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"Piis et alliance de PEspagne arec l'empereur.— Alliance de la France ayec rAngleterre et la Prusse': la Hollande et}a Suéde j accèdent.— Traites de Sérille et de Viennes les HoUaudaïay aecMeat.
X»E renvoi de Tinfante avait vivement Llçpsé le roi d'Espagne, qui, pour s'en venger, fit n^ocier secrètes ment fav son miniàtre, le duc de Riperda , une paix particulière avec l'empereur , qui fut signée à Vi^ne , le 3o avril ijxS , par lequel ( art. 4 ) '^3 deux monarques se promirent une garantie mutuelle par rapport i ism^ les vaisseaux des deux puissances qui pourraient être pris on attaques par qui que ce fût, soit en -deçà , soit au-delà de la ligne , avec un engagement exprès de venger les torts et les injures <|uecliacune des deux parties pourrait avoiv souffertes de ce cbef. Cet artide regardait très-clairement le maintien de la compagnie d'Ostende.
Cette alliance entre l'empereur et l'E^Migne produisit , comme cela arrive ordinairement , une alliance contraire, signée à Hanovre , le 3 septembre ijaS, entre la France, l'Angleterre et la Prusse. Ces trois puissances se promirent ( art. 2 ) une garantie réciproque de tous Us
i4a HI8T0IU GÉVÉBALS OB LA BELGIQUE.
éUto, fmfÈ et TÎlleSy tant en dedam fja'en dehors de l'Europe, doAt cbacoa detalEéi était en pOMeasion ao temps delaiifputnedeoettealUânôe^ aussi bien<iiie deadroiu, inunnnilA tet avantages , et en parttcQlier de eeax qni regardent le commerce dont les alliés jouissaient on devaient jouir respectivement.
La Hollande accéda i ralliance de Hanovre, par nn acte signé A La Haje, le 19 août i^u6 Les alliés ajoutèrent à cet acte d*accession, un articFe séparé, par lequel ils garantirent aux Hollandais les droits résultans des articles 5 et6dn traité de Mui)ster,conun^eompris dans la garantie général* des droits aliptdéspàr l'article adutraité de Hanovre; ils garantirent également la jouissance du subside de la barrière et le paiement des capitaux et desîntérél8 affectés sur les Pays-Bas autrichiois, dans le cas où, en.baine dé cette alliance, l'empereur voudrait suspendre on retenir ces paiemens.
La Suède accéda 4 son tour i cette ailknce par acte
datédeStiàckbotm, le i4mars 1727.
Toutes ces alliances forcèrent enfin Tempereur a renoncer i l'établissement de la compagnie dt>Bteude. Cette aflkifè fut cependant traitée et terminée par la voie des négociations. Les articles préliminaires fnrent signés i Paris, le 3t mai suivant. L'empereur 7 déclara ( art. i ) « que le commerce d'Ostendè, ayant » excita la 'jalousie et les inquiétudes de quelques vot- « sins, il consentait, pour la tranquillité de l'Europe, à » suspende , pour le terme de sept années , Poctroi ac* » cordé k la compagnie; que tous droits ou possessions de- N meureraient , sans atteinte à ceux des parties contrac-
iitanUs, qui en joiiissaîenten vwtudes IfaitésdlUtredhtv » de Bade, de la qigadjraple allianeof' et des tcaîtéi «pi j»avaiaait précédé ramiée 1725, leBtfoeh ne regnàkiant ni 1 empereur ni les étata-géaérai)x ?qiie, si cep^i&dMrt il j a;vaiteu dadtajugemeiit à régGunddeceipo6fli»ioM< on, disottlendt et on déciderait au :oett§tèa à fatt^e, lél changemens anrités; qa'qi ooDaécp i ew cc v t<ni9let|Mrivi^ lëges de commerce, tant en Europe qu'aux Indes, fo»^ àé» anrdl^s.ttailéadont les nations, t^nt firançaise) qsi'an' glaise et hoBandaiae jonîssaienfe préoédemment» eewaietit rëtabUs ooime ils «raient M téglëapsif les Hvités vnié^ rieurs 4 l'aft igKi5i » ^
Le traité aigifté fbSéiîlIe le %i nofembre 17*9 , ao^^ quel interrinKent karois de France, d'An gleteneeft d^fis^ pagne« et auquel accédèrent les états^guteiéniiiic, régla ktt prîncîpann peânAs de ce long différend, en^ ftivenr de' e^ derniers, aiixtfivmes de racted'pooesstondan^tofjefej'l^ xoia de France et d^Angleterte confimient et' r^nou^l^ lenJl^i en consicUcaAkin dfe,lenrs baates paîasimees,' t»bi ië§ en gagemens ovbib étaient pacécédoïkinient entrés^péor pix^ euEer k U répnUiqna nne entiàrtf satif faction sui? h nor^ gation et lecoitimuBriBe dé la compagnie «POstende etn^ny^^ des ; et le roi d'Espagne, de son tsMé, ^entre danisces^ttr^' ratigemen^* Touië cette contesta tioitfiiten6ntermiilëë par le.tKtiifté) cpndik à. Tienne^ le t& mars 1731^ ehfl^ Lempeaenr et Ifi) voi d' Angleterre : les étata^génétvtit'y* sont nommés/oonsne partie prin^^paloé Lea Anglais et 'tes HoUandaiay sMnnnrent TindivisUrilîté des états dfelb' maison d' Antricbe (a) , çpmme essentielle pour le maintien
(a} CetI robi«ti1e la pngmatiqiie-sanctioii deCharles VT, piibtîcc :i
i44 HISTOIRE OÉMÉRALfi DE LA BELGIQUE.
