‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départements (volume 2)Chapitre 154 sur 164 · DESCENTE DU ROI D'ANGLETERRE EN FRANCE · texte numérisé non relu

DESCENTE DU ROI D'ANGLETERRE EN FRANCE

dera-t-il de l'artillerie et des provisions de guerre, afin de le mettre en état de défense. Bientôt Chàlillon s'omparo de Ricey, Chàtillon, Mussy, Polisy, Polisot, Balnot, Avirey, Lingoy. Les Troyens euxmêmes prennent d'assaut la ville de Bar-sur-Scine (7 juin), et la trahison ne tarde pas à leur livrer le château. Comme, au retour de cette expédition, ils passaient sur la rive droite de la Seine, leur bombarde effondra par son poids le pont jeté sur la Barse, et disparut dans la rivière. Le château de Yendeuvre était, pendant ce temps, enlevé aux Allemands du parti bourguignon (G juin), etTroyes était invitée à remplacer l'artillerie du château, que rennemi avait détruite avant de se retirer.

Cependant le roi d'Angleterre est descendu à Calais le 5 juillet, et le duc de Bourgogne, après avoir levé le siège de Neuss, s'est avancé avec le duc de Calabre jusqu'à Jully-sur-Sarce (Aube), d'où il a envoyé aux Troyens des hérauts d'armes porteurs de lettres, qui ont été refusées ^ Louis XI, qui avait été averti de la marche d'Edouard et de Charles, n'avait pas tardé à en informer Cochinart, en l'invitant à se rendre « incontinent en la ville de Reims pour « parachever les réparations en grande diligence » (10 juillet)-. Le 28, il écrit aux Rémois eux-mêmes pour les presser de travailler et labourer à la perfection de letcrs fossés, moyennant quoi, dit-il, « Nostre Seigneur aydant et Nostre-Dame, sa benoiste merre, nous « vous garderons et def fendrons. ., et vous réputerons à jamais « nos plus espéciaulz vrays, entiers et loyaulx subjects, ... et sy « vous sera honneur perpétuel ^ ». Mais il ne lui suffit pas d'avoir intéressé l'honneur des Rémois à la sûreté de leur ville, tant il a peur de voir celle-ci tomber au pouvoir de ses ennemis. Trois jours après (31 juillet), il revient à Cochinart : « Raulin, lui écrit-il, j'ai « été adverty que le roi d'Angleterre et le duc de Bourgogne « doivent tirer en Champagne et à Reims, et entend le dict roy « d'Angleterre se faire couronner, que Dieu ne veuille et Nostre

noir, un harnais blanc complet, deux autres brigandines, deux salades, une lance et une demi-lance, 5 grosses cnuleuvrincs de cuivre, doux autres en fer, trois arbalètes d'acier, 6 bacinets à baunière, un bec de faucon, une vouge et un jazeron. » (Id., ibid., p. 108).

1 Id.,ibid., p. 110.

2 Arch. législ., ibid., p. 801.

3 Ibid.

« Dame, et pour ce, faictes faire toute diligence de fortifier Reims ; « et dictes à ceux de la ville que, s'ils ne sont diligens de mettre la « ville en sûreté, que Ton y mestra le feu ; et quand vous leurs « dires ces parolles, ils feront diligence de faire parachever ladicte « fortification. Je envoyé Claude Barnage pour savoir comment tout « se porte et voir comment vous besoignés... ' ». Ainsi Cochinart luimême sera surveillé dans l'exécution de son mandat. Mais encore faut-il qu'il n'outre point la menace, de peur d'indisposer les esprits. Le 4 août, le roi écrira lui-même à ses chiers et bien amez Rémois : « Nous avons sceu comme vous avés bien commancé à faire les « fossés de Reims, dont vous savons très bon gré. Nous vous « envoyons les lettres que Josselin Dubois nous a escriptes, par « lesquelles vous connaitrés que les Anglois vont à Reims, et si le « fossé n'est achevé, nous ne sommes pas délibéré de y mettre « nuls gens d'armes, parquoy faudroit par nécessité que la ville fût « desmolye, dont il nous déplairoit ; et pour ce vous prions que « faictes diligence* de les achever. Car, ainsi qu'on dict, ils ont « en pensée d'y estre devant la fin de ce mois..., et faictes faire les « fossés à pied droict tout autour, au moins plus haut que ung « homme ne peult atteindre de la main ; car le plus haut à pied « droict est le meilleur... Et aussi ad visés entre vous que les plus « puissants de la ville fassent faire chacun une coullevryne à croc, a de 24 à 23 lyvres, et ainsi que firent ceulz de Nutz (Neuss) ; car « c'est une bonne et grande def fense pour places. Et surtout veuillez « croire nostrc vouloir et intention sur ce - ».

