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SCHISTES ET ARDOISES

pygmées qu'on aperçoit comme des points noirs, s 'agitant à (rois cents pieds au-dessous du sol, levant en cadence leurs bras et leurs outils. Avançons-nous sur les bords de l'excavation. Les bassicots destinés à enlever la pierre descendent ou remontent avec lenteur, et leur poids fait trembler la charpente du pan de bois qui nous soutient. Les parois du gouffre sont taillées verticalement sur deux côtés, et en gradins sur les deux autres; les échelles, disposées à pic, sont entourées d'une solide balustrade en forme de boite, pour éviter les accidents.

» Nous distiguons peu à peu différents groupes : trois ou quatre ouvriers d'en bas creusent lentement un trou de mine ; cinq ou six autres abattent à la pointe un bloc de rocher ; les journaliers rangent la pierre dans les bassicots vides, qu'ils font rouler ensuite jusqu'à la portée des câbles ; le plus grand nombre est occupé à la foncée centrale qui traverse le fond. On entend les commandements du clerc d'en bas et le choc des outils; de temps en temps, à un cri connu, tous les ouvriers quittenl leurs chantiers et se réunissent en un point écarte du fond, fixant leurs yeux sur une longue mèche qui pénètre dans le schiste et l'unie lentement. Tout à coup, le rocher s'abat, la chute retentit dans la carrière et l'écho du déchirement nous arrive longtemps après. Déjà les travailleurs ont repris leur place et leur tâche interrompue.

» Entrons maintenant dans un bassicot vide, et accompagnés du régisseur ou du clerc d'en bas, allons visiter une galerie ou carrière souterraine. Nous descendons d'abord dans un puisard obscur; la nuit se fait autour île nous. Après un long Ira jet, les parois s'écartent tout à coup, nous glissons dans une vaste excavation éclairée à la lumière électrique. L'aspect en est fantastique, et cependant c'est une ardoisière semblable à celle que nous décrivions tout à l'heure, avec cette seule différence qu'au lieu d'être à ciel ouvert elle a été creusée sous le rocher qui forme la voûte. La pierre remonte par le puisard, et les ouvriers exécutent les mêmes travaux de fonçage et d'ahalage. Mais aucune narration ne peut rendre exactement l'effet produit sur l'imagination du visiteur par le gouffre, souterrain, les 111. 10

cavernes retentissantes, les chocs des pics et des barres de fer, les explosions soudaines, les bruits roulant dans les sombres profondeurs. »

En dehors des Ardennes et de la Bretagne, il existe encore d'autres ardoisières, mais beaucoup moins importantes, dans le Plateau Central, les Alpes (Cévins, dans la Savoie) et les Pyrénées- (Labassère et Lourdes).

L'Angleterre possède les plus vastes ardoisières du monde, au nord du Pays de Galles, en Ecosse et en Irlande. Les plus remarquables sont celles de Bangor et de l'île de Valentia. La violence des vents oblige les Anglais à couvrir les toitures avec des ardoises lourdes et de grandes dimensions.

Signalons enfin les ardoisères de Chiavari, dans la Sardaigne, remarquables par la beauté de leurs produits, de Mariathal dans la Hongrie, de Vallango dans le Portugal et celles des Cosaques du Don, en Bussie.

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