VI. â
66 HISTOIRE GÉNÉRALE DE. LA BELGIQnE.
n^s et , poui: ainaî dire , éfcàurdies de cet ëTënement , priapent àams leur perplexité le parti le plus sûr : elles YeàonnuErent le nouveau roi. Le duc de Savoie et le duc de Bavière se mofitrèrent d'autant pius àé^imé^ d Phi* lippe y, qu^ib auraient pu lui paraître plus suspects, comme ayant été égalemeiàtappelëfrà cette couronne ; et lia lui témoignèrent ce dévouement politique , pourti/e pas dire hypocrite ^ puisqu'il nVtaitqueTeâbt de la crainte , non par des déclarations ou de vaines formalités, sejon l'étiquette et Tusage , mais par des actions et des services réels4
Leduc de Bavière , à qui le roi d'^Espagne déftuit avait donné le gouvernement des Pays-Bas , avait fait entrer des troupes françaises dans Nieuport, Audenarde, Atk» Mons, Charleroi, Namur et Luxembourg. Ces villes avaient dans leurs murs vingt- deux bataillons hollandais. Le roi , dit le président Hénault , eut la délicatesse de ne vouloir pas les arrêter , pour qu'on ne lui imputât point d'avoir fait les premiers actes d'hostilités : principe aussi noblfQ que dangereux , ajoute-t-il. Mais était-ce par excès de déKcatesse et par noblesse de sentiment, ou par raffinement de politique , qu'il prenait ce parti ? Toute là oondtiite de Louis Xiy prouve du moins qu'il possédait l'art de déguiser ses démarches , pour sauver son honneur et soutenir ses intérêts. Ce monarque était fort inquiet ( comme ii le confia lui-même au marquis de Puységur , qui rapporte dans son traité sur l'état militaire , les propres expressions du roi) de voir les troupes hollandaises dans la plupart des places des Pays-Bas espagnols. L'électeur de Bavière y tenait également sept à huit mille hommes de
HOmiMS ÉPOQUE. $7
jwp g opr c g tronpes. Si ce prince ImteitaTeeLM» XIV , ce monarque , qui connaissait tons ka dtftoun de lape* litique, s'y fiait d'autant moins , qu'fl saTait qne Mectef traitait paiement avec le m df Angleterre. « le ^ronsai » dope dioisi , di^il , au marquis de Pnysëgur , pour » TOUS envoyer i Bruxelles étirer la conduite de IVlee--' » tenir et prendre des mesures pour faire entrer mes troupe^ 3» dans les places où les Sallandais ont garnison. Donne* » toute ma confiance au marquis de Bedmar , etdites^M • que j'envoie lemarëelial de Bonfflersi Lille ^etqvtotous » les secours dont il aura- besoin y sort en troupes ^ en nitt«« « nitions onenargent^iln'a qu'i vous le dlre,etsar ce que 7» TOUS manderec an maréchal de Boofflerft , il a ordre de n lui envoyer tout.
Cette mesure avait cause les plus vives, alaimes à V Angleterre et àla Hollande, qui demandèrent non-seulement que les troupes françaises fussent rappelées des viHes des Pays*BaSy mais encore qu'on remit aux Anglais, comme places de sdretë, les villes d'Ostende et de Nienport,et auir Hollandais, celles de Venlo, de Ruremonde, de Luxembourg, de Namvr, deCharleroi, de Mous et deTermonde. Ces demandes furent re)etées parla France, et toutes les puissances, soit par crainte, soit par intérêt, soit par in* fluence, se préparèrent i la guerre.
