ENGRAIS CHIMIQUES
peut-être installer dévastes salpêtrières naturelles sur les terrains crayeux de la Champagne.
L'exploitation du phosphate de chaux a pris un énorme développement. En 1818, Berthier attira l'attention des chimistes sur la présence du phosphate de chaux dans la craie de Vissant, dans le Pas-de-Calais. Plus tard, vers 1848, l'Anglais Buckland reconnut l'action du phosphate de chaux sur les végétaux ; on se mit. aussitôt à rechercher partout cette substance. Le duc de Richmond, en Angleterre, et Liebig, en Allemagne, recommandèrent de traiter le phosphate de chaux par l'acide sulfurique, de manière à le transformer en superphosphate, soluble dans l'eau et plus absorbable par les racines des végétaux. En France, on préfère réduire le phosphate de chaux en poudre et le mélanger avec du fumier. On recherche actuellement le phosphate de chaux sous toutes ses formes naturelles : à l'état iïapatite, dans les filons, à l'état de nodules, de coprolithes, de grains, au milieu des terrains crétacés.
En 1889, la France a extrait 180 000 tonnes de phosphate de chaux, d'une valeur de 13 millions de francs. A partir de 1855, M. Desailly entreprit la première exploitation régulière, à Grandpré, dans les Ardennes, après les découvertes de M. Meugy. Des Ardennes, les exploitations s'étendirent peu à peu à la Meuse et à la Marne, puis au Nord, au Pas-de-Calais. On trouve actuellement des carrières dans une quarantaine de départements ; les plus importantes sont situées dans le Pas-de- Calais, les Ardennes, la Meuse, la Marne, la Haute-Marne, l'Aube, l'Yonne et les Alpes-Maritimes. En 1887, on découvrit dans la Somme, à Beauval, Hallencourt, Beauquesne, Terrasmesnil, Puchevillers, etc., des sables phosphatés. Ces sables, dont on ignorait alors la véritable valeur, servaient à fabriquer le mortier. Les terrains, vendus jusqu'alors 500 francs l'hectare, trouvèrent immédiatement acquéreur à 20 000 et même à 80000 francs l'hectare. On a également trouvé des sables phosphatés dans le département du Nord, àNeuvilly, Monton, Briasla, Viesly, Quiévy, etc. Tous ces sables sont accumulés dans des poches coniques et irrégulières, creusées au milieu de la craie.