II
est-il le compagnon inséparable de l'homme. Au moyen âge, alors que l'existence était nomade, le fait de posséder un cheval constitua parfois un titre de noblesse et l'appellation de chevalier a persisté jusqu'à nos jours. A cette époque, l'importance d'un homme se mesurait au nombre de ses chevaux : un simple chevalier devait avoir dix chevaux ; un avocat ou un clerc se croyait déchu s'il n'en possédait six au moins. On sait quel rôle les romans de chevalerie tinrent autrefois dans la littérature, et chacun connaît la spirituelle et mordante satire de Don Quichotte.
L'importance jadis attribuée au cheval a aujourd'hui en partie disparu, mais il serait facile d'en retrouver encore maintes traces : dans l'armée, le cavalier ne se considère-t-il pas comme supérieur au fantassin?
Le cheval n'est pas un ruminant, comme le bœuf, et sa nourriture est plus recherchée. Essentiellement herbivore, il lui faut du foin, de la paille et de l'avoine. Il est cependant Carnivore à l'occasion; il mange volontiers de la viande pulvérisée et desséchée ainsi que du biscuit mélangé avec du sang desséché.
Le cheval de trait, comme le bœuf qu'on attelle, use vite ses sabots et, dans le cas d'usure complète de sa corne, il éprouve des douleurs insupportables. On remédie à cet inconvénient par l'emploi des fers.
L'usage du fer à cheval n'est pas très ancien : il était inconnu des Grecs et des Romains. On le croit d'invention celtique. Toujours est-il que les chevaux n'ont été ferrés qu'à l'époque de l'invasion de l'Europe parles Barbares.
Il faut déduire de ce fait une conclusion importante, à savoir que les anciens ne faisaient guère usage des chevaux que comme coursiers. L'introduction du cheval comme machine de traction est donc relativement récente dans l'histoire de la civilisation, et cette innovation a dû produire dans le monde une révolution comparable à celle dont nous sommes actuellement témoins depuis l'invention des chemins de fer. Le simple fer à cheval a été la cause de la multiplication des échanges commerciaux, a dii reculer les frontières des peuples et multiplier les voies de communication.