TÉLÉGRAPHIE. IH
cela se pratique encore actuellement dans les armées en marche. En 1690, le physicien français Amontons proposa l'observation des signaux à longues distances au moyen de lunettes d'approche; son idée ne fut appliquée qu'en 1793 par Claude Chappe. Le système de Chappe consistait à faire des signaux sur des tours élevées à l'aide de leviers, mus par un mécanisme. Les signaux, observés parle poste voisin à l'aide d'une longue-vue. étaient reproduits de proche en proche. On obtenait déjà une rapidité considérable de transmission : par exemple, une dépêche ne mettait que quatorze minutes pour parvenir de Toulon à Paris, villes distantes de 840 kilomètres. On communiquait de Paris à Lille en deux minutes.
Le système de Chappe comportait de graves inconvénients : les signaux devenaient invisibles la nuit et par les temps de brouillard ; ils ne pouvaient franchir les océans.
Télégraphie électrique aérienne et souterraine. —L'électricité se désignait tout naturellement pour résoudre complètement le problème de la télégraphie : transmission instantanée, par tous les temps, de jour et de nuit, à travers tous les obstacles. Jusqu'à la fin du xviu siècle, on ne connaissait encore que les machines à frottement et les mouvements d'attraction et de répulsion de l'électricité sur les corps légers. Dès 1753, le physicien écossais Marshal proposa un télégraphe, composé d'autant de fils qu'il y a de lettres dans l'alphabet, avec des balles de sureau aux extrémités. On faisait communiquer successivement les fils avec une machine électrique et les balles de sureau, repoussées par l'électricité, indiquaient les lettres du mot. Ce système était irréalisable en pratique, d'autant plus qu'on ne savait pas alors isoler les fils et empocher la déperdition électrique. Il fallut attendre de nouvelles découvertes, celle de la pile par Yolta, celle du galvanomètre par OErsted et Ampère et surtout celle de l'électroaimant par Arago. En 1837, la télégraphie électrique se trouva réalisée pratiquement parWheatstone à Londres, Stcinheil à Munich et Morse à New- York. Cook et Wheatstonc établirent le premier service régulier en Angleterre, entre Easton et Camden, au moyen m. 18
mm
in 3 4 INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
d'un galvanomètre. Steinheil imagina la suppression du fil de retour. (Juant à Morse, on lui doit l'appareil à électroaimant encore en usage à l'heure actuelle. Morse, aidé par le jeune étudiant Vail, installa une ligne télégraphique entre Washington et Baltimore, laquelle fonctionna le 1 er mai 1844. On peut donc considérer cette date comme celle du début de la télégraphie
électrique.
Les progrès furent très rapides. Bréguet inventa le télégraphe à cadran, d'une manipulation facile et n'exigeant pas un alphabet particulier comme celui de Morse. Le télégraphe du système Bréguet est très employé dans les chemins de fer, les écluses, les petits bureaux. En 1853, Oint!, en Autriche, imagina la transmission duplex, c'est-à-dire la transmission simultanée, et sur un même fil, de deux dépêches marchant en sens inverse; son appareil ne fut rendu pratique que vingl ans plus tard par Stearns, aux États-Unis. En 18:;:;. Hughes construisit un appareil imprimant la dépèche avec des caractères d'imprimerie. Mcyer en 1872, Baudot en 1814 -I Elisha Grey en 1878, imaginèrent les appareils à transmission^
multiples.
Blackwell, Caselli, Lenoir, Mcyer, construisirent des appareils où le courant sert à opérer des réactions chimiques permettant de reproduire l'écriture et les dessins à distance, milices appareils n'ont pas encore reçu la consécration .h- la pratique, le besoin ne s'en faisant guère sentir ; ils demeurent des curiosités scientifiques.
Tous les appareils modernes reposent en définitive sur deui principes : l'attraction du fer doux par l'éleetroaimanl et l'identité desmouvements aux deux stations au moyen de deux pendules identiques et marchant exactement ensemble. Ceci ne s'applique qu'à la télégraphie terrestre el non à la télégraphia marine, dont nous parlerons plus loin.
Les piles les plus employées en France sont celle .1." Callaud, très constante et très énergique (à Bulfate de cuivre sans diaphragme) ; de Leclanché, peu constante, mais d'une grande durée ; de Chapron et de Lalande (à la potasse caustique et à