de Tëijailibre de TEurope, et par l'article 12, ils s'engage* rent â la garantir, à condition que Tempexeur se dëcide*rait à sacrifier la compagnie d'Ostende, qui fut suppri» mée par larticle 5 , portant que tout commerce et nayigation aux Indes orientales dans toute Tëtendue des Pays-Bas autrichiens et des pays qui étaient sous la dot mination de TEspagne, au temps de Charles II, est aboli à perpétuité.
Les Hollandais, qui furent incités i^aceéder à ce traité, élevèrent des difficultés sur le sens des conditions. Ils in* sistèrent particulièfement sur un point : ils exigeaient que l'interdiction de tout commerce des Payp-Bas aux Indes orientales fût étendue aux Indes occidentales. L'empereur alléguait avec raisbn qu'il serait inconvenant de prendre une détermination sur un point qui n'avait pas été agi-* 1;é. Cependant comme l'adhésion de la Hollande était es* sentiellement nécessaire pour donner au traité de Vienne tout son effet, l'empereur et le roi d'Angleterre imaginé* sent un expédient qui décida les Hollandais i accéder à ce traité. Les parties contractantes convinrent donc, qu'il serait stipulé que, quant aux Indes occidentales, elles se conformeraient de bonne foi à la règle établie dans le traité de Munster, pour toutes les conditions qui concer* nent le commerce et la navigation des mêmes Indes. Ce* pendant cet expédient ne décidait point la question, puisque c'étaient les interprétations opposées des articles 5 et 6 du traité de Munster, qui avaient fait naître cette in* terminable contestation. Mais les Hollandais, croyant que
Vienne le 19 avril 1713, et qui fera la matière du chapitre sniyant. Ainsi Jaflbire de la compagnie fut liée k cellede la pragmatique.
les denz cours proposaient, renfiermait implioiteiiieBt une interprétation de ces artides, favorable a leur système et i leurs intérêts, accédèrent an traité de VîeQiie,*par4m acte daté de La Haye, le do février lyia* ijet acte fut dressé snr ce pied , et joetie fameuse oaiitestation fvt terminée*
Il w II m, i hi.i^ \ Il p iii i i ii, ,ni , iii i
Pngmati^fl-SaocUon deClurIci yi.
L'aiiPBaBiTR Charles VI , voulant par .une nge {prévoyance fixer sur un pied stable Tordre de succession dans sa maison, fit publier à Vienne le 19 avril 1713 , la convention connue sousle nom dej^ragmatigue-sanotion , par laquelle il statua que la succession de tous ses pays héréditaires serait conservée à perpétuité en une ^nasse indivisible pour échoir selon ,1e droît.de prin^ogénituse etj'ordre de successioju linéale, à ses d^so^nd^ius mâles ; a leur défaut , aux archiduchesses , ses fiUets , également suivant Tordre de primogéniture, et qu'au défaut de des. cendans légitimes de Tun ou de l'autre sexe , le droit de succession écherrait aux archiduchesses filles de Tempereur Joseph et à leurs descendans de Tun ou de Tautre sexe , tou)ours selon le droit de primogéniture; etqu'i^uijléfaut de ces deux lignes, la succession passerait aux archiduchesses , sceurs de l'empereur et à leurs descendans légitimes dePun et derViautre sexe , et successivement à toutes les
Yll* 10
i46 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA RELGIQUE.
autres lignes, selon ledroit de prîmogéniture de chacune* Cet acte mémorable resta déposé dans les archives de Isk maison impériale comme un pacte de famille , et ce ne fut qu'en 1 7 24» V^^ l'empereur le fit recevoir comme loi fonda « mentale de l'état, dans tous les pays de la monardiîe autri* chienne.Les états desPays-Baslacceptèrent par desconsen* temens écrits , en suppliant l'empereur de le faire publier pour être observé comme loi irrévocable. Il le futenefl^t l'année suivante à Vienne et à Bruxelles. Dans cette dernière ville, cette cérémonie fut accompagnée d'une grande pompe. Le 1 5 mai, le comte de Daun, gouverneur-général provisoire^ assembla dans le grand salon du palais, les chevaliers de la toison d'or, le conseil d'état, les gouverneurs des f»x) vinces et les députés de tous les états , et l'y fit proclamer solennellement.
