PLATRE
Le gypse ou sulfate de chaux hydraté, nommé vulgairement pierre à plâtre, se présente sous plusieurs aspects différents. Pur el transparent, on le nomme albâtre et il sort à la fabrication d'objets d'ornement : coupes, vases, socles de pendule, etc. On en trouve à Lagny, près de Paris, et surtout en Italie. Le gypse commun constitue la pierre à plâtre. C'est une masse blanche et opaque, le plus souvent d'une texture saccharoïde, ayant l'aspect du sucre en pain, comme celui des environs de Paris. Il cristallise sous la forme de fer de lance.
Il suffit de calciner le gypse pour lui faire! perdre son eau et le transformer en plâtre. Le plâtre, gâché avec de l'eau, redevient du gypse et durcit. Le gypse contenant un peu de calcaire, cas le plus général, donne un plaire de meilleure qualité que le gypse pur.
La cuisson du plâtre, jadis imparfaite et inégale, a reçu beaucoup de perfectionnements, surtout depuis les travaux du chimiste Payen. Pour lui donner une grande blancheur, on le cuit dans des l'ours fermés, analogues aux l'ours des boulangers, de manière à le mettre à l'abri de tout contact avec la flamme et la fumée. On obtient par cette méthode le plâtre destiné spécialement aux mouleurs. Pour le plâtre commun, destiné aux constructions, on opère plus économiquement dans des fours spéciaux. La grande difficulté consiste à cuire le gypse juste à point et uniformément. Pas assez cuit, la transformation n'est pas complète ; trop cuit, il perd la propriété de durcir par son mélange avec l'eau. On réduit le plâtre en poudre et on le tamise. Le plâtre destiné au moulage doit être pulvérisé au moment de s'en servir.
Le plâtre, bien préparé, sert pour les ravalements inférieurs
des maisons ; il peut être employé pour les ravalements extérieurs, mais à la condition de le recouvrir d'une peinture, le protégeant contre l'humidité. L'eau est en effet le grand ennemi du plâtre.
Le plâtre très pur excelle pour les moulages lins et délicats, car il possède la propriété précieuse d'augmenter de volume en se solidifiant, de remplir les plus petites cavités du moule et de reproduire fidèlement les moindres détails.
Les Orientaux obtiennent de très jolis effets décoratifs en enchâssant des verres colorés dans des compartiments en plâtre. Les cloisons supportant les verres occupent des plans différents ; ce dispositif donne plus de douceur aux rayons colorés. On devrait imiter en France ces jolis vitraux pour tamiser le jour.
Le plâtre sert encore à plâtrer les vins, à fabriquer la pâte à papier qu'on veut rendre plus lourde. A la dose de 100 à 150 kilos à l'hectare, on l'utilise pour amender les terres destinées à produire des légumineuses, des crucifères ou des liliacées.
Durcissement du plâtre. — Le plâtre manque de dureté; on peut le durcir par plusieurs procédés, par exemple en le gâchant avec une solution d'acide borique et d'ammoniaque. Nous insisterons surtout sur la fabrication du stuc et du plâtre aluné.
Le stuc se prépare en gâchant le plâtre avec une solution chaude de colle forte ou gélatine. Sous cet état, on peut lui donner un beau poli, mais il résiste mal à l'humidité. L'origine du stuc est très ancienne ; on en trouve dans les ruines de l'Egypte, de la Grèce et de l'Italie. Il sert à obtenir, dans l'intérieur des habitations, des ornementations imitant le marbre. On le mélange souvent avec des matières colorantes. Grâce à un durcissement lent, on peut l'employer en couches superposées, le retoucher, le modeler et même le sculpter.
Le plâtre aluné fut découvert en 1844 par MM. Grenwood et Savoie. Aussitôt sorti du four, on plonge le plâtre et on le laisse séjourner pendant deux ou trois heures dans une solution tiède à 12 p. 100 d'alun. On le dessèche ensuite, puis on le recuit au four, on le pulvérise et on le blute.
Au lieu d'alun, on peut encore employer l'acide sulfurique,