CHIENS
et les carlins seraient des races dégénérées. Nous allons étudier les chiens en les classant d'après leur utilité.
1° Chiens de garde. —Les principaux chiens de garde sont le
chien de berger, le chien de montagne et le dogue. En France,
on trouve quatre races de chiens de berger : celles de la Beauce,'
de la Brie, du Languedoc, des Alpes et des Pyrénées. Citons
aussi le colley d'Ecosse, le grand barbet à longue queue de
Russie et le juhosz hongrois. Comme chiens de montagne,
signalons le saint-bemard, le chien des Pyrénées, le terre-neuve]
le léonberg italien et le chien des Abruzzes; comme dogues et
grands matins, le grand dogue anglais mastiff au museau noir
et à la robe fauve, le dogue de Bordeaux, les danois, les dogues
allemands et les bull-dogs, utilisés surtout pour la chasse du
renard et du blaireau.
2° Chiens de chasse. — Les chiens de chasse se divisent en chiens courants et chiens d'arrêt. Les principaux chiens courants sont ceux de la Vendée, de Saintonge et de Gascogne, provinces où leur élevage est aussi considérable que soigné'; les fox-hounds et les harriers anglais. Parmi les chiens d'arrêt,' citons Vépagneul, ainsi nommé de ce qu'il est originaire de' l'Espagne, le braque ou bracco d'Italie, le barbet et le griffon, originaires de la Bretagne, le lévrier. Les braques viennent d'Italie, d'Allemagne, du sud de la France; \a pointer est une sorte de braque anglais. Le setter est un épagneul anglais. Le lévrier russe est particulièrement remarquable, ainsi que le lévrier écossais.
3° Chiens de luxe. — Les principaux chiens de luxe et d'agrément sont : les caniches de France, de Hollande, d'Allemagne, du Danemark, le petit épagneul chinois, les' petits danois ou chiens de Dalmatie, les fox-terriers, les lévrons d'Extrême-Orient, à peau nue portant une touffe de poils sur la tête et une autre au bout de la- queue, les loulous, les carlins qui tendent à disparaître, la race de Malte, celle de la Havane, etc.
ANIMAUX DE BOUCHERIE
STATISTIQUE
En 1886, on comptait en France :
Chevaux 2. 938 .000
Mulets 242.000
Anes 382.000
Bœufs 13.000.000
Veaux 2 . 300.000
Moutons 22.600.000
Chèvres '. 1.420.000
Porcs. 7.000.000
Le nombre des bœufs et des porcs va en augmentant, celui des moutons en diminuant.
Malgré cette immense quantité de bétail, la France doit demander chaque année à la Belgique, à l'Allemagne, à la Suisse, à l'Autriche, à l'Italie, à l'Algérie, un fort supplément d'animaux de boucherie. En 1888, il a été importé 74 000 bœufs, 40 000 vaches, 54 000 veaux et 2155000 moutons. De plus, la France a reçu 17 millions de kilos de viande fraîche abattue, conséquence de l'augmentation de la consommation de la viande dans notre pays. En 1840, la consommation était de 682 millions de kilos; en 1882, elle a été de 1400 millions de kilos.
L'Angleterre produit plus de bestiaux que la France, grâce à son climat et à ses immenses prairies, mais elle consomme aussi beaucoup plus de viande. On l'évalue par an à 1643 millions de kilos. En 1883, il a été importé 447 millions de kilos de viande en Angleterre.
L'Autriche-Hongrie est un pays de grand élevage de bestiaux; elle en exporte chaque année pour 160 millions de francs. Les principaux centres d'élevage sont la Galicie et la Bukovine, où se continuent les immenses steppes de la Russie, et principalement la Hongrie où les pâtres (csikos), montés sur leurs chevaux, ont une si fière allure. On compto en Hongrie plus de 2 millions de chevaux, 5 millions de bœufs, 15 millions de moutons, 4 500000 porcs.
La Russie, grâce à ses steppes sans bornes, nourrit plus de
STATISTIQUE
bestiaux qu'aucun autre pays d'Europe, mais la viande y est de qualité inférieure à cause du peu de perfectionnement des races. C'est de là que partent souvent ces terribles épizooties qui ravagent tous les troupeaux de l'Europe. Un bel avenir est réservé à ce pays considéré comme producteur de viande de boucherie.
Aux États-Unis, le bétail pullule dans 354 millions d'hectares de prairies, soit près de la moitié de la superficie totale de ce pays. En 1850, on y comptait à peine 18 millions de tètes de bétail; en 1883, il y en avait 50 millions. Là, le commerce des bestiaux a pris un immense développement et l'exportation pour l'Europe augmente sans cesse. On compte aux États-Unis 50 millions de bœufs, vaches et veaux, 42 millions de moutons et 50 millions de porcs.
La République Argentine, qui possède 136 000 lieues carrées de plaines, est capable de nourrir 250 millions de hèles à cornes L'Uruguay, le Paraguay et la province de Rio Grande au Brésil sont aussi de grands pays d'élevage de bestiaux. L'Amérique du Sud possède en tout 4 millions de kilomètres carrés de prairies On estime que ces régions nourrissent actuellement 18 millions de bœufs et 80 millions de moutons. En 1889, le territoire de Buenos-Ayres évaluait sa richesse en bétail comme suit : 6 millions de bœufs, 3 millions de chevaux, 60 millions de moutons et 200 000 porcs, le tout d'une valeur totale de 771 millions de francs.
Enfin, comme grands centres d'élevage, citons l'Australie et la Nouvelle-Zélande où l'on compte actuellement 7 millions de bœufs et 61 millions de moutons.