II. — MORAI.ES
Le peuple tout entier se tourna vers le vainqueur de Melgarejo et le proclama son nouveau Libérateur. « En Bolivie, on n'a pas de mémoire » — avait dit le président Acha, et, en effet, la vie de Morales, peut-être plus que celle d'aucun homme de ce temps, n'avait été qu'une série humiliante de défaillances, de trahisons et de toutes sortes de vilenies, qu'aujourd'hui, devant la séduction du succès, tout le monde oublie tristement.
Soldat dès ks premiers temps de la République, il avait mérité par des exploits fameux le titre de « vaillant parmi les vaillants », que tout le monde lui accordait, sans marchander ses mérites.
Il était ignorant, n'ayant fréquenté que les écoles primaires et arrivé à l'adolescence, il avait suivi l'exemple des jeunes gens qui, ne pouvant plus étudier le droit ou la théologie, se faisaient soldats pour conquérir des grades, des titres et des honneurs et aspirer, enfin, à la présidence de la République, but visé par tous les militaires d'alors. Pour y parvenir, l'audace, l'intrigue, la trahison étaient les moyens ordinaires, et c'est ainsi, qu'après avoir servi successivement les gouvernements de Velasco, Ballivian, Belzu, Cordova et Linares, Morales les avait trahis et combattus.
Acclamé président, son premier décret fut pour faire rendre aux Indiens les terres dont on les avait dépouillés ; puis, il lança une proclamation au pays où il promettait de convoquer une Assemblée constituante et donnait l'assurance de ses meilleures dispositions pour faire le bien et mettre en pratique, dans toute leur pureté, les principes démocratiques
Ce programme eut le don de conquérir l'adhésion de tous les citoyens, sans distinction.
Le 6 février. Morales convoqua l'Assemblée générale, engageant les députés à n'élire qu'un citoyen libre de tout engagement envers ses cama-
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rades et n'ayant pas de vengeances à exercer : « Plus de liberté et moins de gouvernement », tel fut le thème principal de ses discours.
Tout d'abord, il mit rigoureusement ces idées en pratique. Il appela au gouvernement les hommes les plus honnêtes de tous les partis et défendit aux employés publics d'intervenir dans les élections. Cependant, cette tolérance était démentie par tout son passé, et beaucoup de citoyens ne tardèrent pas à s'en méfier.
Au milieu du mois, Morales se rendit à la capitale et, le i8 juin, il installa l'Assemblée, qui, pour la première fois, peut-on dire, fut en Bolivie la véritable expression de la volonté du peuple.
lyC docteur Tomas Frías la présidait.
Dans son message, après avoir flétri le gouvernement de Melgarejo, Morales offrit de se démettre du pouvoir, déclarant sa mission terminée. Il se dépouilla donc d'une manière théâtrale de la médaille léguée par les fondateurs de la République, et sortit de l'Assemblée, suivi de ses amis et de ses partisans les plus fanatiques, qui ne cessaient de l'acclamer avec grand bruit.
Aussitôt, le débat commença par un discours de l'orateur Evaristo Valle, qui s'éleva contre cette pratique établie de récompenser toujours par la présidence tout acte de rébellion contre le despotisme, et, au grand scandale des représentants, amis du gouvernement actuel, il conseilla d'accepter la démission de Morales. D'autres députés proposèrent de laisser la présidence vacante.
IvC lendemain, 19 juin, l'Assemblée reçut deux documents révélateurs et significatifs : l'un de la part des officiers de l'armée qui demandaient « que d'aucune manière on n'acceptât la démission du colonel Morales » ; l'autre, du secrétaire général de la présidence, exprimant la surprise du président de voir qu'on n'avait rien décidé au sujet de sa démission et qu'il attendait que « l'honorable Assemblée constituante se prononce sur elle ».
Devant ces deux requêtes, en apparence contradictoires, l'Assemblée se vit obligée de nommer une commission qui connaîtrait de l'affaire. Elle donna deux avis : l'un, celui de la majorité, qui refusait la démission du président; l'autre, signé par don Evaristo Valle, qui concluait à l'acceptation.
Les députés qui suivaient avec un calme relatif le cours du débat ora-
geux et passionné qui s'engagea, ne cessaient de déplorer le conflit provoqué entre les deux pouvoirs par l'ambition d"un chef vulgaire, et furent d'avis qu'on laissât pour un an encore le gouvernement à Morales.
On savait que c'était un homme impulsif et violent, totalement dépourvu de sentiments généreux, et l'on craignait qu'il ne commît quelque acte arbitraire dont on aurait à se repentir ensuite.