Mais l'empereur Léop<Jd, pour mieux soutenir sespré-' tentions au trône d'Espagne pour rarchiduc Charles, son fils, était parvenu à détacher de la France l'Angleterre et la Hollande^ Ces deux puissances conclurent ce traité connu sous le nom de la grande alliance, par lequel elles convinrent de réunir leurs forces pour procurer à Tempe-
68 HISTOIRE tîllfÉRAlB 0B LA BELGIQUE.
reur onesatisfiiotion convenable an sujet de ses prétention» à la monarchie d'Elspagne , et afin d'affem^ir Tindëpen*» dance de leur payset la sûreté de leur commerce (<s). Par quelle fatalité, dit le président Hénault, cette guerre la plus juste de toutes celles de ce règne a-t-elle>élé :1a plus malheureuse? Cette alliance se fortifia dans la suite par la réunion d'autres puissances qui y accédèrent,et l-arehiduc Charles prit le titrede roi d*Espagne sous le nom de Charles III. ;
Le prince de Liège, électeurde Cologne , qui, comme son fr^e Pélecteur de .Salière, soutenait les intérêts dé là France, admit une garnison fraiiçaise dans la citadelle d# Liège et successivement dans tontes ses places .
Les Français et les Espagnols, qui s'étaient emparés de Limbourg, en réparèrent les fortifications et en confièrent le commandement au comte de Régnac.
La Hollande , TÂn gleterre et Tem pereurdéclarèrent enfin la guerre à la France le i5 mai 170a, et la malheureuse Belgique en est encore le théâtre. La Gueldre est attaquée. Le prince de Nassau-Saarbruck, qui commandait un détachement de larmée des alliés, forma le siège de Venlo^qui se rendit par suite d'une méprise. Les généraux quf commandaient le siège ayant fait sortir l'armée de ses lignes, firent faire une décharge générale de mousquets ie pour célébrer la prise de Landau par le roi des Romains. Les assiégés, croyant que c'était une disposition à une attaque générale, demandèrent de rendre la place, qui fut admise àcapituLer le a3 septembre. La garnison , qui èt^it de 1 1 60 hommes, fut conduite à Anvers» Le prince de Nassau
(a) Ce traité fut signé à La Haye le 7 septembre 1701.
HUITt&lCE ÉPOQUE. ^
emporU.au8si rapidement la« ville de Rifremonde , qai m sonnait le 2 octobre , et Im garsifloo fiatbmmenëeiLouiMiiB* Marlborough parait, et la grande armée, marche sons ses ordres, La ville de Liëg^ se rendit par capitolatloix, et la citadeUefut vigoureosement attacpi^ et emportée après un assaut général, dans lequel la plus grande partie de la garnison française fut» aelon les terribles lois de laguenc, passée au fil de Tépée; le leste, cpii était rédnît à deux mille Ginq.ceAts.hommes^ fut conduit i Maestricht. Le poste de la. Chartreuse se rendit le 3« octobre, et la garnisoaobtint U. faculté de sortir aTecarmeset jiaga|^ pottnétsemenée à Anvers. Marlborough, q)ài était derenis^le modérateur et l'arbitre de la grande alliance,, emporta Ja ville de Hni. Le baron de Spaar força les lignes des Français dans le pajade Waes, et le baron d!Obdam> général hollandais, qui avait voulu égalemenjt/orcer- celles d'Anvers, futbattn le 3o juin près d*Eeckeren,.par le maisécbaL de Bovfllets et le marqub de Bedmar, qui forcèrent le général hollah* dais à se retirer sousLillo , après avoir essuyé ntegtaiide pert^.
Le 8 septembre, Marlborough vint investir LimbouTjjp. Le {«rince de Hesse-Cassel eut le commandement des tron* pes du siège, et le baron de Trc^piiée , k direction des at* laqnes» La canonnade commença le a6 septembre, et la viUefut prise le aj. La garnison fut faite pîrisonnière. Le comtede Lottum, qui commandait les. Prussiens, était ar* rété devant Gueldre, qui, après un blocus de dix-hnil mois, et un bombardement de quinze jours^ se le 31 décembre.
