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inconvénients en le comprimant fortement d'abord, puis eu le réduisant en une sorte de pâte à papier, enfin en le mélangeant avec un peu de paraffine. Sous cette nouvelle forme, où put s'en servir pour charger les torpilles. Nous verrons plus loin comment on l'a encore modifié pour le transformer en poudre sans fumée dans les armes à tir.
Le coton-poudre ne possède pas la quantité d'oxygène nécessaire pour le brûler complètement. On doit le mélanger avec d'autres substances oxydantes, de l'azotate de potasse, de baryte, etc.
Dynamite. — La nitroglycérine fut découverte par l'Italien A. Sobrero, en 4847. Voici sa préparation : on mélange 150 kilos d'acide nitrique, marquant 48° à l'aréomètre Baume, avec 300 kilos d'acide sulfurique concentré. On laisse refroidir le mélange, puis on ajoute peu à peu la glycérine, en ayant soin de ne pas dépasser la température de 30°. On laisse en contact pendant une demi-heure, puis on verse dans une cuve en plomb contenant de l'eau froide ; la nitroglycérine vient surnager sous forme d'un liquide huileux. On la lave avec de l'eau tenant en dissolution du carbonate de soude, pour neutraliser l'excès d'acide, puis avec de l'eau pure.
La nitroglycérine resta sans emploi jusqu'en 1861 ; mais, à cette époque, un ingénieur suédois, Nobel, en entreprit la fabrication en grand à Stockholm et à Hambourg, surtout comme explosif utilisé dans l'exploitation des carrières. La nitroglycérine possède en effet un pouvoir déflagrant quatre fois supérieur à celui de la poudre ordinaire; l'inflammation d'un kilo de cette substance développe dans un vase clos l'effroyable pression de 243000 atmosphères. De plus, elle ne craint pas l'humidité et peut être utilisée en terrain a qui f ère, chose impossible avec la poudre ordinaire.
De terribles explosions se produisirent avec la nitroglycérine, et l'on était sur le point d'en abandonner complètement l'emploi quand, en 1800, Nobel découvrit la dynamite. Ce dernier produit nofire plus aucun danger et possède la môme puissance que la nitroglycérine. La dynamite consiste simplement en un mélange
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ARMES
de nitroglycérine avè.c une ou plusieurs autres substances. Ces substances sontinertes (silice farineuse ou Avese/^/M'd'Unterlass, en Hanovre ; randanite de Ceyssat, dans le Puy-de-Dôme, tripoli, brique pilée, sucre, laitier de forge, etc.), ou actives, c'està-dire capables d'agir aussi par elles-mêmes (charbon, salpêtre, soufre, nitrate de soude, nitrate d'ammoniaque, etc.). On la colore souvent en rouge avec de l'ocre. On pétrit la nitroglycérine avec ces matières, on passe au tamis et on met en cartouches.
La fabrication de la dynamite a pris un très rapide développement : en 1867, on n'en consomma que onze tonnes dans le monde entier, tandis que l'Angleterre, en 1882, en consommait à elle seule 11000 tonnes. La gélatine explosive (mélange de nitroglycérine et de coton-poudre), meilleure que la dynamite, tend maintenant à remplacer cette dernière. Les principales usines sont : Paulilles près Port-Vendres, Saint-Sauveur près Honfleur, Gugny près Fontainebleau, pour la France; Aberdeen en Angleterre; Hambourg, Oppladen, etc., en Allemagne; Avigliana, Cengio, en Italie, etc. On en fabrique maintenant dans toutes les grandes puissances de l'Europe et en Amérique.
Panclastite, mélinite, picrates, etc. — Le coton-poudre et la dynamite ne sont pas les seuls explosifs dérivant de l'action de l'acide azotique sur un autre corps. L&panclastite et la ?nt : li?ike, inventées par Turpin vers 1888, résultent de l'action de l'acide azotique ou hypoazotique sur le sulfure de carbone. Ces explosifs servent au chargement des obus. Chaque obus est divisé en deux compartiments, l'un contenant l'acide hypoazotique, l'autre le sulfure de carbone. Cette cloison, se brisant par le choc au moment où l'obus reçoit l'impulsion au départ, les deux liquides se mélangent et l'inflammation se produit par le moyen d'une fusée quand l'obus arrive à destination.
