II
ANIMAUX DE BOUCHERIE
Jusqu'au milieu du xvm e siècle, le fer à cheval était lourd et massif. En 1736, Lafosse en fit une étude raisonnée et le rendit léger et parfaitement adapté à son usage. Longtemps fabriqué péniblement à la main dans de modestes forges, il est aujourd'hui produit mécaniquement.
Quand, sous Louis XIV, la noblesse émigrade ses terres pour vivre près de la cour, l'élevage des chevaux subit en France une grande décadence. Pour y remédier, Colbert institua des haras nationaux et importa des spécimens des meilleures races chevalines. Il peupla les célèbres haras du Pin et de Pompadour d'étalons de Turquie, d'Egypte, de Syrie, des côtes de Barbarie, d'Espagne, d'Italie, d'Angleterre, de carrossiers d'Allemagne. Il institua en outre des écoles d'équitation dans les grandes villes. Avant la Révolution, les étrangers de marque venaient en France pour y acheter leurs chevaux et apprendre l'équitation. Malheureusement les haras furent supprimés en 1789, et la décadence ne tarda pas à arriver. Ils furent rétablis en 1806, mais il était trop tard pour remonter le courant, et la France se vit dans l'obligation d'acheter des chevaux à l'étranger. De grands efforts ont été faits dans les dernières années écoulées, et grâce aux haras nationaux et à ceux des particuliers, grâce aux courses, vrai stimulant pour l'amélioration des races, la France commence à se relever et à prendre pour la cavalerie une place honorable en Europe. Les importations ont beaucoup diminué : en 1883, on n'a demandé à l'étranger que 2000 chevaux. En 184o, la France ne possédait que 1250 000 chevaux; en 1883, on en comptait 2800000.
La Bretagne et la Normandie sont les grands centres d'élevage de France. Dans la seconde de ces provinces il convient de remarquer les demi-sang/ anglais, ainsi que de magnifiques trotteurs, qui luttent avec avantage contre les trotteurs de Russie et d'Amérique. Leur réputation est devenue universelle et les progrès sont rapides. Le département de la Manche fournit à lui seul le dixième des chevaux français. C'est en Normandie que se trouvent Le Merlerault et le fameux haras du Pin, ce dernier appartenant à l'État; il comporte une superficie de plus de