Le fir^néral hollandais Ouwerkerke bombarda
70 HISTOIRE GÉJVÉAALS DI LA JSELGIQTJS.
succès la ville àh Namur^le a6 juillet de TAiinëesiiIvamte^cpilne présente dans lesPays-Bas que oetteopëration aussi peu impoTtante par aonlmt que par ses résultats* . L'électeur pritflui lei^juinc^oS^et lesalliés le reprirent le id juillet. Les Français avaient formé des lignes trèsétendues pour eouTrir le Brabant. Le 1 8 Marlborongh les força, et Tàrmée se retira sous Louyain . Les alliésprirent sànsxraistanceles^iUesdeTirlemont et de Léau et le fort de Sautvliet, donï ils dém^ireiitles fortifications. L'électeur termii^ la campagne,aux-Pays-Bas,par iaprise de Diestyqulfut emporté dans la nuit du 24aua5 noTémbre. La France accabla»» de revers, touche à sa ruine, qti*un camp'^rrible va ache^r. Les ariùées ennemies se reûconr tr^iiie ikimai 1706, )0t^ de lapentecftte, dans la vaste plaine •dèRamilUes, en Brabant, au quartier de Louvain. JLMlecteupde 'Bavière iêtle maréchal de Yiileroi comman* dnientrarmée âèFrance, et le due de Marlborougb, le duc -dB 'Wiriembèi^' et le général OuTverkerke, celle des alliés^ L'aile gauche des Français, couverte par là petite Geete, était dans une position où elle ne pouvait ni soute* i^r ni 4întanier Tattaque, Le ^uc de Marlbwough prit dottckpluagraiide partie de sa droite, qui lui devenait inutile, pour fortifier sa gauche. Létecteur et le maréchal an dontraire ne touchèrent point à leur gauche, et la droite eut deoelte manière, toute Par&iée ennemie à soutenir. Le trouble s'était emparé delà tête des chefs, et, par ûnesuitenatttifetlêi le découragement et le déisespoir, du odeur des'soMats* Ce» causes, jbitites à la niauvaise disposition de l'armée, causèrent la défaite et la d^oute tètale de l'arkiyéeïpaiicaise.
HUiniBIE ÉPOQUE. ;i
La nonfeUe de celle terrible débite porta la terreur dans firnsdles , et l'ëlecteur de Bavière abandonna œlte câpitide, dont les allies s'emparèrent le 2j mai. Le magis* trats'én^ressa d'apporter les defr de la ville au dacée Marlborougb, qui y établît, an nom dn roi Charles III, nn conseil d'état, pour l'administration dn pays, et le génë« rai Churchill, firère de|Marlboroagb, fat chargé dn gon»vetnement de la ville.
Après avoir pourvue la sûreté et k la police de la capitaie, le duc détacha un corps pour soumettre Aiivei%, oè il' y wfiEÔt six bataillons de tim^ies firançaisos et six de troupes e^gnoles. Le tnarquîs de Tarraoena, qui était gouverneur de la citadelle, déclara qu'il se soumettait i k domination du roi Charles III, et il resta dans la forteresse avec un petit nombre de troupes-; mais les Français ob-^ tinlnent la permisnon de se retirer avec quatre canons et desJL morUcrs*
'Les principales villes du Bribant et de la Handre-, L0uvain , Malines , Tirlemont , Lierre , GAkid , BMges; Âttd^iarde^ ouvrirent leurs portes aux alliés saos'diffiiBulté et sans ràiManoe.
Les alliés voulant profiler des avantages que leur don« naît la victoire de Ramillies , vinrent^ sote la conduite dn général Ouwerkeriie , Hiettre le siège devant CV tmde. La tranchée filt buveifte le ^^Sfuin, et la vdlfe ftet prise le 8 {oillet par ca]^tiilatioii« La garnison-, ^oi consistait en six bataillons français , éettX batâiUous espa-^ gnols et un escadron de ditag^ , eut la fiitalté de sor* tir de la ville.
