INDUSTRIES DE LA SOUDE
un peu de sulfate de soude naturel dans la vallée de l'Ebre, en Espagne, ainsi qu'en Algérie. On en extrait des eaux-mères des marais salants.
En 1838, Dyar et Hemming, en Angleterre, découvrirent un nouveau procédé de fabrication de la soude artificielle, par l'action de l'acide carbonique sur une dissolution de gaz ammoniac et de sel marin. Ce procédé fut rendu pratique en 185o par MM. Rolland et Schlœsing, en France, qui construisirent une première usine à Puteaux, près de Paris. MM. Solvay frères ont installé cette fabrication en grand à Varangeville, près de Nancy, en Belgique et en Angleterre. La soude à l'ammoniaque, supplantant bientôt l'ancien procédé Leblanc, diminuera dans une énorme proportion les fabrications de l'acide sulfurique et du sulfate de soude.
La production totale de la soude s'évalue à 300 millions de kilos par an, dont loO millions pour l'Angleterre et 90 millions pour la France. La seule fabrique Solvay, de Varangeville, produit 30 millions de kilogrammes. Ces chiffres, déjà anciens, sont dépassés aujourd'hui, car l'usine de Varangeville en livre annuellement 70 millions de kilos.
Industries du chlore. — Les industries du cblorc constituent une annexe de la fabrication du sulfate de soude, dont l'acide chlorhydrique est un résidu important. On obtient le chlore par l'action de l'acide clilorhydrique sur le bioxyde de manganèse ; Weldon parvint à régénérer le bioxyde, réduisant dès lors la dépense à l'acide chlorhydrique seulement.
Greenwood prépare aussi le chlore en décomposant le sel marin par un courant électrique. La dissolution de sel marin est divisée en deux portions par une plaque poreuse en ardoise. Le chlore se dégage dans le compartiment où l'on a immergé une plaque de cuivre, recouverte de charbon et communiquant avec le pôle positif de la source électrique ; il se forme de la soude caustique sur la plaque de fer immergée dans le second compartiment et communiquant avec le pôle négatif.
L'usine de Salindres, en France, obtient actuellement le chlore par le nouveau procédé Weldon-Péchiney. On y utilise
INDUSTRIES CHIMIQUES
le chlorure de magnésium des eaux mères des marais salants. Traité par la chaux, le chlorure de magnésium donne de la magnésie, que l'on combine avec du chlorure de magnésium pour obtenir de l'oxychlorure de magnésium. Ce corps, chauffé dans un four avec de l'air, dégage du chlore et de l'acide chlorhydrique, gaz faciles à séparer. Le résidu se compose de magnésie utilisée pour une nouvelle opération.
Le chlore sert à préparer le chlorure de chaux, en le faisant agir à froid sur de la chaux. Le chlorure de chaux sert pour décolorer et désinfecter. En mélangeant la dissolution de chlorure de chaux avec du chlorure de potassium ou de sodium, on obtient l'eau de Javel, qui remplace le chlorure de chaux.
Le chlorate de chaux résulte de l'action du chlore sur un mélange chauffé d'eau et de chaux. Le chlorate de potasse ou celui de soude, employés en médecine et dans l'industrie, se préparent en faisant réagir une dissolution de chlorate de chaux sur une dissolution de chlorure de potassium ou de sodium.
MM. Gobbs et Franchot, au Canada, obtiennent le chlorate de potasse par l'électrolyse d'une solution de chlorure de potassium. Une plaque en oxyde de cuivre plonge dans le bain et communique avec le pôle négatif ; cet oxyde cède son oxygène pour produire le chlorate et se transforme en cuivre qu'on réoxyde pour un nouvel usage.
A Salindres, M. Weldon prépare le chlorate de potasse par l'action du chlore sur de la magnésie en poudre, tenue en suspension dans l'eau. Il se produit un mélange de chlorate de magnésie et du chlorure de magnésium. On fait cristalliser : il se sépare des cristaux de chlorure de magnésium, tandis que le chlorate de magnésie et un peu de chlorure de magnésium restent en dissolution. On se débarrasse de ces chlorures par un traitement à la magnésie, d'où formation d'un oxychlorure de magnésium insoluble. On traite enfin la dissolution de chlorate de magnésie parle chlorure de potassium : il se produit du chlorate de potasse et du chlorure de magnésium qu'on utilise pour la préparation du chlore.