Ce n'était pas assez. Il importait à la tranquillité de l'Europe que cette constitution fût garantie par les principales puissances. Mais ceux aux droits de qui elle était préjudiciable , voyaient de mauvais ceil que sans les consulter , Charles VI voulût qu'une loi particulière les liât tous au point de les obliger à sacrifier leurs intérêts, et ils prétendaient prouver que Charles n'étant que simple usufruitier de la plupart de ses domaines^ il ne devait et ne pouvait en disposer. Il employa donc tous les moyens et tous les ressorts qu'il crut les plus propres à les amener & son but. Dans les négociations qui eurent lieu à Vienne en 1731, ilp(romit, pour obtenir l'adhésion des Hollandais et des Anglais, de faire cesserpour toujours tout commerce et navigation aux Indes orientales dans toute l'étendue des Pays-Bas autrichiens et de tous les autres pays qui
HUITIÈME ÉPOQUE. i \j
«étaient sou« la domination de TEspagne , au temps de Charles II (a).
Maisc*ëtait8urtoutracceptation des princes de l'empire <[ue Charles désirait obtenir. Après qne tous les grands intérêts qui étaient Tobjet des négociations du congrès de Vienne, eurent été ainsi terminés, l'empereur fit représenter à la diète de l'Empire « que comme la puissance de la maison d'Autriche avait toujours servi de boulevart à la chrétienté et au maintien de la liberté de l'Europe, chaque état devait reconnaître que de la conservation entièreet indivisible de cette puissance dépendait non-seulement la sûreté de l'Europe en général, mais aussi le bien et le salut de l'Empire en particulier ; que le dessein de l'empereur n'était pas d'agrandir sa maison par cet ordre de succession, mais seulement de conserver pour lui, pour ses héritiers et descendans de l'un et de l'autre sexe, dans un état indivbible, lesroyaumesetpays héréditaires qu'elle possédait actuellement ; que cette aflaire devait rencontrer d'autant moins de difficulté , que l'ordre de succession dans la maison d'Autriche était fondé depuis plusieurs siècles sur des libertés et des privilèges acquis avec l'approbation de l'Empire et confirmé par des engagemens et des acceptations réciproques ; que bien loin qu'on dût craindre de cette garantie quelques inconvéniens pour l'avenir , il n'y avait pas de moyen plus convenable et plus sûr de prévenir les troubles qui pourraient survenir pour ne pas avoir pris cette précaution 3 qu'enfin il regardait ee consentement de l'Empire
M V»y«i U cha|iitre préoëdcDt.
i48 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA BELGIQUE.
Il comme une reconnaissance due à raffeclîon qu*îl avait » toujours témoignée, et qu'il conserverait toujours pour » les électeurs, princes et e'tats de TEmpire. n
Les collèges furent extraordinairemcnt assemblés pour délibérer sur ce grand objet. Xe plus grand iiombre de suffrages fut pour la garantie, que Ton trouvait conforme aux lois et siux constitutions de rEtnpire. Les ministres de Saxe, de Bavière et du Palatinat furent à uiie opinion contraire,* et votèrent contre la galràntîe. Ils demandaient au tiôm de feurs cours que Tehipereur s'expliquât positivement et catégoriquement sur les obligations auxquelles cette gkr^antie les engageait. Ils prétendaientqù'en garantissant la pragmatique-sànctibn dans toute son étendue, l'Empire se trouverait indispensablement engage dans toutes les guerres auxquelles pourraient être exposés les états et les pays héréditaires de la maison d'Âùtricbe, même ceux qui de faisaient point partie du corps germanique. Tels étaient les motifs sur lesquels ils appuyaient leur refus. Mais ces raisons n'empêchèrent pas la diète de prendre, à la pluralité des voix , une résolution, qui fut communiquée au principal commissaire de l'empetetir.
Cette liésolution portait en substaiice, que comiàle l'empereur souljaitait que les électeurs, princes et états de l'Eimpire se chargeassent de la garantie de l'ordre de succession établi dans la maison d'Autriche , le i g avril ry r3 ; lesétats, après avoir mûrement délibéré siir cette importlante affaire, avaient résolu de remercierS. M. de ses soins paternels V pour éloigner tous les dangers qui pourraient troubler le salut, l'honneur et la sûreté de l'Empire, et d'accepter la garantie demandée conformément a Tar-
HUmÈM£ ÉPOQUE. ifS^
ticle^a du traité conclu entre Tempereur et rAngleterre. Les ministres des électeurs de Bavière, de Saxe et du Pala* tlnat, ne voulant pas dévier de leurs principe;, protestèrent contre cette résolution ; mais les ministres des autres électeuri i:^ voulurent pas recevoir cette protestation et ne permirentpas qu'elle fût insérée dans les actes de rEmpîre.
