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III. — FAÏENCE fine

La faïence fine, appelée aussi demi-porcelaine, cailloutage, granit, china, diffère complètement de la faïence ordinaire. La pâte est blanche on très légèrement jaunâtre, tandis que l'émail transparent est très dur. L'émail de la faïence ordinaire peut se rayer avec le fer ; celui de la faïence fine n'est rayable que par l'acier. Comme les poteries précédentes, la pâte de la faïence fine est encore opaque.

Au milieu du xvi c siècle, entre les années 1340 et 1S60, il existait à Oiron, près de Thouars, dans les Deux- Sèvres, une fabrique de faïence fine. Cette poterie, dont on possède encore une soixantaine de pièces très rares et très recherchées, porte le nom de faïence de Henri II et de Diane de Poitiers. Le secret de cette curieuse fabrication tomba si complètement dans l'oubli que les Anglais ne parvinrent à fabriquer de la faïence fine que seulement deux siècles plus tard, en 1706, grâce aux travaux des deux célèbres potiers, Atsbury et Wedgwood. Atsbury découvrit la propriété du silex calciné' de décolorer l'argile plastique; Wedgwood trouva la glaçure transparente.

Wedgwood, né en 1730 à Burslem, fut certainement le plus grand potier du monde; il perfectionna considérablement tous , les genres de poteries, sachant imprimer à ses productions un caractère incomparable d'élégance, emprunté à l'art antique de la Grèce. Il fonda dans le comté de Stafford sa célèbre manufacture Etruria.

La Franco dut, pendant une longue suite d'années, acheter toute sa faïence fine à l'Angleterre. Mais, en 1824, M. de Saint- Ainand, après avoir étudié les procédés anglais, vint lui-même fabriquer de la faïence fine à la manufacture de Sèvres, où Brongniart, alors directeur de cet établissement, mita sa disposition des ateliers, des fours et des matières premières. On voit

POTERIES

combien cette fabrication est récente en France. Les manufactures de Creil et de Montereau furent les premières à entreprendre la fabrication de la faïence fine après les essais de M. de Saint-Amand à Sèvres.

On distingue trois espèces de faïences fines : la terre de pipe, ne pouvant supporter le feu, obtenue avec de l'argile plastique, du silex et de la chaux ; le cailloUtage, préparé avec de l'argile plastique et du silex; la demi-porcelaine ou iron-stone des Anglais, faite avec de l'argile plastique, du kaolin, du silex et du feldspath. Quanta la glaçure, transparente et incolore, elle varie avec chaque manafacture ; c'est généralement du sable, du feldspath, du minium, de la litharge, du borax, du cristal de verre, du carbonate de soude et du bleu de cobalt.

L'Angleterre occupe le premier rang. On compte 200 faïenceries dans un seul district du Stafïordshire, à Burslem, Stoke-on- Trent, Longton, Newcastle-under-Tyne, etc. La célèbre manufacture de MM. Minton, à Stoke, occupe 1600 ouvriers. Fait bien singulier, ce centre d'industrie manque de matières premières et doit tout faire venir de loin : l'argile du Devonshire et du Dorsetshire, le kaolin et la pegmatite du Cornwall, le silex des côtes anglaises et françaises de la Manche.

La France possède peu de fabriques de faïence fine; les principales sont celles de Creil, de Montereau, de Bordeaux, de Gien, de Choisy-le-Roi. La manufacture de Sarreguemines, jadis française et la plus importante de l'Europe, occupe 2000 ouvriers.

Il existe aussi des fabriques en Belgique (Keramis et Jemmapes), en Bohême, en Allemagne, en Italie (Pise et Milan), en Espagne (Séville), en Portugal (Lisbonne), en Suède (Bôrstand et Gustafberg près de Stockholm), en Hollande (Maestricht etWyck). En dehors de l'Europe, on fabrique peu de faïence fine, excepté toutefois aux États-Unis.

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