L'acide picrique, obtenu par l'action de l'acide azotique sur le phénol, est également un explosif violent, employé pour la première fois par Designolle, vers 18GG. On a composé des poudres brisantes en mélangeant du picrate de potasse avec du cblorate de potasse, mais cette poudre doit être maniée avec une extrême prudence. On obtient une poudre verte, aussi des-
MATIERES EXPLOSIVES
tructive que la dynamite, en comprimant fortement un mélange de 12 parties de chlorate de potasse, 5 parties d'acide picrique et 4 parties de prussiate jaune de potasse.
MM. Be'ry et Cari-Mantrond fabriquent une poudre aussi brisante que le fulminate de mercure par le mélange du chlorate de potasse avec i'hypophosphite de baryte. Suivant eux, on perce une feuille de clinquant en y déposant quelques parcelles d'un mélange d'hypophosphite de soude sirupeux et de chlorate de soude, puis chauffant jusqu'à dessiccation complète : le mélange détone et perce la feuille
Poudre sans fumée. — On appelle poudre sans fumée toute substance explosive brûlant sans production de corps solide, les gaz seuls étant incapables de produire de la fumée. La première en date est la poudre préparée en Prusse par le colonel Schultze, composée de cubes de bois trempés dans l'acide azotique, puis imprégnés d'un corps oxydant, par exemple l'azotale d'ammoniaque ; cette poudre l'ut employée pour les armes dechasse. Perfectionnée, elle servil sous le nom à'apyrite dans l'armée suédoise.
Le coton-poudre constitue aussi une' poudre mois fumée. La difficulté consistait à modérer sa force explosive pour la faire servir dans les armes de tir. Von Lenk, en L862, lil les premières recherches dans ce sens, mais les résultats furent Ires médiocres et l'armée autrichienne dul renoncer à son emploi. Abel obtint de meilleurs effets en réduisant le coton poudre en pâte, puis le mélangeant avec du camphre, de l'éther acétique, de l'acétone, enfin comprimant le tout par laminage. La poudre Abel ressemble à une matière cornée. M. Vieille, en France,
parvint encore à un meilleur résultai par i méthode tenue
secrète; sa poudre, employée actuellement dans ['armée française, offre le même aspecl que celle d'Abel. Ce sont des lamelles brillantes, d'une coloration brune, ressemblant à de la corne. En 1867, Abel découvrit la gélatine explosive en ajoutant de la nitroglycérine à du coton-poudre réduit en pâte. Ce nom de gélatine est simplement destiné à rappeler l'apparence gélatineuse du produit, celui-ci ne contenant pus de gélatine
ARMES
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proprement dite. Nobel y ajoute du camphre pour dimimier sa force explosive. La poudre Nobel, d'une fabrication très pénible, s'obtient en mélangeant 150 parties de coton-poudre avec 10 parties de nitroglycérine et 10 parties de camphre; on malaxe, on lamine entre des cylindres, puis on découpe en lamelles et on les réduit en grains. Toutes ces opérations, exécutées à Avigliana, près de Turin, doivent se faire sous l'eau pour éviter des explosions -
La France fabrique annuellement 15 millions de kilos de poudres diverses dans ses poudreries nationales. Ces établissements sont situés à Angoulême (Charente), Moulin-Blanc et Pont-de-Buis (Finistère), Bipault (Indre-et-Loire), Sévran-Livry et le Bouchet (Seine-et-Oise), Esquerdres (Pas-de-Calais), Saint- Ponce (Ardennes), Vonges (Côte-d'Or), Saint-Chamas (Bouchesdu-Rhône), Toulouse (Haute-Garonne) et Saint-Médard près de Bordeaux. On raffine le soufre et le salpêtre à Lille, Bordeaux et Marseille. Bourges possède une école centrale de pyrotechnie pour artifices de guerre.
Les principales poudreries étrangères sont situées à Woolvvich et Waltham-Abbey (Angleterre), Spandau et Hamm (Allemagne), Wetteren (Belgique), Stein (Autriche), Fossano (Italie), Okha (Russie).