III. — LOCOMOTION AÉRIENNE
Les efforts faits par l'homme pour naviguer dans l'air sont déjà très anciens. La locomotion aérienne semble de prime abord pouvoir se réaliser facilement. Nous voyons partout autour de nous des animaux qui volent, depuis les gros oiseaux de proie jusqu'auxinsectesles plusinfimes. Il n'y a donc, semble-t-il, qu'à imiter la nature et à construire des ailes artificielles pour voler comme les oiseaux. Cette idée apparaît si simple quelle fut tentée dès les temps les plus reculés. La fable raconte que Dédale, roi de Crète, voulant fuir la captivité de son vainqueur Minos, s'envola avec son fils Icare au-dessus des flots ; Dédale réussit à gagner la terre, mais Icare s'étant trop approché du soleil et la cire qui fixait ses ailes ayant fondu, le jeune téméraire fut précipité dans les flots et se noya. Nous rappelons cette fable dans le seul but de montrer qu'il a dû être fait dès la plus haute antiquité, des tentatives pour voler avec l'aide d ailes artificielles. Aulu-Gelle, dans ses Nuits attiques, raconte aussi la légende de la colombe volante d'Àrchytas. Une légende beaucoup plus récente, datant du xiV siècle, affirme qu'un individu aurait franchi le lac Trasimène avec des ailes.
Le problème de voler avec des ailes ne semble pas d ailleurs impossible : la chauve-souris, qui n'est pas un oiseau, mais un mammifère comme l'homme, montre une réalisation parfaitement pratique du problème. Plusieurs inventeurs ont donc imaginé des appareils volants, copiés sur les organes delà chauve-souris. Citons Léonard de Vinci, qui s'est borné a dessiner certaines machines sans les construire; Blanchard dont les expériences furent arrêtées par la découverte des ballons ., Deghen, qui, en 1812, équilibra son poids avec un ballon d hydrogène et qui était muni d'ailes ; M. Otto Lilienthal (de Berlin), dont les expériences datent de 1893. M. Lilienthal, assis sur une machine munie de deux ailes d'une surface totale de 1b mètres carrés et de deux gouvernails, est parvenu à descendre dan l'air d'une hauteur de 80 mètres sans accident. On est encore