Le duc, sans perdre de temps, résolut d^entrcfprendre
le siégedé Menin, qui fut investi par ti*ente-deiix batail-^ Ions et vingt-quatre escadrons . L'attaque fut aussi viveque la défense fut faible. Le siège commença le 5 aoât : la grande quantité de bombes qu'on jeta dans la ville, en détruisit, ou du moins en endommagea les bft timens : TbAj tel de ville fut entièrement ruiné. La ville se rendit le ii% août , et la garnison fut menée à Douai»
Ath fut assiégée le i6 septembre, et pris le ai. La garnison , composée de troupes espa gnôles >ét françaises , fut faite prisonnière.
L'arcbidue Charles^) qui, en vertu de la eesrion que ïempereur Léopold, son père, et l'archiduc Joseph, son frère, Icn avaient faite de tous leurs droits à la ooovonne d*Espag.ne, venait d'être solennellement proclamé à Madrid ,: où il était entré triomphant.
La reine d'Angleterre et les états de Hollande s'attribuèrent , sous le nom de Charles III, le gouvernement des Pajs-Bai, où ces deux puissances étaUirent un conseil d'âat , composé de naturels du pays , dont tous lea actea étaient expédiée au nom du roi Charles III, à quioepen* dant ce conseil n'était point soumis par le lien du serment. Cette commission , qui dépendait uniquement des puissances maritimes , était subordonnée à un comité , qui avait la dénomination de oonfémnce , composé de qudques députés anglais et hollandais, et transmettait au conseil d*état les. ordres des puissances maritimes,, sous la qualification de réquisition,
Marlbôrough , qui , aiilnt l'ouverture de la campagne, avait abandonné les Pays-Bas pour passer dans la Saxe, revint Tannée suivante dans ces provinces , où il partagea
H1IITJÊ1IB ÉPOQUE. 73
le commandeoieot avec le prince Eugène, ipii j avait amené nn- corps de troupes impériales. Le duc de Bourgogne , relève de Fénelon , fnt chargé du commandement de l'armée de Flandre , qui mcmtait k cent mtUe liomnies'; il a^ait sons ses ordres le maréchal de VepidAme. Le due de Bèurgogne était un prince plein de feu : 'tous les délais irrCtaient son impatiente ardeur» et le ducdeVendAme, qu'on caractère pluaXroid et une plus longue eipérience avait éolairésur Vétat et la conduite des affaires, tâchait de tenapérei*, par une sage lenteur et une eiroonspection raisonnée, la bouillante valeur du prince* Cette diifiSrenee de«aractëre fiit la source de la mésintelligence qui dlTisa ces deux généraux, d celte division fut la ciaùse des revers qui dérangèrent les» projets qu'où avait f<Mnnés« Si Yen* dôme fit des fautes pendant cette campagne, il fiaut oon* venir , dit le plaident Hénault , que les contradictions qull y éprouva, ne cm&tribuèrent pas à les réparer. Leduc de Bràrgogne , profitant des intelligences que les Français arvaieni pratiquées dans Gand, s'empara de cette ville par surprise , le 5 juillet. Le comte de la Motte , de son cAté« s'était emparé de Bruges le même jour.
Les gàiéraux des alliés , dont un accord de principes, de^sentimens et d'intérêts dir^eait les opérations, n'attendaient que lemoinent de déployer leurs .forces. Le duc de, Bourgogne cherchait avec une ardeur précipitée l'occa* sion de signakr son courage, et le duc de Vendftme Tévi* tait avec] un soin' étudié et en quelque sorte a£fecté« Les années, séparées par la Dendre, étaient occupées à s'observer et à se côtoyer. Les allia, las enfin de cette ennuyeuse inaction, ayant passé le 10 juillet cette rivière à Lénines, gagnèrent, par une marche forcée, la ville d*Au-
^ HISTOIRE GÉKÉRAIX Ml LA BELGIQUE.
