HUMEUR GUERRIÈRE DU CLERGÉ
juillet 1398, « deux cotes de 1er, une paire de ganteletz, un harnois « de jambes entier, un garde-bras, un bacinet, garni de camail et « de visière, avec un bec de faucon et une espée ' »; dans le mobilier que laisse à sa mort (1431) le doyen de Saint-Etienne, Nicole Bourgoin, un petit canon de cuivre, enchâssé en bois, et une grosse coulevrine de fer ; au décès du sous-chantre de l'église Saint- Pierre de Troyes (1439), et dans la chapelle de sa maison, un bec de faucon, une paire de souliers en fer, une jambière et un chapeau de Montauban (casque) '-.
Cette humeur guerrière du clergé se manifeste encore dans le plaisir qu'il prend à chasser. L'évêque de Troyes a un train de chasse en 1442, et si les comptes de l'évéché ne rappellent pas les dépenses de la meute, ils mentionnent celles de la fauconnerie^. Le chapitre de Reims excuse (1406) des chanoines pour aller à la chasse ^. Miles de Dormans, évèque de Beauvais, qui appartenait à une famille d'origine champenoise, et qui fut chancelier de France vers 1380, ne trainait-il pas toujours après lui, même à l'étranger, l'attirail des riches prélats du temps, meutes, oiseaux chasseurs, chevaux de luxe ^.
De telles habitudes, étrangères à la gravité du sacerdoce, jointes à l'amour du faste ^, que servaient trop souvent à entretenir les offrandes des fidèles ou les revenus des biens ecclésiastiques, et à
' Arch. hospital. (VErvy, dans le Voyage paléog. au département de l'Aube, par d'Arbois de Jubainville, p. 297-307.
^ Boufiot, t. Ul, p. 24.
3 Id., ibid.
* Coquault, ibid., t. 111, ann. cit.