Cependant, le même jour (4 août), le roi avait appris d'Amiens qu'Edouard était très couroussé de ce que M. de Bourgogne fût venu le trouver sans armée. La mésintelligence ne pouvait manquer de s'accroître de ce que le duc refusa de laisser entrer son allié dans ses places. Le roi d'Angleterre avait compté du moins sur le connétable et pensé prendre possession de Saint-Quentin : reçu à coups de canon, il prêta sans peine l'oreille aux propositions d'accommodement que Louis ne tarda pas à lui faire, et après l'entrevue de Picquigrnj-sur-Somme, où fut conclue une trêve de sept ans (29 août), il rentra dans ses Etats.

I Are h. l cgi si, p. 802.

î Id., ibid.

1475-1476. VENGEANCE DE LOUIS XI. tiVA

Charles avait tout d'abord refusé d'être compris dans la suspension d'armes ; mais il n'avait pas abandonne'' ses projets sur la Lorraine, et jaloux de se dédommager au plus tôt de ce côté, il acceptait, quinze jours après, la trêve, et la signait pour une durée de neuf années (13 septembre 1475).

Tout en poursuivant ses négociations, le roi n'avait cessé d'avoir l'œil sur Reims. Comme les habitants avaient chargé le procureur de la ville de l'assurer de leur fidélité et de leur bonne volonté, il ne se borna pas à leur en témoigner par la bouche de Pavot tout son contentement ; il voulut encore leur écrire, tant il était préoccupé de la direction à donner au travail des fossés. « La principale « chose que vous ayez à faire, leur dit-il, pour la fortification et la « sûreté de la ville, c'est de faire le fossé sy profond qu'il soit hors « d'assault et à pied droict ; et mais qu'il soit bien approfondy a vous n'avés garde, et pour ce faicles diligence de y besoingner et « jour et nuist, ainsi que vous dira nostre amé et féal conseiller « et maistre d'hostel, Raoulin Cochinart, auquel nous en escryvons « présentement. Donné à Compiègne le douzième jour d'aoust ». Kl en post-scriptum : « Je vous prye que tout ce que vous faictes soit « à pied droict, tant dehors comme dedans * » .

La paix faite, Louis XI put diriger Cochinart sur un autre point, et donner un libre cours à ses vengeances. Par son dernier traité, Charles le Téméraire s'était engagé à lui livrer le connétable de Saint-Pol, Louis de Luxembourg, comte de Brienne, qui, [îour arriver à se rendre indépendant, avait successivement trahi les deux rivaux, se montrant en cela le digne neveu de ce Jean de Luxembourg qui avait livré Jeanne d'Arc aux Anglais. Remis à Louis XI, le 24 novembre, il était aussitôt jugé en parlement, et le 10 décembre il payait de sa tête et de la confiscation de ses biens les crimes dont il s'était rendu coupable. Le roi donna le comté de Brienne {l'^ janvier 1476) à Charles P"" d'Amboise, seigneur de Chaumont et de Charenton. Il lui avait déjà fait don, Ici" décembre i'tTi, en reconnaissance de ses services, des seigneuries de Sompuis et de Dampierre-, après l'avoir investi, au mois de février de la même année, du gouvernement de l'Ile de France et de la Champagne ^

* Arch. législ., ibid., p. 803.

- Contîsquées sur Waleran de Châtillon.

3 11 y joignit, en 1478, celui de la Bourgogne après réchcc que le sire

Louis XI profite ensuite de la première défaite du duc à Granson (3 mars 1476), pour faire arrêter dans son château de Cariât en Auvergne, Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, le chef de la branche cadette d'Armagnac. Transféré de là à Lyon dans une cage de fer, et de Lyon à la Bastille (août 1476), le malheureux, après une dure captivité, est enfin traduit devant une commission qui le condamne à la peine de mort et à la confiscation de ses biens (4 août 1477).

Le duché de Nemours comprenait les terres et seigneuries de Pont, de Nogent-sur-Seine, d'Ervy et de Saint-Florentin : ces deux dernières passèrent, en septembre 1477, aux mains du Petit bailli d'Allemagne, iea.n Wisse, de Gerbe willer, un des serviteurs dévoués de Louis XI ; celles de Pont et de Nogent, au pouvoir d'un sieur Vendange, une autre âme damnée du roi, tous deux du reste parfaitement obscurs.

