EAUX MINÉRALES
beaucoup : en 1889, la France en a consommé 45 millions de bouteilles, tandis qu'en 1878 le chiffre ne dépassait pas 23 millions. Paris absorbe à lui seul 10 millions de bouteilles par an. Les eaux de table, gazeuses pour la plupart, sont les plus recherchées. Cette industrie donne lieu à de fâcheuses falsifications: on creuse des puits dans le voisinage des véritables sources et l'on vend de l'eau naturelle sous un faux nom ; on se contente même parfois de fabriquer sur place les eaux minérales, avec l'eau de rivière et des sels analogues aux sels contenus dans la véritable eau minérale.
Statistique. — France. — Le nombre des sources minérales captées en France s'élève chaque année: de 864 en 1844, il est monté à 1043 en 1889. On compte 354 sources alcalines, 319 sulfureuses, 135 ferrugineuses, les autres renferment des sels divers.
Les départements qui comptent le plus grand nombre de sources sont :
Sources. Malades.
Puy-de-Dôme 94 18.G00
Ardèche 77 7.000
Vosges ',(> 6.000
Ariège 09 8.200
Pyrénées-Orientales G9 7.800
Hautes-Pyrénées 54 44.000
Le département des Hautes-Pyrénées est celui qui reçoit le plus grand nombre de malades. Viennent ensuite l'Allier (16000 malades), la Haute-Garonne (14 000 malades), les Landes (13 000 malades), la Savoie (9400 malades), la Loire, le Cantal, etc.
Les Pyrénées renferment surtout des sources sulfureuses, excellentes contre les affections des voies respiratoires. Citons les sources de Cauterets, Saint-Sauveur, Barègcs, Bagnères-de- Bigorre, Labassère, Capvern, dans les Hautes-Pyrénées ; les Eaux-Bonnes et les Eaux-Chaudes, Cambo, Saint-Christau, Salies-de-Béarn, dans les Basses-Pyrénées ; Bagnères-de-Luchon, dans la Haute-Garonne ; Aulus, Ussat, Ax, dans l'Ariège ; Molitg, la Preste, dans les Pyrénées-Orientales ; Dax, dans les Landes.
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En dehors des Pyrénées, toujours dans le Midi, nous trouvons aussi quelques sources remarquables, mais disséminées : Castera-Verduzan et les boues sulfureuses de Barbotan, dans le Gers ; Alet, Bennes-les-Bains et Campagne, dans l'Aude; Lamalou, Avène, Rieu-Majou, Balaruc, dans l'Hérault; Aix, dans les Bouches-du-Bhône ; Gréoulx, Digne, dans les Basses-Alpes; Monestier, dans les Hautes-Alpes ; Montmirail, en Vaucluse ; Neyrac, Vais, Marcols, Celles, dans lArdèche ; Condillac, Montbrun-les-Bains, Bondonneau, dans la Drôme ; la Cbaldette, Bagnols, dans la Lozère; Sylvanès, Andabre, Cransac, dans l'Aveyron.
Le Plateau Central, où les sources thermales représentent les derniers vestiges des manifestations volcaniques, possède des établissements très fréquentés : Vic-sur-Cères, Chaudes- Aiguës, dans le Cantal ; Benlaigue, Boyat, Mont-Dore, La Bourboule, Saint-Nectaire, Bouzat, Châtel-Guyon, Chàteauneuf, Châteldon, dans le Puy-de-Dôme; Vichy, Néris, Bourbon-l'Arcbambault, Saint Pardoux, dans l'Allier ; Bourbon-Lancy, en Saône-et- Loire ; la Boche-Posay, dans la Vienne ; Saint-Honoré, Pougues-les-Eaux, dans la Nièvre. Les sources de Vichy sont peutêtre les plus renommées du monde entier ; on extrait du bicarbonate de soude de ses eaux et on en fabrique des pastilles qui s'expédient partout. Signalons la source de Saint-Denis, dans le Loir-et-Cher.
L'Ouest de la France est remarquablement pauvre en sources minérales. Nous n'avons guère à citer que Bagnoles, dans l'Orne, et Château-Gontier, dans la Mayenne.
De même pour la région du Nord, où nous trouvons : Passy et Auteuil, à Paris ; Enghien, en Seine-ct-Oise ; Pierrefonds (Oise); Forges (Seine-Inférieure); Saint-Amand (Nord). Toutes les sources de l'Ouest et du Nord sont froides, sulfureuses ou ferrugineuses.
A l'Est, principalement dans la région avoisinant les Vosges, le Jura et les Alpes, nous trouvons quelques belles sources : Bourbonne, dans la Haute-Marne ; Plombières, Contrexéville, Vittel, Martignac, dans les Vosges; Luxeuil, Bains, Bussang,
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dans la Haute-Saône; Salins, dans le Jura; Guillon, dans le Doubs; Uriage, La Motte, Allevard, dans l'Isère ; Aix-les-Bains, Challes, LaBauche, Brides-les-Bains, Salins-Moutiers, La Caille, dans la Savoie ; Saint-Gervais, Evian, Amphion, dans la Haute-Savoie.
Algérie. — L'Algérie possède 47 sources thermales et 26 établissements, dont plus de la moitié se trouvent dans le département de Constantine. Les sources les plus fréquentées sont celles d'Hammam-el-Hamé, Ouled-Sidi-Brahim, Hammam-Sidi- Cheikh, Hammam-Meskoutine, Sidi-M'Ad, Biskra, Salak-Bey, Aïn-Sidi-Abdelli.
Corse. — On commence à utiliser les eaux minérales si abondantes de la Corse. Citons celles d'Orezza, Pietrapola, Puzzichello, Guitera, Caldaniccia, Guagno.
Pays étrangers. — Nous devons nous borner à signaler les eaux minérales qui avoisinent la France et reçoivent le plus souvent la visite de nos nationaux.
La Belgique possède les sources de Spa, de Chaudfontaine près de Liège, et de Tongres. Les eaux de Spa sont très renommées.
Avant la guerre de 1870, nombre de Français fréquentaient les stations balnéaires des bords du Bhin. Les sources allemandes les plus remarquables sont celles de Baden-Baden et de Bippoldsau, dans le grand-duché de Bade ; Kissingen, Bocklet, Bruckenau, Heilbrunn, Krankenheil (Bavière); Wildbad, Caunstatt (Wurtemberg) ; Ems, Seltz, Geilnau et Fachingcn, Schwalbach, Schlangenbad, Wiesbaden, Weilbach, Soden, Hombourg (Nassau) ; Nauheim et Schwalheim (Hesse) ; Pyrmont et Wildungen (principauté de Waldeck) ; Bémé et Lippspringe (Westphalie); Salzbrùnn(Silésie) ; Aix-la-Chapelle et Kreuznach (Prusse Bhénane).
En Alsace, citons Niederbronn, Chàtenois, Wattwiller, Soultzmatt et Soultzbach, près de Colmar.
La Suisse possède des sources très fréquentées : Champelsur-Arve, dans le canton de Genève ; Wildegg, Schinznach, Bade, Birmensdorf (Argovie) ; Pfteffers, Hof-Bagatz (canton de