ASPHALTE ET BITUME. I-3I
Rappelons aussi que Niepce dut sa merveilleuse découverte, la photographie, à l'emploi du bitume de Judée.
Schistes bitumineux et asphaltes. — On trouve des schistes, des argiles, des sables, des calcaires imprégnés d'une substance analogue au bitume de Judée. Le fond des lacs bitumineux est probablement constitué par des couches chargées de bitume, que le voisinage d'une source de chaleur fait fondre : le bitume devenu liquide monte à la surface des eaux.
On donne plus particulièrement le nom d'asphalte au calcaire bitumineux; ce calcaire possède la propriété de tomber en poussière quand on le chauffe à 100°. Vers 1849, dans une usine de calcaire asphaltique, située au Val-Travers, en Suisse, l'ingénieur Mérian remarqua que les morceaux tombés des chariots se pulvérisaient sous les roues et formaient une chaussée excellente; il proposa d'utiliser le calcaire asphaltique à la confection du sol des rues. La première application eut lieu à Paris, en 1854, dans la rue Bergère. Le calcaire asphaltique ayant été réduit eu poudre, on le chauffe de nouveau, on l'étalé sur la chaussée et on le comprime avec un rouleau. Aujourd'hui on préfère chauffer la poudre d'asphalte avec du bitume fondu ou du brai sec de goudron. Au bout de quelques heures de cuisson, on obtient un produit que l'on coule dans des moules et qui ne se pulvérise plus comme l'asphalte sous l'action de la chaleur, mais fond en pâte. Ce mastic d'asphalte est refondu dans une chaudière avec du gravier et étalé sur les chaussées ou de préférence sur les trottoirs. Le gravier est nécessaire afin d'empêcher le mastic de se fendiller.
Le mastic d'asphalte est encore utilisé dans la construction des massifs supportant les machines et amortissant les vibrations du sol, pour préserver les planchers contre l'incendie, pour cimenter les pierres et autres matériaux, pour construire des soubassements qui s'opposent à la propagation de l'humidité du sol, pour fabriquer, avec du carton, des couvertures économiques. On en recouvre les tuyaux de fonte placés souterrainement, afin de les préserver de l'oxydation.
Pour séparer le bitume des schistes, des argiles, des sables,