HORLOGERIE
Millions de francs.
États-Unis 32
Allemagne 25
Angleterre 16
Autriche 10
La Suisse, la France, l'Angleterre, les États-Unis, l'Allemagne fabriquent surtout les montres ; les pendules viennent de France, d'Allemagne, d'Autriche et des Etats-Unis.
Besançon, le centre principal de l'industrie horlogère en France, fabrique surtout des montres. Comme en Suisse, le travail s'y fait par des ouvriers isolés, vivant en famille et produisant dans de meilleures conditions que les ouvriers groupés dans de vastes usines. En 1889, Besançon a produit 380 000 montres en or et en argent. L'industrie horlogère bysontine date de la Révolution ; elle fut fondée par des ouvriers de Neuchàtel, chassés de la Suisse pour leurs opinions politiques.
L'industrie horlogère rayonne encore tout le long de la frontière de la Suisse : dans le Haut-Rhin, où se trouvent de vastes usines admirablement outillées pour la fabrication complète des montres; à Beaucourt, où la maison Japy, occupant 1500 ouvriers, fabrique par jour 1200 montres, 2000 pendules et réveils ; à Montbéliard, remarquable par ses pièces d'horlogerie et ses boites à musique ; à Morcz, qui livre surtout de la grosse horlogerie pour les campagnes et les cuisines ; à Cluses, où il y a 4000 ouvriers, et dans un grand nombre d'autres localités de la Haute-Savoie. Morez, comme Paris, fabrique de la grosse horlogerie monumentale. Cluses imita tout d'abord Genève, et fonda une école d'horlogerie en 4824 ; depuis, Besançon, Anet et Paris possèdent également des écoles spéciales d'horlogerie.
Saint-Nicolas-d'Aliermont, près de Dieppe, fut le berceau de l'horlogerie française. On y compte 1500 ouvriers occupés à la fabrication de la petite pendulerie, des chronomètres de précision pour la marine, des régulateurs astronomiques, des rouages pour télégraphie.
Paris, qui fait venir les pièces de l'Est et de Saint-Nicolas, fait des horloges monumentales, de l'horlogerie de précision,
INSTRUMENTS DE PRÉCISION
des chronomètres de marine, des pendules et des réveils.
La Suisse, dont la production horlogère égale presque celle de la France, a ses principaux centres de fabrication à Genève, dont on apprécie surtout le goût, dans le canton de Neuchâtel (Le Locle, la Chaux-de-Fonds, les Brenets), au Val-Travers, à Morat dans le canton de Fribourg. L'industrie horlogère s'est surtout réfugiée dans les pays pauvres : elle constitue la seule ressource des habitants. Charles Cousin, chassé de France par suite de la révocation de l'édit de Nantes, fonda la première fabrique d'horlogerie à Genève. La Suisse, l'Angleterre et l'Allemagne doivent d'ailleurs leur industrie horlogère aux ouvriers français, chassés de leur pays à cette époque néfaste.
L'Angleterre, et principalement Londres, a possédé pendant longtemps le monopole des meilleurs chronomètres de marine, et ce, à cause de la multitude des navires. La France fait aussi bien maintenant. Les grands centres de fabrication sont Londres, Coventry (comté de Warwick), Birmingham, Liverpool, Prescott (comté de Lancastre) et Christchurch (comté de Southampton).
Vienne, en Autriche, fabrique beaucoup de pendules, ainsi que Prague et Karlstein. En Allemagne, citons les centres horlogers de Leipzig, de Fribourg en Silésie, de Glassuth. On fait beaucoup de coucous dans la Forêt-Noire.
L'industrie horlogère a reçu depuis quelques années un développement considérable aux Etats-Unis. En 1860, il y a été fabriqué seulement 13 000 montres; dès 1876, les usines en livraient 250000, toutes faites à la machine. La seule usine de Waltham, à Roxbury, possède 25 ateliers, éclairés par 200 lampes électriques et 3500 becs de gaz.