ROCHES GRANITIQUES ET ÉRUPTIVES
granits anciens dominent dans les contrées primitives, comme la Bretagne, la Vendée, le Plateau Central ; les granits porphyroïdes abondent surtout dans les montagnes récentes (Alpes, Pyrénées). Les granits anciens, généralement très durs, donnent à la contrée un aspect monotone ; au contraire, les granits éruptifs se délitent facilement, produisent des sables grossiers ou arènes, et sont l'occasion de paysages agréables, souvent grandioses.
Le granit, les gneiss et les schistes micacés, s'exploitent activement pour les constructions vulgaires dans les régions granitiques ; mais le granit seul, quand il est de bonne qualité, fait l'objet d'une exportation de quelque importance.
Le granit s'emploie comme pierres d'appareil pour les gros œuvres de bâtiment. Difficile à tailler, il ne sert guère dans les constructions que pour les massifs à grande durée ou à grande résistance. Les Égyptiens l'utilisaient beaucoup dans leurs monuments grandioses : ils en faisaient des colonnes, des tombeaux, des obélisques, etc. Les hautes colonnes de la façade du Panthéon, à Paris, sont également en granit; on a fait usage, pour la construction de l'Opéra, des granits porphyro'kles et micacés de Saint-Martin du Puy et de Lormes, flans la Nièvre.
Pour les usages vulgaires, on débite le granit en plaques exigeant peu de travail ; les granits schistoïdes sont préférés généralement aux variétés massives, parce qu'ils donnent des moellons à surfaces parallèles, employés à faire des pavés, des bordures et des dalles de trottoirs, des seuils, des balcons, des marches d'escalier, des auges, des bassins, des rouleaux, des colonnes, des urnes, des monuments funéraires, des croix, des meules pour huileries, papeteries, etc., etc.
A la place des calcaires, trop fragiles pour l'édification des maisons modernes, on tend à substituer le granit qui leur donne un air de grandeur incomparable. Londres a construit ses palais avec les granits de la côte normande. La facilité des transports contribue à développer l'usage des roches granitiques dans les grandes villes.
La Bretagne possède des granits excellents : à citer le granit
de Saint-Brieuc, fournissant de belles croix monolithes pour calvaires, les célèbres carrières de l'Aber-Ildut, dans le Finistère, dont le granit rose forme le piédestal de l'obélisque de Louqsor qui décore si magistralement la place de la Concorde, à Paris. Dans la Mayenne, la chaîne des Coëvrons, près de Vitré, renferme de superbes granits bleus. Le département de la Manche est également riche en beaux granits. La variété rose, à grands cristaux, sert à la construction des édifices ; la variété grise, plus résistante, s'expédie à Paris pour dalles et bordures de trottoirs. Le granit de Flamainville a servi à la construction de la digue de Cherbourg. Plus au Sud, les environs de Granville, particulièrement les îles Chausey, fournissent également un granit excellent.
Signalons enfin les granits des Vosges et du Mont-Blanc.
L'Angleterre, qui fait beaucoup plus usage du granit que la France, extrait cette pierre de l'Ecosse, de la Cornouaille et des îles anglo-françaises de la Manche.
Les granits de la Corse, très remarquables, ne sont pas exploités; de même pour ceux de l'Algérie. A citer les granits splendides du lac Majeur, en Italie, ceux de la Norvège, d'Hangoë près Saint-Pétersbourg, de Migueï près de la mer Noire, en Russie; de la Haute-Egypte, autrefois employés par les Egyptiens pour leurs constructions gigantesques, ceux du Brésil.
Porphyres. — Les porphyres sont des roches essentiellement feldspathiques, plus ou moins quartzifères. Les diorites, les ophites, lekersanton, les euphotides, les diabases, représentent des variétés de roches porphyriques. Pour les artistes, une roche se nomme porphyrique quand elle est dure, polissable et présente des cristaux disséminés au milieu d'une pâte colorée.
Les porphyres sont recherchés comme pierres d'ornement quand elles ont un beau grain, susceptible de poli. Les anciens en ont fait des colonnes, des tombeaux, des baignoires, des tables, des obélisques. Le musée du Louvre en possède de beaux spécimens. Ils recherchaient surtout les porphyres rouges de l'Egypte. Les porphyres verts servaient à faire des mosaïques,