La France fut la plus lente à se décider sur cette matière, qui fut fortement agitée au. congrès de Vienne en ijSS» dans les négociations qui eurent lieu entre Tempereur et la France; et ce ne fut qu'après de longues discussions que les grandes difficultés que la France avait élevées à ce sujet, furent enfin aplanies. Les préliminaires de la paix furent signés le 3 octobre i^SS. Ils portaient entr'antres que la France garantirait la pragmatique -sanction de Van 1718; mais elle eut tant de peine à s'y décider , que le traite définitif ne fut signé que le 18 novembre i j38< Il avait pour basp les trai|;és de ^estphalie, de Nimègye, de Riswyk et de Sade. C'est par le dixième article que le roi de France s epg^gea i cette garantie , et cette disposition surtout avait fait regarda* à Charles YI ce traité comme très-avantageux ; mais , dit un judicieux historien , ne savait-il pas que tous les princes, dans tous les temps , n'ooJt)amaîs préte^du s'epgager à la garantie d'une loi, qu'en supposant qu'elle ne peut ou ne pourra pr^judicier i leurs intérêts? Et c'est en effet cette pragmatique , si solennellement gairantie , qui va bientôt susciter une guerre nouvelle qui embrasera l'Europe.
i5o HiSTOIRS GtiNÉBALB DE LA BELGIQUE.
MÔBTcle rempereur Charles VI; M&rîe-Thërèse lui succède: ligue contre cette princesse : elle est couronnée reine de Hongrie. — Le duc Charles de Lorraine, gouyerneur des Pays-Bas. — La reine va demander le secours des Hongrois. — ^Inauguration de la reine: laFrance lui déclare la guerre. — Hostilités dans la Flandre. — Campagne de Courtrai. — Le duc Charles passe le Rhin. —La Bohême est prise, et délivrée. — Mort dé Tarcfaiduchesse Marie- Anne. — Mort ^e Charles VIL — François 1er est couronné empereur. — La guerre recommence. — * Siège de Tournai. — Bataille de Fontenoi. — Conquête de la Flan-
' dre. — Prise de Bruxelles. Reddition de Malines et d'Anvers.-^ Prise de Mons, de Charleroi et de Namur.—Bataille de Raucoux. — Soumission de la Flandre hollandaise.— Bataille de Lawfeld. — Prbe de Bergop-Zoom. — Préliminaires de paix: armistice. — Reddition deMaeatricht. — Paix d^ Aix-la-Chapelle.
L*£MF£ft£tjR Charles VI , dernier mâle de la maison d'Autriche, mourut a Vienne, le ao octobre 174^, «t laissa à Târchiduchesse Marie-Thërèse , sa fille ainëe , âgée de vingt-trois ans^ un trône environné de précipices. Cette succession ne pouvait lui être légitimement contestée, étant fondée sur ledroit naturel et sur le droit positif. La nature lui donnaitrhéritage de sonpère^ et la pragmatique-sanction le lui garantissait. Mais depuis deux cents ans, là. grandeur autrichienne faisait ombrage à toutes les puissances de l'Europe : c'était là le sujet de leurs alarmes etleprincipedeleursrîvalités. Cependantil fallait un prétexte pour appujer leurs prétentions, et un moment favorable pour les manifester.Cet instant est arrivé,et la mort de Charles YI offre une raison assez puissante pour pa*
HUITIÈME ÉPOQUB. tSi
Ker rinjnstioe de leurs desseins. Tout 8*arme, tout se dé« chaîne contre la jeune princesse. La Bavière , la Saxe et r&pagne donnent le premier signal de ce tumulte sanglant qui va troubler le repos de l'Eure^. La France , saos aucun motif d'intérêt , sans aucun désir d'agrandissement , ne cherchait , en joignant ses forces à celles de ces puissances , qu'à abaisser une maison qu'un ancien préjugé d'une fausse politique lui dépeignait comme une dangereose ennemie , comme une fière rivale , dont elle devait affiiiblir le pouvoir. Le roi de Prusse , qui prévoyait la confusion générale dont l'Europe allait être agitée , portait le fer et le feu dans les provinces autrichiennes ; etdéjà, sans qu'on eût eu le temps de le prévoir , ni même de ]e soupçonner , il avait enlevé à la fille de Charles YI la. Silésie , qui était une des plus belles portions de son héritage. Mais pour que la fortune lance tous ses traits contre cette infortunée princesse , il faut encore que ses sujets , jadis les plus fidèles , joignent leurs efibrls à ceux de tant de nations conjurées^ pour briser son sceptre et renverser son trône. Tant d'orages accumulés sur sa tête ne lui font pas oublier les devoirs de l'héritière du trône des Césars : elle sait employer , pour soutenir ses droits et sauver sa gloire , toutes les ressources que son génie et son cœur oi&ent à sa politique : elle s'attache à gagner l'affection des peuples confiés à ses soins , par des actes réitérés de clémence et de bienfaisance ; elle pai*vient par sa bonté touchante , à rendre chère au peuple la majesté souveraine, que la fierté de ses aïeux avait quelquefois rendue odieuse. Les Hongrois , ces Hongroijs si fiers, si revèches , touchés à la fia par tant d'héroïsme et de
i52 ' HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA BELGIQUE.