Le roi pouvait frapper tout à l'aise : il n'avait plus rien à redouter de Charles le Téméraire. Après une seconde défaite à Moral (22 juin 1476), dont le sire d'Amboise, gouverneur de Champagne, avait, par lettre du 30 juin, invité monsieur son comjjère, l'évèque de Troyes, à « faire faire processions générales » et « feux de joie )i, le duc était allé mourir misérablement devant Nancy (5 janvier 1477). Dès le 29 janvier, Louis se faisait remettre par les états de Bourgogne le duché et toutes ses dépendances, non sans prendre soin de faire arrêter les gens du pays de Flandre et autres pays rebelles à son autorité, qui, par la Champagne et le Rethelois, s'en allaient en Bourgogne « pour séduire le peuple à soy rebeller contre le Roy « et eulx mettre en l'obéissance de Mademoiselle de Bourgogne » (l^'' avril)'. Il partait ensuite pour la Picardie, où il mandait aux villes de Reims et de Troyes qu'elles lui envoyassent canons, poudre et salpêtre, afin de faire tomber les résistances de l'Artois, Il lui fallut, en effet, assiéger Arras, et les bourgeois crurent d'abord pouvoir impunément braver son armée ; mais, quand ils virent sa terrible artillerie ouvrir la brèche, ils n'osèrent attendre l'assaut et se rendirent moyennant une amnistie(4 mai 1477), « laquelle, dit « Comines, fut assez mal tenue, car le roi fit mourir beaucoup de

(le Crann, qui était gonvenieur tlo celle province depuis le 3 février 1477, essuya sous les murs de Dôlc, qu'il assiégeait.

1 Conclus . du Conseil de ville de Châlons.

1477-1480. LA CHAMPAGNE CONCOURT A REPEUPLER ARRAS. tm

« gens de bien ». Les esprits, déjà fort exaltés, furent encore, après le départ de Louis, surexcités par les vexations de ses lieutenants, et pendant deux ans ce ne furent dans la ville que complots et séditions. Résolu d'en finir avec cette population rebelle, le roi fit raser les murailles, décida l'expulsion des habitants et abolit jusqu'au nomd'Arras, qu'il remplaça par celui de Franchise.

L'ordonnance d'expulsion est du 2 juin : elle prescrit de « faire « habiter et demeurer à Arras d'autres bons et loyaulx sujets des « villes du royaume, tant marchans de marchandises que gens de « tous estatz, mestiers et vacations ». Le nombre des ménages à y « envoyer est fixé à 3,000 ; ils sont tirés de toutes les provinces, à l'exception du duché de Bourgogne et du Dauphiné. Les bourgeois de Troyes ont ordre d'en fournir quatre-vingt-quatorze, tant de leur ville que de celles de Saint-Florentin, de Bar-sur-Aube, de Joigny, de Nogent-sur-Seine, d'Ervy-le-Châtel, de Pont-sur-Seine, de Mussyl'Evèque et de Chaumont-en-Bassigny'. Reims expédie seize familles, dont elle ne se sépare pas sans regret^, Châlons 14 ménages 3. Tous ces émigrants doivent être « suffisants, puissants, industrieux », et exercer des professions propres à assurer la prospérité de la colonie ; la nature etle nombre de ces professionssont même déterminés. Quant aux dépenses de premier établissement, les villes y pourvoiront. Mais l'argent n'arrive point, les bras demeurent inactifs, la misère survient, puis les maladies ; la peste sévit, les décès se multiplient. Le roi cependant demeure ferme en son dessein : il faut remplacer les morts, nouveaux sacrifices pour les villes, nouveaux et déchirants regrets pour les populations. Troyes, par mandement du 25 juin 1481, est tenue de fournir quinze nouveaux ménages ; Saint-Florentin, deux ; Bar-sur-Aube, cinq ; Joigny, trois ; Ervy, deux ; Chaumont, trois. A Ghàlons, six ouvriers drapiers de Suippes

1 Boutiot, ibid., p. 122 et sq.

2 Anquetil, Hist. de Reims, t. III, p. oO. L'auteur en donne les noms en note : ce sont Jean de Rosnay, le Grand, Malot, Fransqnin, Bouqiiereux, Godet, Daix, Mesche, Challerange, Colart, Randonet, Cerbier, Fournet on Fournel, Ruinart, Quarré et Roze. (V. aussi Marlof, t. IV, p. 233, et Rogicr dans ses Mémoires, qui indi«[uc leurs métiers).

3 ConcL du Conseil du 4 septembre l't79. Le 15 septembre 1 480, il y aura ordre d'envoyer 9 menagiers pour remplacer ceux qui sont décèdes ou qui sont partis.

s'offrent à partir, a condition qu'on paiera à chacun d'eux la somme de 91 1., qu'ils seront transportés, eux et leurs ménages, aux frais de la ville, et qu'on leur donnera hoqueton, vouge et salade '. Rien n'est d'ailleurs ménagé pour faire valoir à Franchise toute industrie, et particulièrement « le métier et l'artifice de draperie ». Nul n'y peut vendre d'autres draps que ceux qui y sont fabriqués ; ces draps circuleront dans tout le royaume, francs de tous droits ; certaines villes, comme Tours, seront même « de par le Roy » contraintes d'en acheter à 50 0/0 au-dessus du cours 2. Les villes de Troyes, Reims, Châlons, Meaux, Provins, Château-Thierry et Barsur-Aube s'entendent, d'autre part, le 20 août 1481, pour constituer en faveur du commerce une bourse commune, dont elles confient la gestion à Josse du Moncel ^. Mais toutes ces mesures sont impuissantes à relever le courage des pauvres exilés, et à les réconcilier avec leur situation. Le chagrin, la misère continuent de les décimer, et le roi de faire de nouveaux appels au dévouement de nos populations ^. Cela durera jusqu'à la paix d'Arras (2.3 décembre 1482), qui laissera aux anciens habitants de cette ville la liberté de rentrer dans leurs foyers.