Effectivement, Morales se trouvait dans un terrible état de contrariété. Il avait cru qu'en se montrant soumis et désintéressé il tournerait en sa faveur les sceptiques, et il constatait avec stupeur et colère, — ce que son ignorance ne lui avait pas laissé prévoir, — que ses manœuvres, trop grossièrement conduites, allaient lui faire perdre l'objet de ses désirs.
Alors, mettant de côté scrupules et considérations, il convoqua au Palais un certain nombre de notables habitants de la ville, auxquels il communiqua son projet de dissoudre le Congrès, qui voulait pousser le pays à l'anarchie. Les assistants furent consternés et plusieurs d'entre eux lui conseillèrent de ne pas donner suite à cette résolution, tandis que d'autres se montraient de son avis. Ils se séparèrent, enfin, et Morales resta seul dans ses salons, furieux et poussant des rugissements.
Mais ses serviteurs ne s'endormaient pas et, le soir, on vit des groupes de mauvais sujets, en état d'ivresse, parcourir les rues en criant : « Vive Morales ! A bas l'Assemblée ! Mort aux députés qui sont pour la démission ! »
Deux jours après, l'Assemblée siégeait à huis-clos, quand on entendit des coups furieux aux portes de la salle, qui s'ouvrirent aussitôt, livrant passage à Morales. Il repoussa brutalement la sentinelle et apparut dans l'enceinte de la Chambre, haletant, bouleversé, suivi d'une trentaine de généraux et d'officiers : « Je viens siéger », dit-il, et, se laissant tomber sur le fauteuil d'honneur à côté du président, il ajouta : « Pas de secrets, messieurs, quand il s'agit du salut de la patrie. »
lya multitude qui, derrière lui, avait fait irruption dans la salle du Congrès, la remplissait de ses cris de « Vive Morales ! Vive notre père ! A bas le Congrès ! »
Et Morales, apaisant d'un geste impérieux les clameurs de ses partisans, fit entendre sa grosse voix dans un discours incohérent qui montrait son ignorance et sa vanité exaspérée. Il reprocha aux députés de perdre leur temps en s'occupant trop de son humble personne et pas assez du peuple
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aflamé ; il déclara qu'il n'avait besoin de personne, et encore moins de docteurs et d'anarchistes, pour rendre heureuse la Bolivie ; et, frappant sur sa poitrine des coups qui faisaient résonner toute l'enceinte, il ajouta : « Je me suffis, moi, et je prends toutes les responsabilités devant Dieu et devant les hommes. Je suis le seul libéral ; moi seul, j'ai assez de valeur pour faire la République grande et heureuse... »
I^es députés écoutaient avec stupéfaction cet étrange discours et ils ne laissèrent pas de s'interroger avec inquiétude, quand le soudard conclut ainsi : « Pour éviter des difficultés et pour le bien de la patrie, je retire ma démission ; oui, oui, je la retire. »
lye trouble fut grand parmi les députés quand le président fut sorti de la Chambre. Les uns voulaient abandonner leur siège et rentrer dans leurs foyers ; d'autres, moins bien inspirés, disaient que le président ayant retiré sa démission, le pouvoir législatif restait debout. Le lendemain, le secrétaire général les engageait à suspendre leurs travaux, tandis que le président faisait appeler les parlementaires les plus éminents et, après leur avoir présenté ses excuses pour ce qui s'était passé la veille, leur exposait que S3n désir était de gouverner en collaboration avec les meilleurs éléments du pays, amis ou opposants. A cette fin, il avait décidé de former son cabinet en faisant appel au concours des parlementaires hautement appréciés don Tomas Frias, don Lucas Mendoza de la Tapia, don Mariano Reyes Cardona et don Nicaso Campero...
Ceux-ci, comme ministres, furent interpelés le lendemain par le député Calvimonte, qui voulut connaître leur programme politique. Ils répondirent en invoquant les arguments toujours convaincants de u la paix publique », « les devoirs envers la patrie «, etc., etc..
Ainsi, toutes les difficultés se trouvèrent aplanies, toutes les aspirations satisfaites, tous les scrupules réduits au silence, et l'Assemblée, dans sa session du 26 juin 1870, investit solennellement Morales de la présidence provisoire, pour laquelle il prêta serment, promettant de se soumettre au statut de 1861, et de réparer les maux causés par l'administration antérieure.
La Chambre put alors se livrer entièrement à ses fonctions. L'un de ses premiers actes fut de discuter la nullité de la vente des communaux, autorisée par Melgarejo. La loi du 9 août permettait aux Indiens de rentrer en possession de leurs biens, par des procès coûteux, et dépouillait les fami-
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liers de ^Melgarejo des territoires étendus qu'ils s'étaient adjugés par force en versant des torrents de sang et à des prix dérisoires. Deux autres lois, votées par l'Assemblée, annulaient tous les actes accomplis par Melgarejo et déclaraient non valables tous les avancements militaires, tant prodigués par le t>*ran.
