FABRICATION DU VERRE
L'acide borique pur est extrait en grand des suffioni de Toscane (Italie). On appelle suffioni des fissures du sol laissant échapper de la vapeur d'eau avec de l'acide borique et du sulfate d'ammoniaque. Le chimiste italien Claschi, en 1815, eut l'idée d'exploiter l'acide borique des suffioni. Il creusa des bassins autour des fissures et les remplit d'eau qui dissout l'acide borique et le sulfate d'ammoniaque dégagés avec les vapeurs. Claschi se noya l'année suivante dans l'un de ces bassins, et l'exploitation fut continuée par un Français nommé Larderel. Les suffioni de Toscane sont situés dans sept villages de la province de Pise ; on a creusé des puits artésiens quidonnent des produits plus abondants. Cette exploitation occupe 1800 ouvriers et produit plus de 5000 tonnes d'acide borique par an. Fusion des matières. — Creusets. — Les matières composant le verre étant finement pulvérisées et mélangées avec soin, on les fond dans un creuset, fabriqué le plus généralement dans l'usine même avec de l'argile très réfractaire. Chaque creuset peut recevoir de 300 à 600 kilos de matière, parfois même jusquà 2400 kilos. La durée de fusion varie de quatorze à dix-huit beures. On enlève, à mesure de leur formation, les écumes qui flottent à la surface, et l'on agite la masse en fusion avec des branches de bois vert; cette agitation dégage des gaz facilitant la montée des écumes. On ajoute aussi parfois un peu d'acide arsénieux à la fin de l'opération : l'acide se volatilise et les vapeurs très abondantes acbèvent la séparation des matières étrangères.
Fours. — La température de fusion doit s'élever jusqu'à 1200° mais il faut l'abaisser ensuite jusqu'à 700 ou 800° au moment du coulage ou pour le soufflage. Le passage d'un courant d'oxygène, à travers le verre en fusion, accélère la combinaison, donne un verre plus facile à travailler, se coulant mieux et n'ayant pas de soufflures.
Les fours les plus employés aujourd'hui dans la verrerie, comme d'ailleurs dans la cuisson des poteries, la fabrication du #az d'éclairage, les opérations métallurgiques, etc., sont les fours Siemens, dont l'idée première est due à'Ebelmen m - 13
VERRE
On dispose une couche épaisse de combustible sur une grille en forme d'escalier et l'on fait passer un courant d'air sur ce combustible porté au rouge. Cet appareil se nomme le gazogène. Le combustible distille et il se produit un mélange de gaz et d'air qu'on enflamme dans le four à fusion. La chaleur, perdue jadis dans la cheminée, est maintenant utilisée à chauffer des tubes en terre réfractaire. Quand les tubes sont chauds, on dirige les gaz de la combustion dans une autre série de tubes qui s'échauffent à leur tour. Les premiers tubes sont alors traversés par un courant d'air qui s'échauffe et qu'on amène dans le gazogène pour distiller le combustible.
Le four Siemens possède le grand avantage de ne pas produire de fumée, à la condition d'employer un excès d'air. Cette fumée altérait jadis le verre et nécessitait la fermeture des creusets, grave inconvénient pour le travail du verre. Actuellement, on laisse les creusets à découvert et on peut travailler le verre dans le four lui-même. Enfin, l'économie de combustible s'élève à 30 p. 100 sur les fours ordinaires. Les fours Siemens, dont l'usage se généralise chaque jour davantage, ont été employés en France, à partir de 1867, dans les cristalleries de Baccarat, de Saint-Louis, de Clichy et de Pantin.
Travail du verre. — Les objets en verre se travaillent au moyen du coulage, dans des moules, ou le plus souvent au moyen du soufflage. Le soufflage du verre, longtemps pratiqué avec la bouche, au moyen de cannes creuses en fer, était une cause de maladies pour les ouvriers : érosion des lèvres, décollement et distension des joues, fistules du conduit salivaire, prédispositions à la hernie et à l'emphysème. Ce soufflage était désastreux pour les enfants. Robinet, ouvrier à la cristallerie de Baccarat, construisit le premier des appareils pour 1& soufflage au moyen de l'air comprimé. Ces appareils ont été perfectionnés dans la verrerie de M. Appert.