III
La Franco ne conserva pas longtemps sa supériorité dans l'artillerie. Les Prussiens perfectionnèrent à leur tour les canons : ils substituèrent l'acier au bronze et les chargèrent par la culasse. La transformation de l'artillerie prussienne se fit dans l'usine de Krupp. Grâce à la supériorité de son artillerie, la Prusse écrasa l'armée française en 1870. La Prusse n'avait fait que perfectionner une invention très ancienne. Il existait déjà quelques canons se chargeant par la culasse au xv° siècle : on en vit au siège d'Orléans par les Anglais en 1 428. La Bavière, en 1557, l'Italie, en 1621, possédaient aussi des canons semblables. Les résultats devaient avoir été' peu satisfaisants, car on n'entendit plus parler de tentatives nouvelles de chargement par la culasse dans les siècles suivants. Il fallut les progrès de la métallurgie et de la mécanique au xix c siècle pour résoudre le problème. La France possède actuellement des canons excellents, avec obturateurs perfectionnés par les officiers de Bange et de Lahitolle.
L'industrie fabrique des canons monstres, lançant des obus à l'énorme distance de quatorze à seize kilomètres. En 1878, l'usine Krupp a construit un canon de 9 mètres de longueur, pesant 52000 kilos et projetant un obus do 52S kilos avec une charge de 113 kilos de poudre.
L'usine Armstrong, à Elswick, en Angleterre, a livré à l'Italie, en 1871), un canon do cent tonnes, lançant un obus do 008 kilos. La France n'est pas en retard sur les peuples voisins; tout le monde a pu admirer à l'Exposition de 1880 l'énorme canon du colonel de Bange.
L'artillerie de montagne a suivi les progrès de l'artillerie de forteresse, des navires cuirassés et de campagne. On construisait déjà au xv° siècle des canons se partageant en deux tronçons, qu'on pouvait transporter à dos de mulets à travers les sentiers des montagnes. Armstrong a inventé récemment des canons à tronçons, avec affûts également démontables, qui ont joué un rôle efficace dans la dernière guerre turco-russe et on Afghanistan.
Les boulets ont été considérablement perfectionnés, grâce