IxAitë, viennent déposeï toas leurs ressentimens aux piedâ d*uBe princesse qu) fotce totis les cœurs à la soumissionp par lamour qu'inspirent ses vertus. Elle profite de cette > heureuse circonstance pdur exécuter ses grands desseins ; elle vole à PresUourg , où , au milieu de l'enthousiasme universel que son aspect fait naître , elle est couronnée reine de Hongrie , aux grands applaudissemens de toute la nation ; el; pour compléter la gloire d'un triomphe sil^iisolant , elle y ajoute celle d associer son auguste époux au gouvernement de tous ses états ( a }.
Tous ces embarras et tous ces soins ne l'avaient pas empêchée de pourvoir à l'administration des Pays • Bas L'archiduchesse Marie «• Elisabeth ^ aprës avoir gon* Terne ces provinces pendant seize ans , avait terminé sa carrière le a6 août 1741 9 ^^ château de Marimont, et leduc Charles de Lorraine , (6:)'qui avait été adjoint à cette princesse , dans le gouvernement des Pays-Bas, étant retenu en AUeniagne par les événemens de la guerre, fut provisoirement remplacé par le oomte Frédéric de Harrach.
La situation de la jeune reine de Hongrie présente dans ce moment le plus affligeant spectacle.
Le tr6ne de Charles YI ébranlé jusque dans ses fondémens; ses états exposés aux invasions des ennemis conjurés contre sa fille ; la Silésie inopinément envahie ; la Moravie cruellement ravagée ; la capitale de l'Autri-
(a) L*acte de co-régence est du 18 février t74i*
[b) CTharles- Alexandre 9 douzième enfant de Lëopold I9 duc de Lorne,et de Charlotte-Elisabeth de France,fille dePhilippe,£rére unique Louis XIV, uéàLuttevilIe, Ie*ia décembre 171a.
mnxtkws, époque. 153
clie menacée ; Télecteur de Bavière vlctorkuz , tous les re^ev9 lénois accablent cette princese si grande et si dë« laissée. Dans cette afireuse extrémité , qu'il est beaa de ▼oir une jeune princesse dans Tàge de la frivolité et des passions, braver tous les dangers par son courage « et réparer tons ses revers par sa fermeté ! Mais les dangers s'accumulent, etlareine^ après de courageux, mais vains efforts, se voitobligée de céder à la force. Dans son désastre â peine a-t-elle une retraite, un asile : il ne lui reste pour ressooroê que le secours dçs Hongrois ; et elle va se jeter dans leurs bras» Le temps n'efiaoera jamais du souvenir des bommes , le grand spectacle qu'elle donna dans ce moment i la Hongrie , à l'Europe , au monde, i la postérité. Elle se rend i rassemblée des états, elle s'y présente, tenant entre ses bras un tendre enfant , Tauguste rejeton de tant de rois , l'appui d'une maison cbancelante , l'espoir d une postérité nombreuse. Sa noble fermeté, sa démarche majestueuse excitent' tour-à-tour, dans l'assemblée, des mouvemens de surprise, d'admiration , d'attendrissement et de respect , et la Hongrie attendcn suspens l'issue d'une scène si imposante. La reine, avec cette éloquence du cœur , si simple , mais si persuasive , adresse en latin aux Hongrois , en leur présentant le jeune srcbiduc Josepb ^ &gé de quelques mois , ces paroles immortelles , qui peignent si énergiquement son ame et ses malbeurs : « Abandonnée de mes amis , perj> séeutée par mes ennemis , attaquée par mes parens , je » n'ai de ressources que dans votre fidélité^ vbtre courage > et votre constance. Je remets en vos maîds la fiUe et » le fils de vos rois , qnj attendent de vous leur salut »•
i54 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA BELGIQUE.