On s'occupa ensuite de l'afíaire Church, qui fixa l'attention du pays jusqu'à ces derniers temps, où la légation de Bolivie à Paris, confiée au docteur Montes, fit, en 1913, les derniers arrangements.
En 1867, le colonel Jorge E. Church avait signé à New- York un contrat avec l'agent diplomatique de Boli\'ie pour la navigation du rio Madera. Par ce contrat, approuvé par le gouvernement de Melgarejo, il s'engageait à former aux États-Unis une compagnie au capital de un million de pesos et à contracter un emprunt en Europe de un ou deux millions de livres sterling, garanti par les revenus généraux de la nation. Cet emprunt se réalisa à Londres, le 18 mai 1871. Morales approuva ce contrat et, bien qu'une minorité de l'Assemblée jugeât ce projet irréalisable, il fut voté à une grande majorité.
Cette discussion sembla réveiller tout à coup dans le pays la fièvre industrielle et l'amour des affaires, et l'on proposa plusieurs projets de constructions ferroviaires ; mais l'Assemblée avait des préoccupations plus graves qui consistaient à changer la loi fondamentale de la République et de substituer le système fédéral au système unitaire. Le 28 août, elle vota dans un sens favorable au système unitaire, et ce vote entraîna la démission des ministres d'État, la Tapia et Prias, défenseurs du système fédéral, et, par solidarité, celle des deux autres ministres, Cardona et Campero.
L'Assemblée autorisa, enfin, la création de^ la Banque nationale de Bolivie, si prospère dans la suite, puis elle se sépara, non sans s'être donné le luxe de voter la septième constitution. Morales profita de cette clôture pour mettre en relief son amour des libertés publiques et sa haine du despotisme. Cependant, les faits qui s'étaient déjà produits révélaient assez son caractère ; mais il savait qu'en BoUvie les actes perdent leur valeur et leur signification devant les affirmations sonores et catégoriques.
En novembre, il se mit en route pour La Paz. On apprit alors que Melgarejo avait été assassiné à Lima par un de ses favoris, et le contentement général fut accru par la nouvelle que l'emprunt Church avait complètement réussi. Tout faisait prévoir un avenir séduisant pour la Bolivie. Des
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compagnies étrangères s'empressaient de faire des propositions pour exploiter les richesses minérales du pays et pour construire des routes et des chemins de fer, presque inexistants et, cependant, si nécessaires.
A cette époque, les voyages se faisaient encore à dos d'animaux et le service des voyageurs était assuré par des postillons, qui logeaient leurs clients dans les maisons de postes, moyennant dix centimes par nuit. Ils devaient transporter des colis n'excédant pas le poids de quatre kilogs, à moins d'entente spéciale avec l'expéditeur. Chaque postillon marchait près du voyageur et il était défendu, par une ordonnance postale de 1872, de faire plus de deux lieues à l'heure sur les animaux loués à la poste.
Ces mêmes postillons étaient chargés de transporter la correspondance particulière, service assez défectueux, qui se prêtait à mille abus de la part du gouvernement lui-même. On arrêtait les postillons pour des motifs quelconques et le secret de la correspondance était violé, surtout si le gouvernement craignait des troubles.
La période des élections présidentielles approchait et le pays s'agitait autour des candidats, qui étaient les généraux Morales, Quedevo et José Manuel Rendón, le docteur Lucas Mendoza de la Tapia et don Adolfo Ballivian. Les plus en faveur étaient Morales et Ballivian ; ce dernier se trouvait en Europe et devait sa popularité aux soins et à l'intelligence de ses amis qui l'avaient désigné comme candidat.
La candidature de Quevedo fut reçue avec indignation, parce que cet homme avait été l'un des plus vaillants défenseurs de Melgarejo et avait répandu le sang de ses compatriotes sur les barricades de Potosi et de La Paz. Un an à peine après les massacres du 15 janvier, il osait se présenter, donnant raison à la phrase d'Acha : « En Bolivie, on n'a pas de mémoire. » Les protestations que souleva cette attitude audacieuse satisfaisaient ]\Iorales, qui était décidé à reprendre la présidence par tous les moyens. Il le montra bientôt à l'arrivée de Ballivian : craignant un insuccès électoral, il lui demanda une entrevue et lui fit voir qu'il était résolu de rester à tout prix au pouvoir. Ballivian n'avait aucune ambition politique et détestait les révolutions ; il consentit donc à se désister de sa candidature et accepta une mission en Europe.
Le nom de Ballivian ayant disparu de la liste électorale, la plupart de ses partisans se rallièrent à la candidature de la Tapia ou s'abstinrent ; bien peu se décidèrent, bien malgré eux, à donner leur voix à Morales.