dcnarde, ict paMèrettt FEscaut j qui partage cette TiDew VÎBBdftiMr, ^i, poar éviter mn engagement, avait fait^ Qffave :{MMMr kflenve i «ne (nlrtiede fon armée, ti<oava«e qu*ilclKrèhaSlàëv«ter. Leotx'pf de8alliëB,qtti avait traverse- AhàeÈBadei atteignit et «ttaqoa celai dea Français, qni fffait!t«»veraé -Grav^, tt VendÀBie fut obligé de aoiftcmr le choc .: lé reste des4dax armées joignitmeessanmient le»; trevpeff^scnipaéti, et raetidndks^Nit générale. L'engn* gement, qui commença à Jkm heures , fntei précipité, que ni lès uns ni i les autres nWrept le» temps d'amener le«r artillerie ; maisJeoonKbat n'en fat peut-être que plua sanglant. Les Hollandais , qai avrivètent plus tard, ayantattaqué Tcurboée française en flanc, lui causèrent ^la pins grande perte. Les Anglais, qui étaient particttlièvement irrités contre la France, pane qu'elle voulait leur dsMDiisrJe prince de Galles ponr roij se bsfttirentavBcle plue violent aclmnîement, et ne vodhirent ni reoevoir''n{' denner^quartier. La biataille ( 1 1 juillet 1708) ne finit que dans la mitt. Les Français fiàvent complètement battuis : ilalaissècent environ* quatre mille iabrts, oinq mille Ue»> ses , huit mille prisonniers , trente^uatre étendards et vingt*cinq drapeaux pris pariles Hollandais. Les Français, échappés .au carnage , se rettrérent pendant la nuit , en piEirtieià Gand , eàpartieà.Townai , et la\perte quHls firent dans oe<;te tn^iHihe , fut plus grande que celle de la jôuriiée. Les pidces et les chefs qoi s'étaient retiré» à Gand ^vinrent- avec les débris de leurs tvenpeSy*^ avouent enivi'oett& route , caiiiper â 'L<yfeiidég(kem ,iiùr le canal de Gand à'Brage». . •
Le duc dé Vendre ^ qui ^voyait antantqu^ crai«> giiait' les Acheuses suites 4e Mtte dériyote, renlbrça les
. HOnÈME ÉFOQOB. 7S
gàtuitOMB de Lâky4'Y'pres et ée Tonnai. LetalUéi» animés pur leim sMcès, enlreprirent le siège de Lille. Las Fraoçaîs, qui étaient maitres.de Gand , de Bruges et de Tauraai » avaient de grandes (hciiités pour déranger les opâpatiotts da siëge , pour intercepter les convois et pécher les secours. L'avis de YendAme était d*attaijner tonte TannéB des assiégeans; mais œt avis, qni pent«étie était lendé* puisque cette armée était inférieure i celle cles;Fraii$ais , ne fut point adopté.
Cependant les Eranpais avaient occupé tous les passa«ges « ;et ies afliés ; par Teilet deoette mesure ^.eommençant à manquer de sufasistancea, pensaient d^à à levor le siège. Legénéral-major Web tenta néanmoins de ienr amener un tonvei d'Ostendeet le comte de la Motle , qui futdiar* gé deJ'enlever, l'attaqua sur sa route à WinnendaeU oà il iîlÊ complètement battu. Cet avnntage^ qni ravitailla les aUi^ tfrf: «fEûbUt les Français, accéléra les opérations du siège ^ la Tille se rendit le a3 octobre , et la oitadeUe le B décembre* Le manëchal de Bouffler», gouvernent de la Flandre, quidéHendaîtees den places, s'im* mortalisa par sa beile défense ; elle lui mérita Taffection de ees concitoyens » Festime de ses ennemis et les'réeompensesde son voi: Elle lui valût la dignité de pair de France , et à son ^s ; la «urvivance du gouvemementde Flandre.