Troyes, où cette paix devait être, le 6 janvier 1483, soumise à l'approbation des trois états du bailliage^, avait assurément bien

' Ces ouvriers sont Jean Boussart, Petitjean Jaquet, Poiresson Pièrart, Colesson Wiart, Colesson Chanterelle et Pierre Rémi [Gond, du 6 août 1481).

2 Boutiot, ibid., p. 134.

3 Du Moncel n'en tirera point bénéfice, car il mourra pauvre et mendiant, en septembre 1487.

■* V. le mandement itératif adressé par les commissaires députés sur le fait du repeuplement de Franchise aux baillis de Reims, Châlons, Château-Thierry et aux juges ordinaires deCormicy, Rethel, Sainte-Menehould, Vitry-en-Perthois, Sainl-Dizier, Vertus, Vassy, Joinville, Sedan et Coulommiers, de faire payer incontinent aux villes et bourgs ci-dessus dits les sommes auxquelles ils ont été taxés pour l'envoi de ménagers à Franchise, sous peine de confiscation de corps et de biens ( Arras, 2 février 1482).

'"> Comme elle le fut à celle des trois états des autres baillages du royaume, conformément aune clause du traité passé entreLouis etMaximilien. Ainsi, pour le bailliage de Vermandois, fut-elle ratifiée à Laon dans les premiers jours do janvier. Los députés du commun de Châlons étaient Nicole Cuissotte, Jean (îruyer, et Dornmengin Logoix [Goncl. du Conseil). 11 résulte

1478-1482. LES INFORTUNES DE COCHINART. fioo

mérité de la reconnaissance do Louis XI ; aussi, pour ses bons et loyaux services, lui rendit-il, en mars 1482, son échevinage, en y joignant un maire: les échevins étaient au nombre de huit, renouvelables par moitié chaque année ; le maire était nommé pour deux ans 1.

Mais la pauvre ville avait encore plus besoin de tranquillité que de libertés municipales. Elle y avait pourvu dans une certaine mesure, en 1478, en faisant démolir par ordre du roi les châteaux de Bar-sur-Seino, de Ricey, de Mussy, de Gyé et de Chàtillon. Mais les inondations de 1481, et les ravages de la peste, qui, dt! 1471) à

1482, sévit cruellementen Champagne ; l'insuffisance des récoltes et l'accroissement des charges publiques l'avaient tellement éprouvée qu'elle ne comptait pas moins de trois mille pauvres sur une population de quinze mille trois cent neuf habitants*. Beaucoup de ceux qu'avait épargnés la mort se retiraient en Bourgogne et en Lorraine, où les impôts étaient moins lourds que dans le royaume. Les villes de Ghâlons et de Reims n'étaient pas plus heureuses ; nous avons déjà vu qu'à Reims la population était réduite à 10,078 habitants, obligés de nourrir 2,000 mendiants, et que, sans ceux-ci, elle était à Chàlons de 7,845 personnes^.

Comment, en présence d'une misère si générale et si profonde, raconter les infortunes du maître d'hôtel de Louis XI ? La leçon mérite cependant de n'être pas perdue. Cochinart, que le roi avait chargé de l'inspection des fortifications de la frontière orientale ', et qui connaissait bien son maître, l'avait servi avec dévouement et zèle, sans se mettre en peine des intérêts qu'il froissait, des ressen-

d'aillenrs d'une loltre du lieutenant général du bailli de Vermandois qtjc la réunion avait aussi pour objet « le mariage de Mons. le Daulpliin » [Gond, du l^' janvier).

' Boutiol, ibid., p. lo4 et sq. Confirmées par Charles Vlil en octobre

1483, les lettres de Louis XI ne fiuenl enregistrées que deux ans après par le Parlement.

2 Recensement du 17 avril 1482. ~ Boutiot, p. 154.

3 Recueillons ici, en passant, un renseignement qui regarde lasécuritc publique à Châlons : il y est fait achat de seaux à incendie, qui seront déposés à l'hôtel de ville {Gond, du 3 octobre 1482).

* Aussi prend-il tour à tour le titre de capitaine de Reiras, de Sainte- Menehould, de Bar-le-Duc et de Mouzon.

timents qu'il provoquait. 11 s'était surtout attiré le courroux de l'archevêque, pour n'avoir, en son absence, épargné ni ses jardins, ni ses châteaux dans la recherche des matériaux nécessaires aux fortifications de la ville, et en consacrant même à celles-ci des deniers destinés à la réparation de ceux-là.

