LOCOMOTION AÉRIENNE
Gaston Tissandier, partit à onze heures du matin de l'usine à gaz de la Villette. Il seleva à la hauteur de 8000 mètres et retomba à terre près de Saint-Yrieix (Haute-Vienne) le môme jour à quatre heures du soir. M. Gaston Tissandier seul était encore vivant, ses deux compagnons avaient été asphyxiés par suite de la raréfaction de l'oxygène de l'air à cette altitude considérable.
L'industrie fabrique trois sortes d'aérostats; les aérostats à grands volumes, de 200 à 3000 mètres cubes, pour les ascensions scientifiques ou d'amateurs ; les petits ballons en baudruche, représentant des personnages et des animaux grotesques, pour jouets d'enfant ou fêtes publiques; des ballons en caoutchouc pour enfants et pour réclames. La baudruche est la doublure du gros intestin du bœuf; pour fabriquer un ballon en baudruche, on étend la mince enveloppe humide sur un moule en carton, puis on laisse sécher.
On construit aussi de petits ballons pour la météorologie. Ces ballons emportent avec eux des instruments enregistreurs, fabriqués spécialement par la maison Richard. Un peut ainsi connaître l'état de l'atmosphère dans les régions élevées.
Direction des ballons. — La direction des ballons fut tentée très peu de temps après leur découverte. Dès 1784, un an après l'invention des frères Montgolfier, Guyton de Morveau et l'abbé Bertrand essayèrent, à Dijon, de diriger un ballon au moyen de rames légères. Blanchard, au Champ de Mars, à Paris, tenta la même expérience en ajoutant un gouvernail, mais un soldai ivre coupa les rames à coups de sabre. Les frères Bobert, toujours dans cette même année, substituèrent un ballon allongé au ballon sphérique pour donner moins de prise au vent. Des tentatives semblables eurent lien à celle époque en Angleterre, mais sans succès. Le ballon se trouve en effet dans des conditions ne ressemblant plus à celles d'un bateau dans l'eau ; il faut qu'il dispose d'une force considérable pour lui permettre de lutter contre le vent. Ces premiers essais ne restèrent cependant pas stériles, car ils furent l'occasion de perfectionnements très importants : on doit notamment au général Meusnier l'emploi
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APPAREILS DE LOCOMOTION
de l'hélice comme propulseur pour remplacer les rames ou les ailes, ainsi que l'emploi d'une poche intérieure au ballon ; cette poche, que l'on gonfle ou que l'on dégonfle à volonté au moyen d'une pompe, joue le rôle de la vessie natatoire du poisson, pour monter ou pour descendre.
Il faut arriver à une époque beaucoup plus récente pour voir le problème de la direction des ballons repris avec de plus grandes chances de succès. Le 24 septembre 1832, un jeune homme de vingt-six ans, qui devait devenir un ingénieur distingué, Henri Giffard, s'éleva à Paris avec un ballon muni d'une machine à vapeur et d'une hélice . Les résultats obtenus furent très médiocres, mais le ballon put cependant résister un peu au vent. Une seconde expérience, tentée en 1855, donna de meilleurs résultats. Dupuy de Lôme, en 1872, répétales essais de Giffard, non plus avec une machine à vapeur, mais avec une hélice actionnée par sept hommes.
M. Gaston Tissandier, en 1883, utilisa le premier l'électricité comme force motrice. L'hélice était mise en rotation par une dynamo et l'électricité fournie par des piles. Le 9 août 1884, MM. Renard et Krebs purent partir du parc aérostatique militaire de Meudon, et revenir atterrir à leur point de départ, après avoir parcouru en vingt minutes une distance de huit kilomètres. Le moteur, encore une dynamo, avait une force de 8 chevaux. Les piles, de l'invention de M. Renard, étaient d'un poids très faible et d'une grande puissance. Il convient d'ajouter que l'air était calme.
Voilà où nous en sommes aujourd'hui. C'est peu, il faut l'avouer, et le problème de la navigation aérienne est encore loin d'être résolu. Il le sera, on peut l'affirmer, mais il faut trouver des moteurs très puissants tout en ne représentant qu'un poids très faible .
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