‹ Histoire générale de l'industrie. 3, Industries du règne minéralChapitre 197 sur 226 · TRAVAIL ARTISTIQUE DES PIERRES ET DES MÉTAUX · texte numérisé non relu

TRAVAIL ARTISTIQUE DES PIERRES ET DES MÉTAUX

domestique. Il reste fort peu de traces de l'orfèvrerie ancienne, car les objets en métaux précieux sont le plus souvent refondus pour d'autres usages ; les vainqueurs s'emparent des bijoux ou des vases précieux et les refondent pour les transformer en monnaies ou en bijoux plus en rapport avec leurs goûts. On ne connaît donc que les rares objets enfermés dans les tombeaux, ayant pu échapper à la cupidité des hommes.

L'orfèvrerie était déjà un art très avancé chez les Égyptiens, les Phéniciens, les Grecs, les Étrusques, les Romains. L'orfèvrerie religieuse prit un grand développement pendant le moyen âge ; à la Renaissance, elle redevint élégante et gracieuse. Plus tard, nous la trouvons fastueuse sous Louis XIV, capricieuse sousLouis XV, simple et austère sous Louis XVI. Elle disparaît un instant sous la Révolution, puis reparaît sous l'empire, mais sans style approprié à l'époque, et ne cherchant plus qu'à imiter l'antique. Elle s'est affranchie actuellement de toute imitation servile, mais sans trouver encore un cachet original.

La figure humaine ne convient pas à l'orfèvrerie ; il lui faut surtout des formes géométriques qui charment par leur éclat et par leur ensemble. On distingue la grosse orfèvrerie pour service de table, la petite orfèvrerie (manches et lames de couteaux, pelles à poisson, à beurre, à fromage, pinces à sucre, passoires pour thé, timbales, tasses, porte-monnaie, porte-cigares, tabatières, etc.) ; l'orfèvrerie d'église (calices, ostensoirs, burettes, encensoirs) et l'orfèvrerie artistique, qui comporte les objets les plus divers pour la parure et l'ornementation.

L'orfèvre fabriquait jadis la pièce entière : il dessinait, sculptait et ciselait ; toutse faisait par lui-même. Les choses ont changé et la division du travail est actuellement poussée à l'extrême. Au lieu de faire tout à la main, on emploie des procédés mécaniques, introduits depuis le xix° siècle par les Anglais d'abord, puis par les Français et les Allemands. Ces procédés mécaniques ont abaissé les prix, fait pénétrer l'orfèvrerie dans toutes les classes du peuple et contribué à vulgariser le goût des belles choses; on édite actuellement les cuillers et les fourchettes comme un journal ou un roman.

WÊU

ÊÊH

Page 1