SOUFRE
poudre dédiasse et de mine, des allumettes chimiques, des emplâtres en pharmacie, de l'acide sulfureux pour la préparation de l'acide sulfurique, scellement du fer dans la pierre, etc. On emploie heaucoup de fleur de soufre contre l'oïdium de la vigne. Signalons aussi la fabrication du sulfure de carbone et du sulfocarbonate de potasse, très employés contre le phylloxéra. Le sulfure de carbone, liquide obtenu par l'action du soufre sur le charbon chauffé au rouge, possède la propriété' de dissoudre les corps gras; on l'utilise pour le dégraissage des chiffons à machines. Les chiffons sont lavés dans le sulfure de carbone; ce sulfure distillé abandonne la graisse. On a donc finalement récupéré chiffons neufs, graisse et sulfure de carbone, sans autre dépense que le charbon pour la distillation. Rappelons enfin que le sulfure de carbone est employé pour l'extraction des huiles, le dégraissage des huiles et la vulcanisation du caoutchouc. M. Baxerras-Torres le produit économiquement par la fusion, dans un four électrique, d'un mélange de coke avec de la pyrite de fer, du plâtre et autres sulfates.
La Sicile est la contrée qui fournit le pi us de soufre, près de 400000 tonnes par an. Avant l'invasion de l'oïdium et du phylloxéra, en 1832, ce pays n'en livrait que 46 000 tonnes. On exploite aussi du soufre en Italie, dans la province de Rome, à Pouzzoles près de Naples, et à Bologne. L'Italie possède 403 mines occupant 30 000 ouvriers. Les gisements de Sicile ont une étendue de 250 kilomètres de long, sur une épaisseur de 8 mètres en moyenne. Les couches s'exploitent en galeries souterraines très profondes. Le tilon de Bologne, de 25 kilomètres de long, a 285 mètres de profondeur. On trouve beaucoup de sulfate de strontiane dans les soufrières de la Sicile.
En Europe, on exploite encore un peu de soufre en France, aux Tapets près Apt, en Yaucluse, et à Barjac dans le Gard (3000 tonnes en 1889); en Espagne, à Lorca et à Teruel, dans la province de Murcie, à Conil près Cadix; en Autriche, à Swoszowice près Cracovie et à Radobog en Croatie; en Grèce, dans l'île de Milo.
En dehors de l'Europe, signalons les gisements de Constan-
INDUSTRIES MIMIQUES
tine, en Algérie, ceux de la Tripolitaine non exploités, ceux de Djensa près de Suez, sur les bords de la mer Rouge, exploités et aussi riches que ceux de la Sicile, ceux de la province de Rio- Grande au Brésil, du district de Humboldt aux Etats-Unis, ceux enfin du Japon qui ont fourni 19 000 tonnes en 1888.
Pyrite de fer. — La pyrite de fer, ou bisulfure de fer, de couleur jaune d'or, se recherche maintenant dans tous les pays. On en trouve en France, à Chessy et à Sainbel dans le Rhône, à xUais dans le Gard, à Soyons dans l'Ardèche, à Framont dans les Vosges, dans les terres noires du Soissonnais. La France en produit annuellement pour G millions de francs, quantité encore insuffisante; elle doit en demander 180 000 tonnes à l'étranger (1875). Les autres pays producteurs sont : la Belgique (Rocheux), l'Allemagne (Rouxwiller en Alsace, Meggen, Musen, Iserlonh, en Westphalie, le Hartz, Stolbert, Goslar) produisant 20 000 tonnes par an, l'Angleterre (Irlande, comté deWicklow, Cornwall), l'Italie (Rrozzo, en Piémont), l'Espagne (Sierra de Tliarsis, province d'Huelva), le Portugal (prolongement du gisement d'Huelva dans la province d'Alemtéjo), le Canada qui en fournit beaucoup aux États-Unis.
La pyrite de fer servit jadis exclusivement à la fabrication du sulfate de fer et de l'alun. Abandonnée à l'air humide, elle se transforme en sulfate de fer ou couperose verte. Son emploi était donc assez limité. Actuellement, elle est employée pour la fabrication du soufre, par distillation en vase clos, et surtout pour obtenir par grillage l'acide sulfureux nécessaire pour la préparation de l'acide sulfurique.
On fabriqua pour la première fois à Fahlun, en Suède, dès 1861, le soufre au moyen de la distillation des pyrites. Quant au grillage de ces mêmes pyrites pour en retirer de l'acide sulfureux, l'initiative de cette méthode revient à MM. Perret, de Lyon, en 1832. Le résidu de la calcination, jadis sans emploi, s'ajoute maintenant dans les hauts-fourneaux aux autres minerais de fer, à la condition d'adjoindre aussi un peu de sel marin pour faciliter la désuif uration. L'usine Washington, à Newcastle, a inauguré cette utilisation d'un résidu abandonné.