LOCOMOTION AÉRIENNE
loin de pouvoir s'envoler avec ces appareils. Tous les inventeurs qui ont voulu s'élancer hors d'un ballon avec des ailes ont trouvé la mort en tombant lourdement sur le sol.
Les ailes ne donnant pas des résultats satisfaisants, on a cherché à les remplacer par des hélices. ~L' hélicoptère est un jouet d'enfant qui consiste en une hélice à axe vertical, qu'un caoutchouc met en rotation rapide : l'hélice s'élève dans l'air tant que la vitesse de rotation est suffisante. Pour réaliser cet appareil en grand, il faudrait découvrir un moteur ne pesant que 1500 grammes par cheval de force; or pareil moteur n'existe pas encore.
On a donc dirigé les recherches d'un autre côté, vers les aéroplanes, dont le cerf-volant et le parachute représentent les types les plus primitifs. Les aéroplanes sont destinés à planer dans l'air à l'imitation des oiseaux de proie ; ils recevront leur impulsion première par un mouvement très rapide exécuté sur une ligne ferrée, puis devront s'élever dans l'air et planer. Le calcul montre qu'il suffira ensuite, le mouvement de translation une fois donné, d'une force assez faible pour continuer le mouvement et se maintenir dans l'air. On espère obtenir avec les aéroplanes une vitesse de ISO à 200 kilomètres à l'heure.
On remarquera que nous avons parlé au futur, car tout ceci n'existe encore que dans l'esprit des calculateurs ; reste à connaître le résultat de l'expérience. Il faut se défier beaucoup du calcul dans ces questions d'aviation.
Nous venons d'exposer les procédés dits du plus lourd que l'air, que certaines personnes prétendent devoir être ceux de l'avenir. Nous allons maintenant faire l'historique du moins lourd que fuir, c'est-à-dire des ballons.
Il faut l'avouer, le ballon n'a pas été utilisé par la nature pour la locomotion aérienne. Ce n'est pas cependant une raison pour le repousser àpriori, car la nature n'a pas utilisé les roues pour la marche des animaux, et cependant les roues ont produit des résultats excellents pour la locomotion terrestre.
Le principe des ballons est connu depuis longtemps : un corps , plongé dans l'air, s'élève quand son poids reste inférieur à celui
APPAREILS DE LOCOMOTION
de l'air déplacé. Le jésuite Lana, en 1670, fit le vide dans une boule de cuivre très légère, espérant la voir s'élever. L'expérience ne réussit pas, le cuivre étant un métal trop lourd. Black (d'Edimbourg), qui connaissait l'expérience classique des bulles de savon gonflées avec de l'hydrogène, émit l'idée dégonfler un ballon avec ce gaz si léger ; l'expérience fut tentée en 1782 par Gavallo, mais elle ne réussit pas à cause de l'emploi d'une enveloppe trop lourde. L'année suivante, en 1783, les frères Montgolfier parvinrent enfin à enlever un ballon de papier gonflé avec de l'air chauffé au moyen de la lampe à huile, nouvellement découverte par d'Argand. Le 21 novembre, Pilastre de Rozier et d'Arlandes osèrent s'élever dans l'air avec cette frêle machine. Le 1" décembre, Charles et Robert firent une ascension aux Tuileries en utilisant le premier ballon gonflé à l'hydrogène.
En 1797, Jacques Garnerin se précipita en dehors de son ballon avec un parachute et arriva sur le sol sans accident. Le parachute représente donc l'instrument do sauvetage tout désigné pour les futurs voyageurs aériens.
Les ballons ont été perfectionnés, principalement par les Français. Charles a imaginé le filet pour supporter la nacelle, la soupape supérieure pour le dégagement de l'hydrogène. On a fabriqué une étoffe absolument imperméable à l'hydrogène, ce qui permet actuellement de gonfler les ballons avec ce gaz à l'état pur. On devait employer jadis le gaz d'éclairage qui se perdait moins vite, mais dont la force ascensionnelle était très inférieure à celle de l'hydrogène ; il faut, en effet, un mètre cube d'hydrogène pour soulever un kilo, tandis qu'un mètre cube de gaz d'éclairage ne soulève que 500 grammes. On a imaginé des appareils spéciaux pour préparer l'hydrogène, soit avec du fer et de l'acide sulfurique, soit par le procédé Henri Giffard, en décomposant la vapeur d'eau avec du fer chauffé au rouge, ce fer étant obtenu par la réduction de l'oxyde de fer naturel au moyen de l'oxyde de carbone. Grâce à l'emploi de l'hydrogène, on peut s'élever à de très grandes hauteurs. Le 15 avril 1875, le ballon le Zénith, monté par Sivel, Crocé-Spinelli et
0PHH