Une fois rentré à Reims, Pierre de Laval ne songea qu'à venger d'un tel attentat la dignité épiscopale, et après s'être fait habilement nommer par le roi lieutenant de la ville et des environs (4 juin 1477), il fit jeter en prison les agents de Cochinart, sous prétexte de concussions. Cochinart avait en cour des amis qui avertirent le roi de l'affront fait à son commissaire. Louis, qui en supposait complices les magistrats de la ville, leur adresse aussitôt (!'='■ juillet) une lettre foudroyante : « Incontinent mes lettres vues, leur dit-il, « remettez en liberté tous ceux qui ont été pri sdes serviteurs de « notre maître d'hôtel Raulin, et leur restituez tous leurs biens. Ne c( vous devait-il suffire de la. Miitomaque que vous fîtes, quand nous « vînmes à la couronne, sans en faire maintenant une autre ? Et « tenez-vous bien sûrs qu'elle ne vous fut point si cher vendue que « vous sera celle-ci, si vous faillez à faire ce que nous vous écri- « vous ».

Justement consternés d'une pareille lettre, les habitants, qui n'étaient point coupables, se hâtent de dissiper l'erreur du roi. Louis ne la reconnaît pas sans être profondément irrité contre l'archevêque ; dès le 13 juillet, il le dépouille de sa lieutenance ', l'oblige à sortir de la ville et livre à la vengeance de Cochinart ses accusateurs. Cochinart eût mieux fait de leur pardonner que d'en user à leur égard avec la rigueur qu'il déploya, car il avait bien servi le roi jusqu'à cette heure. Mais, en ruinant ses ennemis, il amassa contre lui des haines qui n'attendirent pour éclater qu'un moment favorable ^ . La mort de Louis XI le leur offrit. Cochinart perdait son maître, son appui ; il était devenu vieux et aveugle. L'archevêque,

* Il donna, le même jour, au bailli de Vermandois trois commissions, dont la première fut de retirer à l'archevêque ses pouvoirs de lieutenant, et les deux autres de rétablir Rémois et partisans de Cochinart dans la possession de leurs droits et de leur liberté (V. Bidet, Recueil manuscrit, t. I", p. 190. Biblioth. de la ville de Reims).

* Ses vengeances donnèrent lieu au proverbe : « 11 ne faut rebccquer contre Cochinart. »

U76-U85. \Al COMTÉ \)E SALNTK-MliNEIlOULl). oo?

rentré en grâce, obtint commission pour l'aire informer ^ contre cet homme de petite extraction, qui avait osé s'attaquer d un pair de France, extrait de grande et noble maison *. L'instruction terminée, Gochinart fut arrêté et mené à la conciergerie. Peu après cependant, Charles VIII, prenant pitié de son grand âge, qui était de cent ans ou environ, ordonna (mai 1485) qu'il fût mis incontinent et sans dèlay à plaine délivrance. Mais Gochinart mourut avant d'être relâché. Illaissait un nom abhorré, et l'on ne pouvait, dit Rogier, faire à un homme, depuis ce temps-là, une plus grosse injure que de l'appeler Cochinardeau'^ .

Louis XI avait créé, en 1476, le comté de Sainte-Menehould en faveur d'Antoine, le grand bâtard de Bourgogne, l'un des fils illégitimes de Philippe le Bon ; mais ce don ne dura pas plus que le régne du donateur, ayant été révoqué à la mort de Louis XI par arrêt du Parlement *.

^ Les lettres de commission données par Charles VIII à Emcry Louvet, conseiller au Parlement, sont datées de Meung-sur-Loire, li novembre 1483 [Arch. de Reims, série G. 5). — L'interrogatoire s'ouvrit le 1" avril 1484. V. Marlot, t. IV, p. 235, note.

2 Copie de l'interrogatoire de Raulin Cochinarf dans les Arc/i. législ., seconde partie. Statuts, i^'' vol., p. 814.

3 Arch. législ., ibid., p. 829.

* Nous voyons à ce sujet dans les Comptes de la ville de Châions qu'il fut payé à Jacques de Luxeuil, potier d'étain, 11 s. 8 d. t. pour deux chopines d'étain employées à présenter le vin au Bâtard de Bourgogne, lorsqu'il passa par cette ville en allant prendre possession des comté, terres et seigneuries de Sainte-Menehould et Vassy, à lui donnés par le Roi.

(page 21).

Liste des M^agi de la Champagne.

d'après m. Lo^G^o^^^

Dans la cité des Rèmes :

Pagus CastriciuSy le Castrois ou pays de Mézièros ;

Pagus Vongensis, ou Vonciacus, le Vouzois ou pays de Vouziers ;

Pagus Dulcomensis, le Dormois ou pays de Grandpré ;

Pagus Porcianus, le Porcéanois ou pays de Châleau-Porcien ;

Pagus Mosomensis, le Mouzonois ou pays de Mouzon ;

Pagus Tardunensis, le Tardenois ou pays de Rethel ;

Pagus Remensis, le Rémois ou pays de Reims.