A ces mots tous ces braves Hongfois, par un mouirement spontané , qu excite 1 enthousiasme qiii' les transporte , tirent leurs sabres , et s'écrient unanimement : Mourons pour notre roi Marie-Thérèse!
Les différentes puissances de TEurope , touchées de tant d'héroïsme , favorisaient secrètement une princesse que ses vertus et ses malheurs avaient rendue si grande et si chère à leurs yeux ; mais elles craignaient la puissance du roi de Prusse , le plus redoutable des ennemis de la reine de Hongrie , qui se vit ainsi forcée de céder à Frédéric la belle province* de Silésie.
La Hollande, ^Angleterre, la Savoie se déclarent ouvertement pour Marie-Thérèse , et lembrasement de la guerre s'étend et se communique. L'Allemagne, la France et l'Italie deviennent successivement le théâtre de» plus funestes ravages.
Les Pays-Bas jouissaient encore d'un calme heureux , sous le ministère du comte Konigsegg-Erps , qui , dès le commencement de Tan 1^43 ? avait été chargé du gouvernement- général de ces provinces , avec le titre de ministre plénipotentiaire pendant l'absence du duc Charles. Ce prince, qui épousa à Vienne le 7 janvier 1744 l'archiduchesse Marie -Anne, associée à son époux dans le gon* vernement des Pays-Bas , vint en prendre possession au mois de mars suivant : il célébra à Bruxelles le ao avril, et à Gand le a8 5 l'inauguration de la reine comme duchesse de Brabant et comme comtesse de Flandre , et il partit le 7 mai , pour aller prendre le commandement des troupes autrichiennes en Allemagne.
Le roi de France qui, depuis quatre ans , tâchait dao-
HUITIÈME ÉPOQUE. i55
câbler Marie^Thérèse, en secondant de tout son pouvoir les efforts des ennemis de cette princesse , lui fit enfin une déclaration de guerre dans les formes , en cbargeant son ambassadeur à La Haye de déclarer qu'il allait attaquer les Pays-Bas, et les hostilités commencèrent le 17 mai , par la prise de Gourtrai. Les Français prirent suc-, cessivement Menin , Ypres et Fumes , places de la bar* rière, que les Hollandais défendirent très-mal. L'armée des alliés commandée par le duc d'Ârenberg , le généra) Wade, anglais, et le comte de Nassau , hollandais, avait pris entre Gand et Audenarde une position asses avantageuse , où , couverte par FEscaut , elle pouvait tranquillement observer les mouvemens des ennemis.
Le maréchal de Saxe , posté à Gourtrai , fit connaître au monde , selon l'expression de son panégyriste , (a) là supériorité que le génie a sur la fortune : il sut si avan*
tageusement profiter de sa position, qu'en ménageant ses forces et en couvrant ses conquêtes , il arrêtait la marche des ennemis , éclairait leur conduite , déjouait leurs projets, pénétrait leurs mouvemens, agissant tantôt d'après des réflexions profondes, tantôt d'après des inspirailions soudaines, qui sont les élancemens du génie ; et joignant toujours la précaution à la hardiesse , il sut , sans jamais laisser échapper ni un moment favorable , ni un poste avantageux, éviter les bataillesqui décident trop rapidement du destin des états. Tel est, continue cet orateur, legrandartque déploya Maurice dans cette fameuse cam-
(a) Thomas, Éloge do maréchal àe Saxe, qui a remporté le prix d* racadémkfraDfaise en 1759.
i56 HISTOIRE GÉNËRALE DB LA BELGIQUE.
pi^i^e de Courtrai , où , évitant sagement les extrêmes , c*est-à>cl^e , réimissant une vivacité sans précipitation à Ujn^ sang-Jrroj4 san.s ^nteur , il donna une grande leçon à 1^ post^i^ité, en apprenant aux généraux à faire la gi^nre, sg^ns s'exposer aux cliances du hasard et aux capirices de la fortune.
Cçpend^nt les Français* sont forcés d'abandonner le cpurs^ d|e leurs conquêtes dans les Pays-Bas, pour voler au seçpurs de rAlsabe} où le duc Charles de Lorraine, qui ava^^t glorieusement passé le Rhin, était venu s'établir. L'armée français fut , par cet événement, affaiblie de trente mille hommes aux Pays-Bas, et celle des alliés y fut renforcée ^e vingt mille, tant Angiaisijue Hollandais. C^ double avantagée donnait donc aux alliés une supériorité qui leur assurait les plus grands succès; mais la désunion deç généraux, comme il arrive très-souvent , empêcha les a}lîés. dfi saisir l'heureuse occaÂon que leur offrait leur pQsitîon. Les Français, pour diminuer les forces des eni^mi$ dans les Pays-Bas, feignirent de menacer Félectorat de. Hanovre, et le duc d'Ârenberg fut obligé de sedét^ber de l'armée des Pays-Bas avec pn corps de trente mille bomu^cs environ, pour se porter sur le Rhin et obsçrvçr Ijes n^ouvemens des Français.