Vendtme , pour «^ dédommager de k peite de LUe, avait, dans le temps même du siège ( car il prévoyait assea qu'^e serait «nportée ) , résolu ^attaquer Bruxel* les , pour empéoher lerelottr des ennemis dans leur pays , et il avait cbtergérélèeleur de Bavière d^ celte entreivise.
Ce prince, ayast saisMe teinps.où les alliés pressaîenlr ttêiégjs de la citadelle de Lille ^ investit- Bruxelles le aano* vembre et Tattaqua {>ai* neuf endroits di£Gfrens; mais cette expédition , qui eût pu opérer une diversion très-avantageuse dans le mois de septembre,, où les ennemis étaient assez occupes, devant Lille^, devenait une combinaison non*seulemen<t inutile , mais danugereuse , dans unr knome&t où Eugène et Malbourougk pouvaient iy porter; Ces deux illustres capitaines s'empressèrent en effet de déconcerter le projet d£ l'électeur; et après avoir passé TElscaut le aj[ novembre avec une partie de leur armée , ils.s*avancèrent sur Bruxelles , et forcèrent rélecteur k lever le siège avec précipitât ion t.
Les. vainqueurs , profitant de la consternation où tant de revers avaient jeté les Français, vinrent former le siégé de Gand ^ qui se rendit le 3o décembre. Le comte de la Motte en. sbrtit^ le a janvier 1709., avec sa gar* nisoa, qui était de quatorze cents bommes , et fut conduit à Tournai'». Les Français avaient consenti par la. capitulation de Gand à abandonner Bruges, Où les alliés rentrèrent aii comfcnencement die dette ahnée^
Les calamités d'une guerre désaiistreuse avaient ptcMigé la France dan^Ja plus effroyable détresse , et les hor-^ reurs d'un cruel hiver mirent le comUe^ à* 1a mi^ sère.
Le fier Louis XTV qui , en 1672 9 avait refusé aux Hollaildais avec tant de hauteur des conditions raisonnables» est rédmt à implora de ces mêmes Hollandais une paix humiliante. Il envoya successivement à cet effet le président Rouillé et le marquis de Torcy i
irciTIÈHE ÉPOQUE. ;7
Xrfi H^ye , pour y proposer d^ coadilîoqs 4 qui ne présentaient anx allies que des fiicilitës et des avantages ; mais les Hollandais , irritas de leurs matix passes , enflés de leurs succès prësens , ne firent aux envoyés français « par Vorgane du pensionnaire Heinsins, au nom des alliés^ que des réponses dures et des refus humi-' lians.
lies ministres des alliés , qui avaient été envoyés i La Ha y« avec des instractî<ms très*amples , formèrent un proyat , qu!ils présentèrent comme un préliminaire indispensable y dont ils exigeaient que Ton convint avant d'entamer des négociatlonsultérieures. Ils voulaient « que » le roi de France reconniAt le roi Charles , pour unique » et véritaUe roi de toute la monarchie d'Espagne ; que , vdans deux mois » le roi s'obligeât à faire en sorte que le » dnc d'Anjou , son petit*fils , quittât VEspagne , et res- « tituftt de bonne foi tout ce qui dépendait de cette mo- » oarchie , «dont aucune partie ne pourrait ^tre unie i » la couronne de France , -sous quelque' prétexte et k » quelque titre que ce fût; qu'il reconniiitraiC la reine a Ai^tepourieule et véritable reine de la Grande-Breta- « gne, et la succession de cette couronne dans la ligne » protestante; qu*il ferait raser toutes les fortifications » de la ville et du port de Dunkerque, sans pouvoir les s rétablir; qu'il ftt sortir de France celui qui prétendait » être roi de la Grande-Bretagne , Jacques .II ; qu'il cédAt « les villes de Fumes , Tpres , Wameton , G>mines , » Wervick et le fort de Knock , avec leurs dépendances, » aux états-généraux en toute .propriété, et les villes de » Lille , Tournai , Condé et Maubeuge , pour y tenir
7S HISTOIRK QJtNÉRALE 0X LA BELGIQUE.
