ALUMINIUM
Autriche, en Italie, dans la Calabre. L'alunite, sulfate double d'alumine etde potasse, se trouve en Italie, en Syrie, en Hongrie, en France (pic de Sancy, dans les monts Dores) ; une simple calcination le transforme en alun, dit de Rome. Les schistes a/u- ?nineux, abondants en Angleterre, en Allemagne, en Belgique, en Suède, en Norvège, en France (départements de l'Oise, de la Somme et des Ardennes), servent aussi à la fabrication de l'alun.
Métallurgie de l'aluminium. — Dès 1856, M. Péchiney entreprit, dans son usine de Salindres (Gard), la fabrication industrielle de l'aluminium par la méthode de Deville. La bauxite, calcinée avec du carbonate de soude, se transformait en aluminate de soude : on dissolvait le produit ainsi obtenu dans l'eau, puis on le convertissait en alumine par un courant d'acide carbonique. Cette alumine, chauffée avec du charbon, du chlore et du sel marin, donnait du chlorure double d'aluminium et de sodium, sel que l'on réduisait par le sodium pour isoler l'aluminium. Quelques perfectionnements de détail avaient seuls été réalisés, quand, vers 188o, de nouvelles métbodes électriques vinrent entièrement transformer cette industrie : M. Adolphe Minet électrolysa un mélange de sel marin et de cryolitbe, fondu à 1000°; MM. Héroult et Kiliani créèrent des usines à Neuhausen, utilisant là une chute du Rhin, à Froges dans le département de l'Isère, et en Angleterre, usines où ils électrolysèrent de l'alumine dissoute dans de la cryolitbe en fusion. Grâce à ces méthodes nouvelles, la quantité d'aluminium produite augmenta considérablement et les prix diminuèrent beaucoup : en 1887, l'usine de Salindres produisait 2000 kilos d'aluminium par an; en 1890, l'usine de Neuhausen obtenait 1000 kilos par jour et celle de Froges 000 kilos.
Alliages. — Le bronze d'aluminium, formé de 5 à 10 centièmes d'aluminium et de 83 à 90 centièmes de cuivre, possède une belle couleur d'or, inaltérable. On s'en sert pour fabriquer des chaînes, des vases sacrés et des ornements d'église, des objets d'art, des coussinets pour machines à vapeur, des ressorts de montre, des navettes de tisserand, des instruments de physique.
j 98 MÉTAUX PEU USUELS.
Cet alliage était jadis fabriqué exclusivement à Salindres, en France, et à Newcastlc en Angleterre. MM. Cowles, aux États- Unis, en produisent actuellement 1600 kilos par jour dans leur usine de Stoke-on-Trent, à l'aide d'une méthode électrique exigeant une dynamo de 6000 ampères. Ils font passer le courant, pendant cinq heures, a travers un creuset rempli de charbon, de cuivre granulé et de corindon de Géorgie : sous l'action du courant, l'aluminium est mis en liberté et s'allie avec le cuivre. L'alliage, jadis du prix de 140 francs le kilogramme, ne vaut plus actuellement que le dixième de cette somme. La nouvelle méthode électrique a été inaugurée en 1880 par Siemens, dans son usine de Woolwich (Angleterre). Le creuset, entouré de charbon de bois pulvérisé pour empêcher la déperdition de la chaleur, est traversé à la base par une barre de fer ou de platine qui communique avec le pôle positif de la machine électrique; le couvercle est lui-même traversé par une tige de charbon descornues communiquant avec le pôle négatif. Le passage du courant, à travers les matières contenues dans le creuset, porte ces matières à une température très élevée.
L'aluminium forme encore d'autres alliages fort intéressants : le métal hercule, alliage d'aluminium et de zinc, donne des moulages parfaits; le laiton d'aluminium (aluminium, cuivre et zinc) possède une grande résistance; ajouté à la fonte, l'aluminium permet de couler ce métal sans gerçures ni piqûres, comme l'acier ; le titane rend l'aluminium aussi dur que l'acier, donnant un alliage de très grand avenir. Signalons enfin la combinaison du nickel avec le bronze d'aluminium.
Statistique. — Le nombre des usines d'aluminium est encore peu considérable; il en existe seulement en Angleterre, aux États-Unis, en Suisse et en France (Salindres dans le Gard, Nanterre dans la Seine, Creil dans l'Oise, Froges et Champ dans l'Isère). En 1889, la production de l'aluminium pour la France ne s'élevait encore qu'à 4135 kilogrammes, d'une valeur de 385 000 francs.