Lcis secours que la reine obtint de la Hollande, de l'Angleterre et de la Savoie, et les succès qu elle remporta en AUen^gn^, en France, en Italie, réveillèrent la défiante pqlitique du roi de Prusse, qui avait fa[t sapi|ix pour laisser aux autres puissances le soin d*entamer son ennemie, n craint 4onc que, si le. sort fayorifele$:.armje$( de l'Autriche, ses espérances ne soient trompiéesct ses projets ren-
HUITIÈME ÉPOQUE. iS'j
versés. Son génie pénétrant et fécond invente un prétexte pour rompre la paix: illèvenne armée formiâable,et entre dans la Bohême. Le duc Cbarles de Lorraine repasse précipitamment le Rbin pour voler à la défense de cette province, qui fut entièrement délivrée avant la fih de la campagne, par ses manœuvres 'savantes.
Le prince, au milieu de ses triomplies, reçut un coup sensible, qui versa sur les jours de sa glk>ire l'amertume et le chagrm. L*archiducliesse Marie-Ânne, son époUse , à laquelle il était d'autant plus sincèrement attaché, que Tamitié, qui ne préside pas toujours à Funion des princes, avait formé celle qui joignait ses destinées à celles de cette princesse, moorat à Bruxelles le 1 6 décembre 1744? ^S^ de a6 ans, des suites d un accouchement prématuré et précipité; pripcesse dont l'afifabilité et labienfaisstnce avaient mérité l'amour des Belges.
Le comte de Kaunitz-Rittberg, que Tarchiduchesie avait autorisé à administrer les ïiflà ires pendant sa maladie, fut confirmé, au mois de février de Tannée suivante , Sans le gouvernement-général des Pays-Bas, avec le titre de ministre plénipotentiaire,
. La mortde l'empereur Charles Vn,qui semblait devoir terminer ou du moins rallentir les animosités, ne 'fit que les augmenter et les perpétuer . Ce prince était moi^t, au coQUuencement de oette année, dans la capitale de la Bavière, accablé de regrets, dévoré de chagrins, oublié de ses amis, dépouillé de ses états : exemple terrible de l'inconstance 'de la fortune! Il était né à Bruxelles le 16 août 1697. ^^^ fils, Maximilien, plus sage, plusmodéré (rexemple de son père avait été pour ce prince une grande leçon ), après
a58 HISTOIRE GÉNÉRAL£ DS LA BELGIQUE.
avoir renoncé à la couronne impériale, consentit par un traité à abandonner toutes ses prétentions sur les états héréditaires de la maison d'Autriche.
Marie-Thérèse profita de cette conjoncture favorable, pour mettre le sceptre de l'Empire entre les mains de son époux y qui fut élu roi des Romains le i3 septembre de cette année; empereur le a3, sous le nom de François I*', et couronné le 4 octobre a^rancfort.
Les prétentions de Charles VII n'avaient été que le prétexte de la guerre, et la renonciation formelle de son fils terminait toutes les difficultés etapplanissait toutes les contestations. La stricte justice ne laissait donc plus aux puissances ennemies de motifs, même apparens, pour continuer les hostilités; mais la politique en trouva ouen imagina. La véritable cause, la cause secrète de leur acharnement n'était pas éteinte : l'ancien projet de renverser la puissance de la maison d'Autriche,n'était pas usé; il ralluma toutes les animosités. La France et la Prusse reprennent donc lesarmes.