« gamkon et pour en former avec le reste des Pays^^Bas' »e^gnols uae barrière pour laaârelé de leurs provin* » ees ; qa'il rendit toutes les ^a^cfis de ces. mêmes Pays* » Bas qa'ii avaU prises sv la courOone i^'Espagn^ , dans » Tëtat où elles se trouvaient alors ; (fa!'û resUtuât , avamt B le terme de deux mois, pendant lescjnels il y aurait un B armistice , les villes de Namor , Mons , Charleroi , B Luxembourg , Cond^ , Touràiii , Manbcttgé , Kieu- » port, Fumes, Tpres , Dunkerque.» Sftrasliour^,eèe. * . Ces articles, aprè^ une vivo dîaonssion,^ fièrent enfite acceptes par. les plénipotentiaires français , qui cëpenik^fc ne les signèrent point , piarce qu'ils y mirent la rësèvve de la ratification du roi, au défaut de laquelle la convention serait considérée comme nulle. Le roi eu fut îndi* gué, et refusa positivement de ratifier l'ouvrage de ses ministres , dont il désapprouva hautement la eon* dttite.
Le roi, ^rès avoir tenté une* démarehe qui' n'avait aboutiqu'à déceler fiia faiblesse ^ fut obligé de se résoudre àcontinuer lagueirre* Les alliés,, qui avaient très-aisémcjBt aperçu catt^-faibl^sfie sous le masque de grandeur appa« rente dont kiroi awaift tftcbé de la couvrir,cIiercIièrent,dès lecommenoc^eut de la campagne, Foccasion d'engager une action, avec. d'antaoDl: plus d'empressement, qu'ils ^ comptaient qu'elk serait décisive, dans la confiance, dit unbistorien, que la plupart des troupes de France, étant composées, de gens de mauvaise volonté, tira an sort dans les provinces, elles ne Seraient pas leur devoir comme de vn^ia soldats de ppofes»on. Le maréebal de Villars, qui commandait l'armée firançaise, avait su si prudemment
œmiwL ÉPOQVi. 99
disposer sob oamp, ^e lei allies farent Tëdoitsi fiuiv le siège de Tounai, dent Mariborovgk eut la principale di« reclion. La ^iUe était tiès-bicii fortifiëé^ et trè$-bien àt^ ieodue; cependant , parle moyen de cenipiioei decano», la TiIle fut forcée de se rendre le ag jdillet, etla eitàdidk^ Iea3 septembre. La garnison, qaiconiMlailen troiaiiiHfe huit cent trente-sept soldats, et quatre cent qwmnte officiera, sortit avec les honnenrade la guerre ,à conditioa(c[ue le roi de France renverrait incontinent le' niém« neaiftM d'officiers et de soldats. L'évAjnede Tournai (a) refasa'àn prince Eugène de faire chanter le Te Dtum*
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«iitA9Svaa VBaii«]i«^]Mivsiattiib
ÉUbUsaenieiit «Tun eomeit »ùMvtrtiin k Tottniftl. •— OrgSBÎMtîott (odicMire du pays soBfnif.— Leconaeil de Xonnni és^ «à parkh nenl» #
TouAHÂi avait été pris le 2i4iain i669,etaja]nois^< vril suivant , Louis XIY y établit un tribunal sonsJ^ tftre de conseil sout^eraiià , tant penr U villa de Tournai et pays de Tounaisis., q^ peav les antres viUes , bailKages, cbât^enies concpûs par les armes françaises pendant la dernière campagne aux Pays*Bas. Ce conseil fut composé d'un premier piésident , qui savait en mém^^ temps garde des sceaux , d'un antre président , de sept conseillers ,
(a) RanéFnoçoif da Beaavaaada
«o HISTOIRE UÉNÉRALB DE LA BELGIQUE.
d'un procureur r général i d'un greffier» d*un.premier huîs* fier et de quatre autres huissiers^ tous choisis. pariui les gens du pays , afin , porte lacté d'érection , que par la .connaissance qu'ils ont des lois et des coutumes du pays , la justice qu'ils rehdront aux peuples, soit mieux rendue et d'une manière plus conformé à leurs mœurs.