Dans la cité des Catalaunes :

Pagus Camsiacencis, le pays de Changy ;

Pagus Virtudensis, le Vertunois ou pays de Vertus ;

Pagus StadunensiSj l'Astenois ou pays de Sainte-Meuehould ;

Pagus Catalaunicus, le Châlonnois ou pays de Châlons ;

Pagus Pertensis, le Perthois.

Dans la cité des Senons :

Pagus Senonicus, le Sénonais ou pays de Sens ;

Pagus Wastinensis, le Gâtinais ;

Pagus Pruvinensis, le Provinois ou pays de Provins.

Dans la cité des Meldes :

Pagus Meldensis ou Meldicus, le Meldois ou pays de Meaux.

Dans la cité des Tricasses :

Pagus Mauripensis, le pays de Pont-sur-Seiue ; Pagus Arciacensis, le pays d'Arcis-sur-Aube ;

i Allas hist. de la France, texte explicatif, 2« livr., p. 93 et sq.

Pagus Breonensis, le pays de Brienne ; Pagus Tricassinus, le pays de Troyes ; Pagus Cupedensis, le pays de Qiieudes ; Pagus BlesensiSy le Blaisois.

Dans la cité des Lingons :

Pagus Latiscensis, le Laçois ou pays de Lantz-sur-Laignes ; Pagus Attoariorum, le Montsaiigeounois ou pays de Monsaugeon ; Pagus Barrensis, le Barrois ou pays d'Arc-en-Barrois ; Pagus Buloniensis, le Bolonais ou pays de Vignory ; Pagus Basintacus, le Bassigny ou pays de Cbaumont ; Pagus Lingonicus, le Langrois ou pays de Langres ; Pagus Tordonovensis, le Tonnerrois Ou pays de Tonnerre ; Pagus Oscarensis, l'Oscheret ; Pagus Divionensis, le Dijonnals ; Pagus Magnimontensis, le Mémontois.

(page 92).

Du comté ecclésiastique de CMlons.

C'est une opinion assez accréditée de nos jours que l'évèque Gibuin I*' fut le premier comte ecclésiastique de Châlons. Cette opinion, il faut sans doute la rapporter à ï Histoire manuscrite de Châlons du bénédictin dom François, car on n'en trouve aucune trace ailleurs. Dom François dit, en effet, que, « cédant à la crainte de voir cette ville tomber, comme celle de « Troyes, aux mains d'un laïque qui se la rendrait béréditaire et indépen- « dante, Louis d'Outremer et Lothaire donnèrent Cbàlons et son comté à « l'évèque Gibuin, leur fidèle ami, qui les transmit à ses successeurs » *. L'bistorien ne fournit d'ailleurs aucune preuve de cette donation, et ce qu'il avance n'est qu'une simple conjecture ; car nous ne saurions à l'appui de son assertion rien tirer de la lettre du roi Louis IX de l'an 1227 à Thibault, comte de Cbampagne, à laquelle il renvoie, et par laquelle ce monarque déclare ne réclamer « sur Châlons que les droits de protection « et de sauvegarde, à cause des régales, c'est-à-dire de foi et hommage » • Dom François peut bien ajouter que « c'est ainsi que Châlons obtint et « forma une sorte d'état libre et absolu sous le gouvernement de ses « évêques et comtes, depuis pairs de France, investis du titre de grands « vassaux de la couronne » : il caractérise certes parfaitement le pouvoir

1 Uist. manuscrite de ia ville de Châlons, ann. 903.

APPKNDicn:. :m

de ces prélats, mais il ne prouve pas que l'origine de ce pouvoir doive être assignée an pontificat de Gibuin.

Cependant doni François va plus loin et prétend fix(;r celle origine « à « l'an 963, parce qu'il est certain, dit-il, qu'en cette année Châlons n'était « sous la puissance d'aucun grand du royaume, pas même de Robert, « comte de Champagne, et d'Herbert de Vcrmandois, qui s'en retirèrent « après l'avoir saccagé, et n'y eurent jamais d'autorité non plus que leurs « successeurs ». Mais comment fixer à l'an 963 la donation de Louis d'Outremer et de Lotliaire, puisque le premier de ces princes est mort en 954 ? Pour les faire intervenir tous deux dans un tel acte de générosité, il faudrait ou supposer à l'un l'initiative et à l'autre la confirmation de cet acte, ou le rapporter au temps où Lothaire était associé à son père (952- 954) ; mais alors, la naissance du comté ecclésiastique de Châlons serait antérieure à l'année 954.

