PIERRES ARTIFICIELLES. H
du crin végétal, le tout haché menu. Ces substances sont imbibées d'huile et d'eau sulfatée. On y ajoute aussi plus ou moins de sulfate de potasse pour régler la prise. Cette pierre se moule admirablement, peut prendre un très beau poli et se travailler comme de la pierre véritable. On s'en sert pour fabriquer des statues et des moulures délicates.
Ciment à oxyde de fer. — M. Alfred Chenot utilise la force agglutinante de l'oxyde de fer. Il commence par préparer du fer très divisé en réduisant de l'oxyde de fer naturel (minerai de fer), mélangé avec du charbon, dans un four chauffé avec les gaz combustibles obtenus au moyen du générateur Siemens (colonne de charbon, chauffée au rouge, et traversée par un courant d'air, d'où production d'oxyde de carbone). Il obtient ainsi une éponge de fer, qu'il pulvérise et qu'il mélange avec du sable et de l'eau légèrement acidulée ou ammoniacale, destinée à favoriser l'oxydation du fer. Par moulage, on obtienl de jolies mosaïques. M. Chenot fabrique également des pierres artificielles très lourdes, excellentes pour les constructions maritimes, en moulant un mélange d'épongé de fer. de sable, de gravier fin et de scories.
Ciment à silicate de soude ou de potasse. — Ransome a obtenu une pierre artificielle très dure en moulant un mélange de sable, de craie, etc., avec une dissolution de silicate de soude ou de potasse, puis trempant le tout dans une dissolution de chlorure de calcium. Il se forme un silicate de chaux très dur, constituant un excellent ciment. Kublmann a utilisé la propriété du silicate de soude, de former avec la chaux un silicate très résistant, pour recouvrir les monuments en pierre calcaire d'un enduit les protégeant contre les dégradations. Cette application a été faite, notamment à Paris, pour la conservation de certaines statues, delà colonnade du Louvre et de la porte Saint-Denis. Le silicate de soude, mélangé avec du sulfate de baryte et des poudres colorées (outremer, sulfure de cadmium, ocres, oxyde de chrome, etc.), donne des couleurs économiques et très brillantes pour murs extérieurs.
Le silicate de soude en solution, mélangé avec de la poudre
de bois, fournit une substance dure se travaillant comme le bois. On obtient une excellente colle pour verre, porcelaine et pierre, en mélangeant une solution de silicate de soude avec de là craie, de la chaux éteinte, du plâtre, de l'oxyde de zinc et de l'oxyde de magnésie.
Ciment à oxychlorure de magnésium. — M. Sorel prépare un ciment très dur en gâchant de la magnésie avec une solution de chlorure de magnésium, tel que le fournissent les eaux-mères des marais salants. Ce ciment résiste d'autant mieux à l'eau que le chlorure est plus étendu (15° à 30» Baume). Sa dureté augmente avec la concentration du chlorure. On accroît son hydraulicité par adjonction d'un peu de chaux vive ou de carbonate de magnésie, sa dureté par adjonction de chlorure de baryum ou de sulfate de magnésie.
Pour fabriquer des pierres artificielles, il faut mélanger ce ciment avec 30 à 40 centièmes de matières inertes : marbre, sable, calcaire à bâtir, granit, etc. On obtient par ce procédé des imitations de marbre, qu'on colore artificiellement, et des mosaïques.
L'oxyde de zinc peut être substitué à la magnésie; il a l'avantage de coûter moins cher.
Le ciment Sorel, très fluide, excelle pour recouvrir les murs tendres, à cause de sa blancheur et de sa résistance. Mélangé avec de la poudre de coton très fine, il produit une substance pouvant remplacer l'ivoire et se laissant travailler au tour.
On utilise ce ciment pour ornementer le marbre. Le marbre est recouvert d'un dessin à l'encre grasse, puis gravé à l'acide. On enlève l'encre, on remplit les creux de ciment ; puis, après durcissement, on polit la surface.
^ On peut encore employer autrement le chlorure de magnésium pour fabriquer des pierres artificielles. On comprime fortement dans un moule un mélange de sable, de chaux vive, de magnésie et d'eau, puis on plonge le bloc dans une solution bouillante de chlorure de calcium qui forme avec la magnésie un ciment à base de chlorure de magnésium.
Le chlorure de zinc en dissolution donne avec l'oxyde de zinc