V. - INDUSTRIES DE LA SOUDE
Le carbonate de soude, ou soude du commerce, s'emploie surtout pour la fabrication du verre, celle du savon et le dégraissage des tissus.
La soude naturelle ou natron, se trouve dans les plaines de la Hongrie, sur les bords de certains lacs de l'Egypte, de l'Arabie, du Thibet, sur les rives de la Caspienne, au Mexique, dans l'Amérique du Sud, etc.
Les cendres de certaines plantes, croissant sur les bords de la mer ou dans des terrains salés, contiennent beaucoup de carbonate de soude. Ces cendres sont traitées par l'eau qui dissout la soude; on évapore et on fait cristalliser. On traite par cette méthode les cendres des varechs entre Brest et Cherbourg, sur les côtes anglaises, principalement en Ecosse. Narbonne, Aigues- Mortes incinèrent les plantes de leurs étangs salés ; l'Espagne et le Portugal cultivent spécialement des barilles sur les bords de l'Océan. Ténériffe s'adonne aussi à la culture de plantes à soude. Toutes ces ressources ne suffisent pas. Quelques années avant la Révolution française, un médecin, nommé Nicolas Leblanc, découvrit une méthode simple pour fabriquer le carbonate de' soude. Leblanc, qui aurait pu facilement s'enrichir, abandonna généreusement son brevet pour permettre à la France, privée de soude naturelle par le blocus continental, de fabriquer de la soude artificielle. Il fut ruiné et mourut dans la misère.
Son procédé consiste à calciner dans un four un mélange de sulfate de soude, de carbonate de chaux et de houille. Il fallait autrefois remuer ce mélange à la pelle dans le four, opération fort pénible pour les ouvriers. En Angleterre, en 1862, on a remédié à cet inconvénient par l'emploi des fours tournants, grands cylindres chargés du mélange, et tournant au-dessus du foyer.
Le sulfate de soude s'obtient en chauffent du sel marin avec de l'acide sulfurique dans des fours spéciaux ; il se forme du sulfate de soude et de l'acide chlorhydrique. On trouve aussi