Ce n'est pas la seule objection à faire à l'opinion de dom François, car l'année 963 n'est pas la seule où Châlons se montre indépendant de toute autre autorité que de celle du roi. Partout nous voyons les prélats châlonnais agir avec une liberté absolue. Quand Herbert et Robert veulent tirer vengeance de la conduite de Gibiun à l'égard de Hugues, c'est à hi faveur d'une absence de cetévêque qu'ils s'emparent delà cité châlonnaise et y mettent le feu, tandis que la garnison se réfugie dans une tour, qui était la principale défense de la ville (963) '. Gibuin, averti, accourra et reprendra avec la tour possession de Châlons.

Ainsi en avait-il été du prédécesseur de Gibuin. C'est en haine de l'évêque Bovon, dont les hommes avaient mutilé quelques-uns des siens, que Boson, frère du roi Raoul, bride et détruit Châlons en 931 -, sans songer à s'y établir. Quand, la même année, Raoul, pour se venger d'en avoir été abandonné, se saisit par surprise de la personne de Bovon, il remet ce prélat aux mains de Hugues et le remplace par un clerc nommé Milou ; mais il ne tarde pas à se réconcilier avec son prisonnier et à le rétal)lir sur son siège. C'est qu'après tout B:)von par sa haute influence commandait des ménagements, et qu'il devait paraître plus sûr de l'avoir pour ami que pour adversaire.

On sait que Charles le Simple avait, le 18 avril 907 épousé en secondes noces la sœur de ce prélat, Frédéronne. avec laquelle il vécut dix années et dont il eut trois filles. Les mérites qui distinguaient Bovon avaient dû, non moins que ses liens de famille, lui gagner la confiance de son royal beau-frère : pourquoi Charles, alors qu'il était aux prises avec tant de difficultés, ne lui aurait-il point remis, sous le titre de comte, la souveraineté de Châlons? Assurément il ne pouvait confier la garde de cette ville à

1 Flodoard. Chronique. 2 Id., ihul.

des mains plus fidèles, ainsi qu'il parut dans la suite. S'il en était ainsi, Tacte de donation serait antérieur à l'année 923, où Charles fut fait et retenu prisonnier par Herbert. Il est même permis de penser qu'il le serait à l'année 919, où commence la chronique de Flodoard ; car cet écrivain si consciencieux et si exact n'eût pas manqué d'y mentionner un tel fait, s'il s'était produit dans les limites de temps qu'embrasse son travail.

Mais ce n'est là qu'une supposition, et le silence de l'histoire qui l'autorise peut tout aussi bien favoriser le sentiment de ceux qui seraient tentés d'attribuer à une usurpation des évoques châlonnais le titre de comte dont nous les trouvons plus tard officiellement investis. Une seule chose paraît certaine, c'est que ces évêques, quelle que soit l'origine de leur puissance seigneuriale, l'ont établie sans peine et sans bruit sur la ville ^, plus heureux en cela que les archevêques de Reims, qui, gratifiés en 940 du comté rémois par Louis d'Outremer, eurent tout d'abord à faire prévaloir leur nouveau titre contre les protestations armées d'une famille qui prétendait y avoir des droits*'.

Quoi qu'il en ait été, nous ne pensons pas qu'on puisse faire remonter au delà du dixième siècle la donation ou la révolution pacifique dont bénéficièrent les évêques de Châlons. Car il faut prendre garde de confondre l'autorité seigneuriale dont il s'agit avec le gouvernement militawe que ces prélats paraissent avoir exercé de bonne heure dans leur cité, comme les archevêques de Reims que nous en voyons investis dans la leur dès le vm* siècle ^, c'est-à-dire plus de deux siècles avant qu'ils possédassent le titre de comte .

Assurément la jouissance du pouvoir seigneurial était déjà fort ancienne dans l'épiscopat Châlonnais, quand l'évêque Gui de Montaigu, qui occupa le siège de 1112 à 1147, déclarait que « Châlons, le comté et la seigneurie de la ville avaient été concédés ab ANTIQUO ^Jcr les rois de France à son église et à son évéque y>^. Il s'agissait sans doute pour ce prélat de prévenir l'établissement d'une comm,une à Châlons, et l'on peut croire qu'en se prévalant de l'antiquité du droit épiscopal pour mieux assurer la stabilité de l'ordre existant, il force un peu la note ; mais le vague des termes dont il se sert : dès les anciens temps, les rois de France, sans fixer la date ni désigner le roi donateur, peut aussi être considéré comme une preuve que la concession remonte très haut sans toutefois remonter au-delà du x^ siècle ^. C'est la seule solution dont pour le moment la question nous paraît susceptible.

1 Déjà, depuis 840, ils jouissaient du droit de battre monnaie.

2 Marlot, Histoire de la ville, cité et université de Reims, t. II, p. 727, note 2.

3 V. ci-dessus, p. 37 et note.

4 lieuueil Fradet (Biblioth. de Châlons), t. 1", p. 289.

5 On trouve au t. VIII, p. 12i< de la Collection de Champagne un .Mémoire cj ni prouve

appendioiî:. 563

(page 138).

