IV. — CHAUX HYDRAULIQUES ET CIMENTS
La chaux aérienne ne peut servir pour les constructions immergées dans l'eau, car elle ne durcit pas. Il faut dans ce cas se servir d'une chaux particulière, dite chaux hydraulique.
La chaux hydraulique est connue depuis la plus haute antiquité, tout aussi bien que la chaux aérienne, car il suffit de calciner un calcaire argileux pour l'obtenir. A la fin du xviii 13 siècle, on fit, principalement en Angleterre et en France, des études sur la chaux hydraulique qui conduisirent à la découverte d'une chaux éminemment hydraulique, appelée ciment, excellente pour les constructions aériennes ou immergées. Le ciment tend de jour en jour à se substituer partout à la chaux ordinaire.
En 1756, le célèbre ingénieur anglais Smeaton, s'étant livré à des recherches expérimentales au sujet de la construction du phare d'Eddystone, reconnut que la cause de l'iiydraulicité de la chaux résidait dans la présence de l'argile dans le calcaire ayant servi à sa fabrication. Il essaya donc de calciner un mélange de chaux et d'argile, cuite et pulvérisée, mais il obtint un résultat nul. En 1796, un chaufournier anglais, nommé Parker, calcina des calcaires argileux et obtint un ciment d'une grande résistance. L'Angleterre conserva longtemps le monopole et le secret de cette fabrication du ciment, qu'on appelait romain, pour rappeler la dureté des anciens mortiers romains. On calcinait simplement les boues de la Tamise, mélange de craie et d'argile.
Un grand nombre de chimistes et d'ingénieurs s'occupèrent
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