I. — HISTORIQUE
On ne peut préciser l'époque exacte à laquelle remonte la découverte du verre. L'assertion de Pline, d'après laquelle le hasard aurait fait connaître le verre aux Phéniciens, ne repose sur aucun fondement sérieux. En réalité, les Phéniciens propagèrent partout l'usage du verre, que les Indiens, les habitants de Ninive et les Egyptiens savaient peut-être fabriquer mieux que nous deux mille ans avant notre ère. Les Égyptiens excellaient à fondre, tailler, ciseler, colorer, dorer le verre ; ils s'en servaient pour imiter les pierres précieuses. On a trouvé à Thèbes une admirable statue en verre, ressemblant à de l'émeraude. Plusieurs secrets perdus n'ont pu être retrouvés par la chimie, malgré les immenses ressources dont dispose actuellement cette science.
Les Phéniciens, les Perses, nombre d'artisans des Etats de l'Extrême-Orient, travaillaient le verre aussi bien que le pouvaient faire les Égyptiens. L'art de la verrerie acquit un grand développement en Grèce et dans les colonies que ce pays fonda en Italie, chez les Étrusques tout particulièrement. Le mille fiori, sorte de mosaïque formée de baguettes de verres colorés, serait une invention des Étrusques.
Les Romains furent de très habiles verriers : ils connaissaient certains secrets de fabrication des Égyptiens, secrets perdus pour
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nous : ils les acquirent peu avant la fondation de l'empire, lors de leurs conquêtes en Grèce et en Asie. On a découvert un verre gravé et doublé, dont on ne pourrait aujourd'hui imiter le travail.
Au moment de l'invasion des barbares, l'industrie de la verrerie se réfugia à Constantinople, à Tyr, à Sidon, à Damas, à Alexandrie ; les verriers byzantins jouirent alors d'une grande renommée. Les verreries, très abondantes dans la Gaule, où elles avaient été fondées par les Romains, disparurent complètement.
Dès le vu e siècle, les Vénitiens parvinrent à fonder des verreries à Murano, près de Venise. Ces établissements continuèrent à prospérer et atteignirent leur apogée aux xvx e et xvn° siècles. A cette époque, on fabriqua du verre en Bohême, en France, en Angleterre, et Venise tomba en complète décadence. Les verreries de Venise ne reprirent quelque importance qu'en ces dernières années. La suprématie, dans cette industrie, fut acquise par la Bohême ; elle l'a conservée jusqu'à nos jours.
En France, les verreries commencèrent à prendre une grande importance sous le ministère de Colbert. Notre pays possède aujourd'hui 162 verreries, occupant 23 000 ouvriers, dont les produits annuels s'élèvent à la somme de 85 millions de francs. Les principales usines sont situées dans les départements du Nord, de la Seine, de Meurthe-et-Moselle, de la Marne, de l'Aisne, de la Loire, du Bhône, de Saône-et-Loire, de la Seine-Inférieure, de l'Aveyron, de la Gironde, de l'Orne, des Bouches-du-Bhône, de Seine-et-Oise, c'est-à-dire dans les régions houillères, vinicoles, ou dans le voisinage des grandes villes.
La France occupe seulement le cinquième rang, venant après l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, l'Angleterre et les États-Unis, et suivie immédiatement par la Russie et la Belgique. Les verreries des Flandres étaient déjà très renommées à l'époque du moyen âge.
Les principales verreries de la Belgique sont établies à Namur, Bruxelles, Anvers, Liège, Huy.
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