‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départements (volume 2)Chapitre 108 sur 164 · LUTTE NATIONALE CONTRE LES ANGLAIS SOUTENUS DES BOURGUIGNONS · texte numérisé non relu

LUTTE NATIONALE CONTRE LES ANGLAIS SOUTENUS DES BOURGUIGNONS

§ 1 . — De LA MORT DE JeAN SANS PeUR A CELLE DE HeNRI V

ET DE Charles VI.

Le meurtre de Jean sans Peur soulève la Champagne contre les Armagnacs, et jette Philippe le Bon dans les bras de l'Angleterre (Traité de Troyes). — Mariage de Catherino avec Henri V. — Le lendemain Henri part pour Sens, qu'il soumet à son autorité. De là il va à Melun, qu'il prend, et fait son entrée à Paris. — Cependant les hostilitc's des partis, en se poursuivant, ruinent le pays. — Misère et dépopulation des villes. — Prise de Meaux par les Ang'ais. — Mort de Henri V et de Charles VI. — Avènement de Charles VH.

Cent ans après le meurtre de Jean sans Peur, comme le roi François I'"" visitait le tombeau du duc : « Sire », lui dit un chartreux de Dijon, en lui montrant la large plaie faite à la tête, « c'est « par là que les Anglais sont entrés en France «. Le chartreux avait raison, et cependant il s'en fallait de beaucoup que le crime de Montereau égalât celui de la rue Barbette ; car ici c'était un rival qui immolait un rival à son ambition, tandis qu'à Montereau, supposé même que le meurtre dor Jean eût été prémédité, c'était un chef d'Etat qui frappait un factieux, un audacieux spoliateur de son autorité. Mais celui-ci s'était rendu populaire par les promesses fallacieuses dont il amusait le peuple, et les calomnies qu'il répandait habilement contre le dauphin. Le peuple, qui lui avait pardonné le meurtre dont il s'était souillé, ne pardonna pas à Charles la mort de son idole. « Les Parisiens surtout en furent saisis d'une sorte de « fureur frénétique ' » ; ils eussent égorgé tous les partisans du

' Moine de Saint-Dcuis, id., p. 375.

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