Les officiers de ce conseil eurent dans la suite le droit de porter la robe rouge dans toutes les assemblées et cérémonies publiquesj(iB»} , et de prendre séance dans les hautes chaires du .chœur* de l'église cathédrale {b). »
Comme Gharleroi , qui avait été pris le a juin de la même année 1667, et cédé à la France par la paix d'Aixla-Chapelle de Tannée suivante , n'était guère habité ni au dedans ni au dehors, le roi, par lettres-patentes du mois d'août suivant, pour engager les étrangers à s*y fixer, leur accorda l'exemption de toute espèce de contributions, gabelles, droits et autres charges, comme faire le guet et la garde, et leur dpnna les emplace- Tiens nécessaires pour y construire des b&timens, et fit élever aux frais du gouvernement les murailles du devant des maisons»
Un grand nom'bre d'étrangers , attirés par ces avantages , ne tardèrent pas à venir s'y fixer. Mais dans cet état de choses , il survenait journellement^ comme il est aisé de le comprendre , des altercations et des différens entre les anciens habitans et les nouveaux venus, qui avaient bfcti des maifeons tant dans l'enceinte de la ville.
(a) Lettres patentes du mois d'octobre 1671.
{b) LeUres de cachet du 6 janvier 1675.
HUtTlÈME ÉP(K>UB. 9c
<(«e dans le» fimbonrgs ; et comme Cbarlerot n'avait pat de, tribunal m de jtigef , €t que le toi n*amt awiietti les habltam i aiieone iuridiction voisine , le eonatil d'tftat ^ an nom du roi , par arrêt du 0/6 septembre 1670 , ordonna qoe les babitans de Cbal^ieroi et les étrangers qvi «étaient venus y demeurer, se ponrvnsseni en prBmiire instance devant le )nge- royal et ordinaire^ eivil et eri* minel de la ville et prëv6të deBoMbe, povr tontes les canaes <jn'ils anront l'un contre Pantre en matière civile , criminelle et réelle , poor itxe jngës snif ank les oootnmes locales , Acbarge qneles jagemens rendus pir ces jnges » seraient portés en appel an conseil souverain de Tournai*
Les pays qni avaient été cédés à la France par les traita des Pyrénées et d*Aix-la-Gbapelle , et ceux qui avaient été conquis depuis , étant très-peuplés et très*étendns « fonnèrent un gouvernement de province sous le titre de Flandre , dont Fadministration (ut confiée k un gouver^ nenr et lieutenant-général. Les lettres patentes de cette érec^on sont datées de Landrecie, le 4 juillet 1676 (a)«
Pinr nue lettre du 7 mai 1678 9 le roi ordonna que lei appels du conseil de Flandre « séant i Gand, fcttsent éigalement portés au conseil souverain de Tournai.
La France acquit de nouvelles possessions par le traité
(a) Les lîeaz compris dans ce gooTememenl eUîent Gravelinctt 8t Venant , Boarboarg , Berg-St-Wînoc , Farnet et lenrt diâteUealet; Lille. Donai • Orchiet et leurs chétdUenies ; Courtrai. AudenardeyAth et leurs cUtellenies; Tournai et le Tonmesîs, Conde\ BûQchain et sa preVdt^; Charleroi , Philippeyille , Mariembbarg, Bîncbe et les dépendances de ces tilles et de lenrs préy6tes et cbÂtellenies.