Les élections eurent lieu et, comme on devait s'y attendre, Morales en sortit vainqueur ; mais on apprit bientôt qu'on avait découvert une terrible conspiration et qu'il fallait exiler les conjurés, ce qui fut fait immédiatement. Parmi les proscrits se trouvèrent naturellement ceux qui avaient combattu la candidature du président. Il avait patiemment supporté leurs attaques, attendant le moment où il lui serait permis de satisfaire ses désirs de vengeance.
Le Congrès, réuni le 15 août à La Paz, fut inauguré par la lecture du message présidentiel, document typique où la fausseté, la vanité et l'hypocrisie se donnaient la main et formaient une trinité sombre. Couvre du ministre de l'intérieur Corral, il ne contenait qu'une vérité, exprimée autrefois par Belzu, stigmatisant la corruption des gouvernements antérieurs qui avaient entretenu le peuple dans l'ignorance, le vice et la paresse, ruiné le commerce, les mines, les arts et l'agriculture, et laissé le paj^s sans routes et sans moyens de communications.
A la fin de la séance, il fut proclamé président constitutionnel de la République.
Quelques jours après, l'Assemblée examina les mémoires ministériels et l'on constata, qu'en matière de finances, on se trouvait en présence d'un déficit considérable et que, dans les relations internationales, l'exécution du traité, concernant les affaires avec le Chili, devenait particulièrement difficile, malgré les efforts de Bustillo à Santiago.
Vers la fin de la session de la Chambre, il se produisit des scènes honteuses qui démasquèrent le président et le firent connaître sous son véritable aspect. On censurait sa vie privée et sa conduite licencieuse. Dépourvu de toute culture, il n'éprouvait pas le moindre désir de se perfectionner moralement ou intellectuellement. Il ne se plaisait que dans les orgies vulgaires où, entouré de femmes du peuple, il s'enivrait de boissons de choix, seule chose où il montrait un goût raffiné. La nation en était dégoûtée et inquiète, car on l'accusait aussi de dilapider les deniers publics pour satisfaire ses plaisirs. Le scandale allait éclater à propos de fonds concernant l'instruction publique, et Morales, qui suivait les débats avec anxiété, prévoyant que son autorité allait en sortir diminuée, ordonna que les musiques militaires vinssent à la Chambre interrompre la discussion en exécutant de retentissantes fanfares à la porte du Congrès.
Le lendemain, les députés s'abstinrent de venir à la Chambre, où Morales
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se rendit accompagné d'un nombreux cortège, en costume de parade, et, devant une salle vide de députés et des galeries pleines de monde, il déclara, avec des cris et des gestes de colère furieuse, la clôture de l'Assemblée constitutionnelle de 1873, dont les membres, dit-il, n'étaient « qu'une bande de traîtres, d'infâmes, de vendus, etc.. ».
Et, toujours suivi de son cortège, il revint au Palais où l'on se mit à célébrer son énergie par des libations répétées.
Le lendemain, 26, le public apprit, non sans stupéfaction, que trois ministres avaient rendu leur portefeuille. Morales, mis au courant de ce bruit, fit appeler le ministre Corral et voulut se livrer sur lui à des voies de fait, quand il fut en sa présence. Celui-ci se réfugia immédiatement à la légation américaine. Morales crut que l'homme qui avait tant fait pour lui allait se mettre à la tête d'une insurrection armée. Il voulut s'entourer de tous ceux qui lui restaient fidèles ; mais il n'avait confiance en personne. Une terrible exacerbation s'empara de lui et il se voyait circonvenu de toutes sortes de pièges
lyC soir du même jour, il voulut répéter son exploit contre un de ses aides de camp et tenta de le jeter par une fenêtre du Palais donnant sur la place. Alors, son neveu, Federico La Faye, dont on disait que le président courtisait la femme, mais sans succès, s'interposa pour mettre fin à cette scène odieuse. Morales, au comble de l'irritation, se tourna vers La Faye et le frappa du poing. Celui-ci répondit à cette attaque en déchargeant sur son agresseur les cinq coups de son revolver, qui retendirent mort dans son salon.
La consternation au Palais fut immense, mais ne se répandit pas dans le public à causie de l'heure avancée. Le lendemain, 28 novembre, sur le conseil même des habitués du Palais, le docteur Frias réunit à la Chambre les quarante-deux députés qui restaient encore dans la ville. Ils nommèrent un conseil d'État, composé de neuf membres, dont les directeurs élus furent les docteurs Frias et Baptista Le premier fut proclamé président de la République.
Les scènes d'horreur qui venaient de se dérouler mirent les esprits dans un état de dépression qui devint évidente dans les discours du président de l'Assemblée et du président de la République le jour de la remise des insignes du pouvoir, qui s'accomplit au milieu des larmes de tous les assistants.
§ lOI ^