La Charte de Charité.

La Charte-lie Charité^ inspirée par le di-sir d'unir élroilemcnl Ions les membres du corps cistercien, conlioni, sous cinq chapitres, 30 articles qu'on peut rapporter à deux chefs différents : le régime intérieur des monastères, et le régime général de l'ordre entier.

Relativement au premier chef, « Nous voulons dès à présent, dit la charte, et nous en faisons une prcscriplion à tous les abbés et religieux de l'ordre, observer la règle de saint Ik-noît en tous ses points, comme elle est pratiquée dans le monastère de Cîteaux, sans lui donner d'autre explication que cellede nos prédécesseurs, et que nous lui donnons encore aujourd'hui, afin que tous l'entendent et la pratiquent de même », notamment en ce qui touche la vie ordinaire, le chant et les livres de prières : de cette manière les religieux de nos monastères, en allant se visiter, se trouveront toujours sous la même règle (art. 1 et 2).

Sur le second chef, on peut dire ([ue la charte, qui avait été consentie par tous les abbés et grand nombre de religieux, était une constitution vraiment libérale. « On y retrouvait le pouvoir électif dans la nomination de l'abbé par tous les moines profès de chaque couvent ; le pouvoir représentatif dans la réunion annuelle de tons les abbés, mandataires chargés de défendre les droits et les intérêts de leur communauté respective et de l'ordre en général ; le pouvoir exécutif dans l'autorité des abbés des quatre maisons-mères pour toute leur filiation ; cniîn le pouvoir présidentiel dans l'abbé de Cîteaux sous le contrôle du chapitre et des quatre premiers pères de la Ferté, de Pontigny, de Clairvaux et de Morimond » ■ .

Ceux-ci du reste semblent avoir été investis de la plus grande ])art d'autorité, car ils ont le droit de visiter, chaque aimée, l'abbaye de Cîteaux (art. 9), comme l'abbé de Cîteaux a le devoir de visiter, chaque aimée, toutes les abbayes qu'il aura lui-même fondées (art. 8). Ue plus, ils sont chargés de veiller sur Cîteaux pendant la vacance du siège abbatial (art. 19) et de procéder, avec un certain nombre d'abbés de la filiation, à l'élection d'un nouvel abbé (art. 18, 19).

que la ville deChâlons n'a jamais été gouvernée que dépendamment ae l'évtque de Chaalont et voici comment es mémoire le prouve : « L'on ne peut contester à lévéqu' de Cliaalons « la qualité do seigneur spirituel et temporel de la ville. Los rois qui ont fondé cette église « l'ont dotée en donnant à l'évoque le comté de Chaalons avec la dignité de pair de « France. . .».

1 Iliit. de la Chimpagne et de la Brie, par l'abbi Ktienne Georges, p. 43 j.

Ils pouvaient même, après quatre monitions, déposer l'abbé de Cîteaux en chapitre général, s'il lui arrivait de s'écarter de la règle avec sa communauté (art. 27). L'abbé déposé devait se retirer dans un des quatre premiers monastères, où il demeurait jusqu'à ce qu'il eût mérité d'être rendu au sien (art. 19). S'il refusait de se soumettre à la sentence, les quatre premiers abljés ne devaient point craindre de le frapper du glaive de l'excommunication (art. 28). Ainsi en était-il de tout abbé déposé qui se rendait coupable de la même insubordination (art. 23, 24). Après la déposition de l'abbé de Cîteaux, le chapitre annuel ne devait point se tenir dans cette maison, mais dans celle que les quatre premiers abbés choisiraient (art. 30).

Aucune élection ne devait se faire en faveur d'un religieux étranger à l'ordre de Cîteaux, comme il était interdit à tout religieux cistercien d'être abbé d'une maison d'un ordre différent (art. 20, 21). L'abbé de Cîteaux pouvait être choisi non seulement parmi tous les religieux de la iilialion, mais encore parmi les abbés (id.).

Le chapitre général se tient annuellement à Cîleaux, et tous les abbés de l'ordre doivent y assister, à moins d'empêchement légitime (art. 12, 13). L'objet du chapitre est le salut des âmes, l'observation de la règle et la conservation de la paix et de la charité (art. 14). Si quelqu'un des abbés s'est rendu coupable d'une faute, il en sera repris et soumis à une pénitence (art. 15). En cas de dissentiments entre ses frères sur le jugement à porter, l'abbé de Cîteaux décidera avec les plus capables de l'assemblée (art. 16). Les monastères sans ressources seront de la part du chapitre l'objet d'une assistance charitable (art. 17).

(On peut lire la Charte de la Charité dans la Patrologie de l'abbé Migne, au t. CLXVl, col. 1378-1384, et consulter à la suite quelques paragraphes des XJsus antiquiores ordinis cisterciensis, col. 1385-1501. — Cf. YHistoire littéraire de la France, t. XI, p. 224 et sq.).

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