‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départements (volume 2)Chapitre 139 sur 164 · En Itala (Italie · texte numérisé non relu

En Itala (Italie

Nobles gens ot (il eut) tousjours en sa compaigne, Chiens et oiseauls. . .

{Eustache des C/iamps,èd. Tarbé, t. I, p. 99).

** Les statuts d'Etienne de Givry (1399) et de Jean Léguisé (1" juillet 1427) interdisent aux membres du clergé des vêtements de couleur rouge ou verte, une disposition trop mondaine de la chevelure et l'usage des bagues aux doigts, ainsi que la possession de chiens et d'oiseaux de chasse, et le port d'épées et poignards.

Aux causes de désordre que nous iudi({Uons, il convient d'ajouter l'abus qui s'était introduit dans l'église d'admettre aux ordres ecclésiastiques dès l'âge de 7 ans. V. les mêmes statuts.

l'abus des grâces expectatives, qui allaient plutôt à la faveur qu'au mérite, exposaient les âmes à périr par la faute de ceux qui avaient mission de les sauver. Les monastères, de leur côté, soit que l'usage excessif des commendes les livrât à des mains mercenaires ou incapables, soit qu'ils subissent l'influence du siècle, n'offraient plus que rarement l'exemple de la ferveur religieuse. On vit même l'abbaye de Notre-Dame-aux-Nonnains, à la faveur de son indépendance de la juridiction épiscopale, donner dans une de ses religieuses le scandale d'un désordre inouï, et renouveler celui d'une résistance obstinée au dessein que manifestait l'évêque d'exercer dans la maison le droit de visite (1448). En vain le prélat lance l'excommunication sur l'abbesse et met l'abbaye en interdit. Isabelle de Neuville en appelle à l'archevêque de Sens, qui lève l'interdit sous la réserve par elle de justifier ses prétentions, tandis que le procureur du roi, prétextant que l'abbaye était de fondation royale, se pourvoit devant le Parlement contre la décision de l'évoque. Celui-ci est condamné, et absout de l'excommunication l'abbaye et ses religieuses, excepté toutefois Marguerite de Grevant, coupable d'avoir failli à tous ses devoirs. Quelques mois après, le 24 juin 1449, l'abbesse produisait la preuve que l'abbaye n'était point soumise au droit de visite et de procuration de Tévèque *.

Les privilèges de l'Eglise, pour être respectés, voulaient être justifiés dans leur application à ceux qui en réclamaient le bénéfice. Ainsi, en 1441, un sieur de Varembon, poursuivi par la justice, s'étant réfugié, àChàlons, dans l'église de Saint-Alpin, le connétable de France s'empresse d'écrire au Conseil de ville qu' « il ne doit point « joïr de franchise, pour ce qu'il a violé plusieurs églises et fait « plusieurs maux sur le royaume depuis la paix faite » (10 janvier). Le Conseil est bien d'avis qu'il en soit ainsi ; néanmoins le chancelier vient, lé 15, à Châlons pour le confirmer en ses dispositions et prévenir toute « émeute ou rébellion des parrochiens de Saint-Alpin « à rencontre des officiers du roi ». Le roi, qui était alors à Troyes, est en même temps saisi de l'affaire, et le 21 janvier il fait savoir au Conseil par lettre missive « qn'W a fait veoir les informations « faites contre le sire de Varembon par quoy il ne doit joïr des

' Boiitiot, ibid., p. 24 et sq. — M. l'abbé Lalore, dans ses Documents sur l'abbaye (p. 180 et sq.) a prouvé le contraire.

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