Louis XV assemble une armée de cent mille hommes , dont il confie le comm.andement au maréchal de Saxe, quiouvritla campagne par lesiégede Tournai. Cette ville, qui avait été investie le 25 avril, était défendue par les armées de l'Autriche , de l'Angleterre et de la Hollande réunies^ qui ne montaient pas à quarante mille hommes. Le ducdeCumberland, second fils du roi d'Angleterre, commandait cette armée; le comte de Komgs^g,maréchal des armées de l'impératrice, commandait sous les ordres de Cumberland, et le prince de Waldeck , général d'infanterie au service d'Autriche, commandait les HoIIan-
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dais. Le duc de Saxe conçut le hardi projet de continuer le siège et de présenter la bataille aux allicfs: il était malade et presque mourant ; cependant il fait tous les préparatifs, choisit tous les postes, fixe toutes les positions, et Tient attaipier les alliés dans 1 es plaines de Fon tenoi , à une lieue de Tournai : il se fit porter dans une voiture d'osier pour donner ses ordres et faire ses dispositions dans tous les postes. L'infanterie anglaise était rangée sur deux lignes, et ses flancs étaient exposés à tout le feu de l'artillerie française. Cette infanterie, ayant été obligée de se resserrer pour présenter un front moins large, forma un bataillon carré presque impénétrable. Cette manœuvre, qui futpeut-étare plutôt l'efiet du hasard que l'ouvrage du génie, donna pendant une heure la victoire aux alliés. Le maréchal de Saxe, dont la tête était aussisaine et aussi pressente que dans le calme de la santéffit faire en même, temps trois attaques par le front et par les deux flancs, pour enfoncer cette redoutable colonne. Ces attaques, sagement concertées et vigoureusement exécutées, rendirent enfin la victoire aux Français. Cette bataille, une des plus mémorables de ce siècle, se donna le 1 1 mai, et Tournai se rendit le 22. La citadelle ne fut emportée que le 19 juin. Leroi fit raser les fortifications delà ville et delà citadelle. Tel fut le choc de cette terrible bataille, qu'il communiqua un ébranlement général à toute la Belgique, Gand, Bruges, Âudenarde, Ostende, Nieuport, Âth tombèrent au pouvoir des vicinqueurs, et Bruxelles, assiégée et investie au milieu des rigueurs de l'hiver, dans le temps on l'on croyait que l'ennemi était retiré et la campagne finie; Bruxelles , défendue par dix-sept bataillons et douze
i6o HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA BELGIQUE.
escadrons de troapes hollandaises; Bruxelles, après un siège de douze jours, ouvre ses portes am bërjos de Fontenoi. La garnison hollandaise fut faite prisonnière, et le petit nombre de troupes autrichiennes, commandées par le comte de Kaunitz-Rittberg, se vêtira à Anvers avec les principaux membres du ministère.
Louis XV, qui, après l'hiver, était venu visiter Bruxelles , en partît à la tête de l'armée, qui marchait sur sept colonnes. Les alliés, qui avaient établi leur quai^ier-général à Malines, prirent le parti de l'évacuer. Le roi, qui y fut reçu par tous les corps de la ville, fut conduit à 1 eglise métropolitaine, où le cardinal de Bossu, archevêque de Malines, lui adressa ce compliment :
» Sire, le Dieu des armées l'est aussi des miséricordes. » Tandis que votre majesté lui rend des actions de gr&ces » pour ses victoires, nous lui faisons des vœux pour les » faire heureusement cesser par une paix prompte et duitrable. Le sang de J-G. est le seul qui coule sur nosau- » tels : tout autre nous alarme. Un prince de l'église doit » avoir le courage d'avouer cette peur devant un roi très- 1» chrétien «. Leroi répondit : « Monsieur l'archevêque , » vos vœi^x sont conformes à mes désirs, qui ne tendent « qu'à porter mes ennemis à ]a paix. C'est l'unique but de » toutes mes démarches et le succès que j'attends de tous tt mes efforts. »
Les alliés, commaadés par le comte de Bathiani , s'étant rassemblés entre Louvain et Bruxelles, disputèrent Yvement le terrain sur les rives du Démer , de la Dyle et de la Nèthe , pour se maintenir dans Anvers , que cependant ils furent forcés d'abandonner , et le comté de
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ICaaniti, avec les membres du goavernement , passa à Aîx-k-Chapelle .
La conquête d' Anvers fat suivie de celle de Mons\ qui fol investi le 6 juia , et pris le 10 )oiUet. Cependant le prince de Conti avait assiégé Charleroi* Le dnc Charles de Lorraine, qui avait pris le commandement de l'armée des alliés , forte de soixante mille hommes environ , mavckait par la Campine vers la Meuse et la Mehai- |ii^ , pour forcer le prince de Gonti à abandonner le siëge de Charleroi ; qoi dëjà était rendn aux Français. Le duc Charles vint donc passer la Meuse entre Namur et Hui* Les Français, profitant de leurs succès ^ assicgèrent Namur, qui se raidit le 5 septembre, après un siège de nfuf jours.
Le duo de Lorraine repassa la Meuse près de Maestviektle 1 3 septembre ; et le 1 1 octobre, le comte de Saxe attaqua Taile gauche des allies, composée de HoUan- •data, à Rooonrt , village à une lieue de Liège Cette armée, soutenue par de fortes redoutes, défendue par de nombreux retranchemens, était encore protégée par une formidable artillerie et par une position avantageuse , sur des hauteurs. Le maréchal de Saxe commande une -triple attaque , et Timpétuosité française, dirigée par Maurice , triomphe de la froide bravoure des Hollandais.
Les Qonférences entamées i Bréda au mois d'octobre de eette année pour négocier la paix , n'eurent point de suceès. La campagne qui s'ouvre prépare aux Français une nouvelle moisson de gloire. Le maréchal Bathiani , qni oommandait Tarmée des alliés sous le duc de Cum-