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CHAPITRE IV EAUX MINÉRALES

Les hommes ont reconnu, depuis la plus haute antiquité, l'action bienfaisante des eaux sur l'organisme humain. Les sources, venant de l'intérieur de la terre, ont davantage influencé l'imagination par leur origine mystérieuse ; de là, les légendes sur la fontaine de Jouvence et autres sources miraculeuses, célèbres dans l'antiquité. Les Romains, très amateurs des eaux minérales et des bains de mer, en faisaient une occasion de voyages et de parties de plaisir. Nos goûts, raffinés par la civilisation après une longue suite de siècles, nous ont ramenés, à l'époque actuelle, au même état que se trouvaient les Romains au moment de l'invasion des barbares. On voit, dans les environs de Naples, les ruines grandioses des villas que les habitants de Rome venaient habiter à la belle saison ; de même on découvrira plus tard, à Trouville et sur les côtes de la Manche, les ruines des villas des Parisiens. Les Romains savaient admirablement capter les sources minérales, ainsi que l'attestent les ruines encore existantes en France et en Italie dans les plus célèbres stations balnéaires.

Outre leur action curative, certaine dans quelques cas, problématique dans d'autres, les eaux minérales et les bains de mer ont surtout le grand avantage de développer le goût des voyages et le luxe en général, d'occasionner un grand déplacement de capitaux par la construction des nouvelles voies de communica-

EAUX MINERALES.

tion. Certains villages, encore inconnus il y a à peine quelques années, sont devenus aujourd'hui des cités superbes.

Les eaux minérales sont dites thermales quand leur température s'élève de quelques degrés au-dessus de la température des sources ordinaires. Les savants expliquent cette élévation de température par plusieurs causes. Elle peut être due, dans certains cas particuliers, à une réaction chimique. Rochas d'Aiglun, médecin de Louis XIII, creusa un tunnel le long d'une source thermale du mont Viso, et reconnut nettement que l'eau devenait chaude par son passage à travers une couche de pyrite de fer. Dans les régions volcaniques, où abondent les eaux thermales, la chaleur provient évidemment de la haute température du sous-sol. D'après Laplace, les eaux, venant d'une grande profondeur, doivent être chaudes, puisque la température croît régulièrement à mesure qu'on pénètre plus profondément dans les couches terrestres. Elie de Bcaumont a émis à son tour une hypothèse plus hardie : les eaux pluviales s'infiltrent peu à peu dans le sol et descendent jusqu'au point où, vaporisées par le feu central, elles rejaillissent à la surface de la terre.

On divise les eaux minérales en sept classes, d'après la nature des substances qu'elles contiennent :

Eaux acidulées, acide carbonique en dissolution ; Eaux alcalines, bicarbonate de soude; Eaux chlorurées, chlorures, principalement du sel marin ; Eaux purgatives, sulfate de soude, sels de magnésie ; Eaux sulfureuses, acide sulfhydrique ou sulfures alcalins ; Eaux ferrugineuses, carbonate de fer, dissous à la faveur de l'acide carbonique, facile à reconnaître à la rouille laissée par les eaux sur leur passage ;

Eaux bromurées et iodurêes, bromures et iodures. Les eaux minérales perdent de leur efficacité peu de temps après leur sortie de la source. Il faut en conclure que les sels minéraux, tenus en dissolution, ne sont pas les seuls agents actifs ; la plupart renferment des éléments organiques, très rapidement destructibles et peut-être même vivants. La consommation des eaux minérales en bouteilles augmente cependant

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