III-134 TRAVAIL ARTISTIQUE DES PIERRES ET DES MÉTAUX
doit ce privilège à sa belle couleur, à la facilité de son moulage et de sa ciselure. Très employé par les Grecs et les Romains, il disparut au moyen âge, reparut avec éclata la Renaissance, puis déclina de nouveau. Il reprit sa splendeur en France sous Louis XIV. L'empire et la restauration furent chez nous une nouvelle époque de décadence ; dans ces dernières années, Barbedienne, Barye et d'autres artistes répudièrent courageusement la fantaisie de mauvais goût, imitèrent la nature dans son admirable vérité et le bronze d'art retrouva ses qualités exquises de l'antiquité et de la Renaissance.
En outre de son emploi pour la reproduction des œuvres des statuaires, le bronze sert encore la fabrication des pendules, des candélabres, des lustres et autres appareils d'éclairage, des garnitures de bureau, des porte-cigares, etc.
Le bronze a d'abord été modelé par le martelage. « Le moyen de faire sortir d'une feuille ou d'une planche de métal, à l'aide du martelage, un relief quelconque, une figure ou un ornement, semble remonter à l'origine même de l'emploi du bronze. Le mode de repousser le bronze, l'or et l'argent était en grand honneur chez les peuples civilisés de l'antiquité. Les statues, les ornements précieux, les boucliers, les bijoux, étaient pour la plupart travaillés au marteau. L'ère chrétienne, à son tour, en fit grand usage pour les vases sacrés, les tabernacles, tous les ornements du temple. Les Byzantins, le moyen âge et la Renaissance jusqu'à nos jours n'ont jamais cessé de marteler les métaux.
» Une application du repoussé semble vouloir reprendre, dans l'ornementation monumentale de nos jours, le rang qu'elle occupait au moyen âge et à la Renaissance : c'est celle des grandes figures et des ornements destinés à décorer l'extérieur des monuments publics, soit avec du plomb, soit avec du cuivre. Ce procédé offre le double avantage de la durée et de la légèreté. » (Barbedienne, Rapport sur l'Exposition de 1867.)
Ajoutons que le cuivre repoussé a été utilisé, dans ces dernières années, pour la construction de statues gigantesques (statue colossale de Vercingétorix, à Alise, d'Aimé Millet ; sta-