II. — FABRICATION DU VERRE
L'industrie du verre comprend une grande variété de produits: les cristaux, la gobeleterie fuie, la gobeleterie commune, les glaces, les verres à vitre, les globes de pendule, les verres de montre, les verres d'optique, les émaux, les perles et les verroteries.
Au point de vue de la composition chimique, tous les verres peuvent se diviser en trois classes :
P Verre commun, silicate de chaux et de soude; 2° Verre fin, silicate de chaux et de potasse ; 3° Cristal, silicate de plomb et de potasse.
Matières premières. — Silice. — La silice entre dans la composition de tous les verres. Pour le verre fin et le cristal, on se sert de silice pure, exempte de fer, c'est-à-dire de cristal de roche ou quartz, de silex pyromaque ou de sables particuliers (ceux de Fontainebleau, par exemple). Pour le verre commun, on l'ait usage de sables argileux ou marneux, plus fusibles que les sables purs. Toutes ces variétés de silice doivent être très finement pulvérisées, malgré leur grande dureté. On y arrive facilement en chauffant la matière au rouge, puis la refroidissant brusquement dans l'eau froide, ce qui diminue la cobésion et rend la pulvérisation facile.
Chaux. — Pour le verre fin, on emploie de la chaux vive, du carbonate de chaux, bien exempts de fer. En Bohème, on fait usage de silicate de chaux naturel ou wullastonite. Dans certains verres, on remplace la chaux par les carbonates de baryte et de strontiane.
Potasse. — La Bohême, riche en forêts, utilise surtout les cendres de bois. On se sert ailleurs des potasses perlasses d'Amérique et des sels potassiques extraits des vinasses de betterave.
Soude. — On emploie la soude artificielle ou le sulfate de
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VERRE
soude. Il est nécessaire d'ajouter du charbon pour réduire le sulfate de soude.
Plomb. — On se sert du massicot, de la litharge, le plus souvent du minium, à cause de sa plus grande pureté.
Matières décolorantes. — On rend le verre incolore en ajoutant du bioxyde de manganèse, dit savon des verriers, ha bioxyde a l'inconvénient de rendre le verre altérable à la lumière. On peut encore utiliser l'oxyde de cobalt, qui n'a pas cet inconvénient (d'après M. Henrivaux), l'oxyde de nickel, l'oxyde d'antimoine, l'oxyde de zinc, le minium, le salpêtre, l'acide arsénieux.
Matières colorantes. — Le verre se colore avec les substances suivantes, variables d'ailleurs suivant la nature du verre :
Rouge et rose. — Pourpre de Cassius, sous-oxydc de cuivre ;
Orange. — Oxyde d'argent ;
Jaune. — Oxyde d'urane, charbon et soufre ;
Vert. — Sesquioxyde de chrome, sesquioxyde de fer, protoxyde de fer et bioxyde de manganèse ; sesquioxyde de fer, bioxyde de manganèse et oxyde de cobalt ;
Bleu. — Oxyde de cobalt, protoxyde de fer, bioxyde de cuivre ;
Violet. — Protoxyde de nickel, bioxyde de manganèse ;
Blanc. — Ammoniate de plomb.
Matières particulières. — Certains verres particuliers exigent l'emploi du fluorure de calcium ou spath fluor, de la cryolithe, de l'aluminate de soude. L'acide borique donne plus d'éclat au verre et empêche sa dévitrification.
L'acide borique prend chaque jour une importance plus grande. On l'obtenait jadis en traitant le borax, ou borate de soude, par l'acide chlorhydrique.
Le borax se trouve en dissolution dans les eaux de certains lacs du Thibet, de la Perse, de la Californie, du Pérou, ayant une origine volcanique. L'acide borique est d'ailleurs toujours amené des profondeurs du sol par des émanations volcaniques. Il existe aussi de grands gisements de borate de chaux dans l'Asie Mineure ;on le transforme en borax par l'action du carbonate de soude.