II
tisans, était sacrifié avec une rage sauvage. Les autres chefs, coudamnés au même sort que leurs camarades, se promirent de n'accorder ni trêve ni merci à l'envahisseur et de lui faire payer chèrement leur vie. Il y eut donc parmi les partisans une recrudescence d'activité, bientôt étouffée par les armes royales et marquée par le sacrifice des principaux d'entre eux, en commençant par Wames à Santa Cruz.
Au mois de mai de cette année 1816, Pezuela, nommé vice-roi du Pérou, partit pour Lima, et le général La Sema vint le remplacer, à la tête d'un brillant état-major.
La Sema était un soldat aux idées libérales et d'un caractère indépendant, juste et droit. Instruit en Europe, pendant la guerre contre Napoléon, il voulut diriger ses opérations d'une manière plus scientifique ; mais cet essai lui fut fatal dans le nord des provinces argentines, d'où il dut se retirer après quelques mois de campagne, battu par les corps de cavaliers des Pampas, harcelé par la population civile et abandonnant presque tout son matériel de guerre
La conduite humanitaire de La Sema fut raillée durement par l'entourage du vice-roi et par Pezuela lui-même, qui avait laissé tant de traces de désolation et de larmes dans le Haut-Pérou. On critiquait sa clémence, ses méthodes militaires, et jusqu'à son honnêteté ; aussi, convaincu que les événements allaient tourner en faveur de la liberté, maintenant que les triomphes simultanés de Bolivar dans le nord et de San Martin au Chili donnaient une nouvelle vigueur à l'espoir de délivrance des peuples, malade et désabusé, il donna sa démission, laissant le commandement au chef d'état-major don José Canterac, que remplaça, par ordre, le général don Juan Ramírez.