V. — COMBUSTIBLES ARTIFICIELS
Charbon de Paris. -s- On a utilisé tous les débris combustibles : poussiers de charbon de bois, de coke et de tourbe, débris de cuisine et balayures des marchés, brindilles de bois, menus branchages, bruyères, genêts, tan, etc. Tous ces débris doivent être d'abord carbonisés dans un cylindre, chauffé avec les gaz combustibles qui se dégagent pendant la calcination. Le charbon est pulvérisé, puis pétri avec du goudron de houille; la pâte est moulée dans des cylindres, séchée, puis carbonisée de nouveau dans un four, à l'abri de l'air.
Ce charbon, dit de Paris, brûle lentement, régulièrement et en dégageant beaucoup de chaleur.
Le charbon pour chaufferettes se fabrique en moulant un mélange de charbon, d'argile, dedextrine et de salpêtre : l'argile et la dextrine agglomèrent les particules de charbon ; le salpêtre active la combustion.
Agglomérés. — En Belgique, dès la fin du xvm e siècle, on utilisait les poussiers de houille en les mélangeant avec de l'argile pour en faire des briquettes ou hochets.
L'Allemagne traite de la même façon les poussiers de lignite.
C'est encore par cette méthode primitive que se préparent aujourd'hui les briquettes de ménage : on ajoute à la houille en poussière de 10 à 20 p. 100 de son poids en argile et un peu de chaux; la chaux facilite la combustion et donne un plus vif éclat. On malaxe le tout avec de l'eau et on moule.
Les poussiers de houille servent aussi à la préparation des grosses briquettes, dites agglomérés, utilisées pour le chauffage des machines à vapeur et particulièrement de celles à traction ou à propulsion, des locomotives des chemins de fer et des machines des navires tant fluviaux que maritimes. Ce procédé permet d'utiliser l'anthracite, qui ne pourrait brûler seul. Les premiers agglomérés furent fabriqués en 1833, à Saint-Etienne,