
elle coule facilement, répand une odeur nauséabonde et doit être souvent mouchée. Son usage reste cependant très répandu, à cause de son bas prix et il s'en l'ait partout, dans les campagnes, une énorme consommation. Chaque ville un peu importante possède plusieurs fabriques de chandelles. Le matériel est peu coûteux et cette industrie n'exige pas un grand capital.
Le plus grand défaut de la chandelle est le désagrément d'avoir à la moucher. On ne peut y remédier, comme pour la bougie, en trempant les mèches dans une solution boriquée, car la température de combustion n'est pas assez élevée pour fondre l'acide borique. Le suif fond, en effet, à 40° au maximum, tandis que l'acide stéarique des bougies n'a son point de fusion qu'à 70 degrés.
^ Pour élever le point de fusion des chandelles, on a essayé d'ajouter de l'acide stéarique ou de la cire au suif; Nicholson a même tenté, à la suite des études de Braconnot (de Nancy), de supprimer l'oléine et de fabriquer uniquement des chandelles au moyen de la stéarine dont le point de fusion est à 62°. Voici le procédé de Nicholson : on fond le suif et on le laisse refroidir très lentement, en agitant sans cesse. La masse devient pâteuse, car la stéarine seule a cristallisé, tandis que l'oléine est demeurée liquide. On comprime à travers un sac de toile, de manière à exprimer l'oléine, et la stéarine reste seule dans le sac. On a dû renoncer à tous ces procédés, car les nouvelles chandelles coûtent alors aussi cher que les bougies et ne possèdent pas les avantages de ces dernières. La vérité, c'est que la bougie est le réel perfectionnement pratique apporté à la fabrication des chandelles.