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PÉTROLE. I

creusent une multitude de puits peu profonds, mais larges, dans les couches argileuses imprégnées de pétrole. Le forage de ces puits est très dangereux, car il s'en dégage un grisou axphyxiant. On compte jusqu'à 5000 puits aux environs de Boryslaw, en Galicie. Citons aussi les exploitations de Woloczka etdeDroliobyc, dans la Galicie et de Brasso dans la Transylvanie.

On a également signalé du pétrole à Moslawina en Croatie, à Avlona en Albanie et dans la Dalmatie.

En Allemagne, on trouve des indices de pétrole dans le Hanovre et le duché de Brunswick ; les seules couches pétrolifères exploitées sont celles de l'Alsace, dans les localités de Pechelbronn, Schwabwiller, Lobsann Hirtzbaeb, Oberstritten, Bieberbach, OÙ l'on voyait du pétrole surnager sur l'eau des sources et où l'on a creusé depuis peu des puits jaillissants.

L'Italie produit annuellement du pétrole pour une centaine de mille francs ; elle le retire principalement dans les Abruzzes, près de Tocco et de Pescara, et dans l'Emilie, à Parme, à Modène et près de Plaisance.

En France, la source de Gabiau, dans l'Hérault, produit à peine un litre de pétrole par jour. La Limagne d'Auvergne semble receler à de grandes profondeurs d'importantes nappes de pétrole; ce combustible sort du sol eu certains points, au puy de la Poix, par exemple. Un ingénieur, M. de Clercy, a effectué des sondages, notamment à Pont-Battu, près deBiom, à Pont-du-Chàteau dans l'Allier, mais sans grands résultats jusqu'ici. On ne sait ce que l'avenir et un sondage heureux réservent à ces contrées.

Asie. — La zone pétrolifère de Bakou se prolonge jusqu'à Merv, dans l'Asie Russe ; ces pays deviendront probablement de grands centres d'exploitation. 11 en est de même de la vallée de l'Euphrate et de Chiraz dans le Kurdistan, où les émanations de pétrole se manifestent fréquemment. On a également signalé du pétrole dans le Béloutchistan Indien, et dans la Birmanie, à Rangoon, sur la rivière Irouaddy. Le pétrole est exploité depuis plus de dix siècles au Japon, dans les provinces d'Echigo,

COMBUSTIBLES

de Shinano, d'Uyo, d'Akitakon et de Totomi. Signalons enfin les gisements de l'île Formose, en Chine.

Afrique. — Il existe des sources pétrolifères à Gemsah et à Gebel-el-Zeit, à l'entrée du golfe de Suez,

Amérique. — Les gisements du Canada, prolongement de ceux des Etats-Unis, ont un grand avenir. Ce pays en exploite déjà cent mille tonnes par an.

On signale du pétrole dans la province de Véra-Cruz, au Mexique; dans l'île de la Trinité et à Cuba, dans les Antilles.

L'Amérique du Sud semble renfermer de grands réservoirs de pétrole, au Pérou, dans le district de Marcora, où des puits récemment creusés produisent jusqu'à 100 tonnes de liquide par jour ; dans la République Argentine ; au sud de la Bolivie, où des sources de pétrole s'écoulent dans les rivières; dans le Venezuela où il existe plusieurs puits naturels pleins de pétrole. Toutes ces richesses demandent à être exploitées.

Océanie. — Java, Sumatra, les îles Célèbes, Bornéo, recèlent beaucoup de sources de pétrole. On a commencé des exploitations à Sumatra, dans la province de Langkat, le long du détroit de Malacca. On en signale aussi dans la Tasmanie, au nord-est de Jéricho, dans la Nouvelle-Zélande, où il existe des volcans de boue pétrolifère. La Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, produit annuellement 13 000 tonnes de pétrole.

Rectification du pétrole. — Le pétrole brut ne saurait être employé pour l'éclairage, il faut lui faire subir une rectification par une distillation fractionnée. Cette distillation, jadis pratiquée dans les grands ports d'Europe sur les pétroles bruts exportés d'Amérique, s'effectue aujourd'hui sur les lieux mêmes de production.

Le premier liquide condensable, passant à la distillation entre 45° et 70°, très inflammable, est Yéther de pétrole. Le pétrole ne donne guère que deux ou trois centièmes de son poids d'éther. Cet éther est employé à la place des huiles siccatives ou de l'essence de térébenthine pour la préparation des couleurs. Mill a essayé de l'utiliser pour fabriquer une sorte de gaz d'éclairage par son mélange avec de l'air.

PÉTHOLE.

Le liquide qui distille ensuite, entre 70° et 120°, est l'essence de pétrole, employée pour l'éclairage et le chauffage. Elle remplace souvent la benzine pour le dégraissage des étoffes, à cause de sa propriété de dissoudre les corps gras. Certains pétroles fournissent jusqu'à 30 p. 100 d'essence.

Vient ensuite V huile de pétrole, distillant entre 120° et 280°. Le pétrole des Etats-Unis donne la moitié de son poids en huile. L'huile de pétrole sert à l'éclairage des lampes. II faut lui faire subir une nouvelle purification, par lavages successifs avec de l'acide sulfurique. avec de la soude caustique et enfin avec de l'eau.

Entre 280° et 400°, on obtient dans la distillation un liquide nommé huile lourde, plus dense que l'eau, fournissant des substances utiles que nous aurons à étudier à propos de la paraffine.

Le liquide restant comme résidu dans la cornue de distillation porte le nom de goudron ; nous allons voir comment on est parvenu à l'utiliser.

Vaseline. — Le goudron, dernier résidu de la distillation du pétrole brut, est un liquide épais, brun verdàtre. Quand on le soumet à une nouvelle distillation, il se décompose et donne naissance à une huile servant à l'éclairage comme l'huile ordinaire de pétrole. On l'utilise également pour- la fabrication du gaz d'éclairage ou des briquettes destinées au chauffage. On obtient ces briquettes par moulage d'un mélange de goudron de pétrole avec de la houille ou de la sciure de bois.

Aux États-Unis, on est parvenu à retirer du goudron de pétrole une nouvelle substance dont les usages se sont rapidement multipliés : c'est la vaseline. On chauffe le goudron à 150", pendant soixante heures environ, dans un bain de sable, de manière à volatiliser les produits infects, puis on filtre la vaseline sur du noir animal; elle sort de là décolorée. On obtient ainsi un produit blanc, onctueux, ayant l'avantage de ne pas rancir comme les graisses.

La vaseline américaine coûtait au début 15 francs le kilo; grâce aux perfectionnements apportés par M. Cognet, en France,

COMBUSTIBLES

on obtient maintenant un produit beaucoup plus pur et ne revenant plus qu'à 3 francs le kilo.

Les usages de la vaseline se sont rapidement multipliés : on en fait des pommades; c'est un antiseptique excellent contre les maladies des yeux. Sous le nom de neutraline, la pharmacie emploie une vaseline liquide, purifiée avec de l'éther.

Les parfumeurs utilisent la vaseline pour dissoudre les odeurs fugaces de la vanille, du musc, de la civette, de l'iris, du benjoin, de la fève de Tonka; elle remplace les huiles et les graisses qui ont l'inconvénient de rancir.

On se sert encore de la vaseline pour graisser les armes, les machines délicates, les cuirs qu'elle rend imperméables, pour empêcher la formation de la mousse pendant l'opération de la carbonatation dans les sucreries. En Angleterre, on prépare môme des gâteaux et des bonbons avec la vaseline.

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