PAGE
Existait-il à, Troyes un marclié à la fin du Y" siècle.
On a cru voir dans la lettre de Sidoine Apollinaire une preuve de l'existence d'un marché à Troyes vers la fin du V* siècle ; mais ce sentiment ne nous semble pas autorisé par le texte de cette lettre. Que dit-elle en effet ? Qu'une malheureuse femme a été enlevée, il y a quelques années déjà, par dos brigands de son pays ; qu'elle a été transportée en différends endroits : isto dcductam, istic distractam, et que, chemin faisant,
obiter, elle a été vendue sur xm niarclir piihiic, pain»), avant <|ii(' ses proches qui la recherchaient fussent arrivés pour rarracher aux mains de ses ravisseurs. C'est l'homme d'affaires de Sidoine ApoIJiuain' (|ui l'a achetée et elle se trouve aujourd'hui dans la maison el au pouvoir de cet intendant.
Jusqu'ici il n'est aucunement question de Troyes, et c'est à tort que MM. Grégoire et Collombet ont traduit isto dedtictam par ces mots : elle a été conduite dans ta ville; car, outre que ce n'est point le sens de isto en cet endroit, lly a tout lieu de penser qtie Sidoine, s'il eût voulu désigner à Saint-Loup sa résidence épiscopalo, lui eût dit : in vestram civitatrm ou Tricasses, comme il le fait plus bas. Il est peu probable d'ailleurs que l'intendant de Sidoine ait été chercher à Troyes la femme dont il s'agit, et la suite montre bien que c'est en \m autre lieu, sans doute proche; de Clermont.
Sidoine Apollinaire, poursuivant son récit, dit en effet que la vente a été faite avec toutes les apparences de la réi^ularilé, et qu'un certain Prudent a apposé sa signature au bas delà formule du marché, nî/i-rt formulam mundinafum, comme celle d'une caution suffisante. Or ce Prudent, qui a fait acte de notaire public, on dit qu'il demeure maintenant à Troyes, quem, nunc Tricassibus degere fama divulgat. 11 n'y demeurait donc pas à l'époque de la vente, la vente ne s'est donc pas faite à Troyes, et ainsi s'évanouit la prétendue mention de foires en cette ville vers la fin du v*^ siècle (La lettre de S. Apollinaire a été écrite entre 472 et 479).
(page 239, NOTE 2).
Charte d'affrancliissement octroyée à Binarville en mai 1331.
(Archives Nationales, registre LXVl du Trésor dos Cliarles. — JJ. G6, f« 2V->, V").
Cette charte, calquée sur la coutume de Keiins, fut donnée à Bînarville par un seigneur dont l'anté-prédécesseur avait, en 1289, doté Autry, sa résidence, de la Charte de Beaumont.
« Confirmacio privilegiorum et ordinacionum pro villa de Bouinarville. »
Ph[elipes], par la grâce de Dieu rois de France, savoir faisons à touz presenseta venirqiie nous avon veu les lettres des quelles la teneur s'ensieut de mot a mot en cest<' forme :
A touz cens qui ces présentes lettres et charlro verront el orroni Colars
de Charbongue ^ sires d'Autri -, escuiers, salut et cognoissance de vérité. Comme tuit bon seigneur doivent [amer]-^ et conioir le pourfit et l'acroissamentde leur subgés, eten tant comme li subgetsont plus riches et plus frans est l'onneur des seigneurs plus grans, pour tant et afin que mi amé subget li habitant de pia ville de BouinarmUe * soient plus volentis et plus diligens de gaignier et delsacroistre et soient plusteniiz et obligiez a moi amer et mes hoirs perpetuelment seur le gouvernement et la manière de vivre en ladicte ville comment et de quoy il me serviront et que ie leur seray tenuz a faire et a garder, par quoy ie leur soie bons sires et il me soient bons subgez, je et euls ensemble par le conseil de mes amis et de plusieurs bons et sages avons accordé et leur ai otroié chartre certaine et esbonnée^ en la manière qui s'ensieut :
Premiers il seront gouvernés et jugiés selon le droit, Tus et coustume de Rains en touz cas quelconques qui escherroient et avenroient des or en avant qui ne porroient estre iugiet et declaret par le maieur et les eschevins de la dicte ville selon l'ordenance ci après devisée. et se doute esloit du droit de l'usage et de la coutume de Reins on en penroit le droit et le conseil aus conseilleurs de la Planchete^ a Reinz.
Derechief comme la dicte ville de Bouynarville fusf de telle condition et servitute que li habitant dévoient a moy et mes devanciers seigneurs d'Aulry morte mains et fors mariages et ne se povoient départir de la dicte ville plus d'un an, ançois s'il demouroient hors de la dicte ville an et jour passé il perdoient tous leur héritages estans en la dicte ville et en terruir d'icelle, de toutes icelles servitutes il demouronf et seront atouz jours frans, quittes et délivrés parmi '' les rentes et les droitures qu'euls et leur biens rendront et paieront chascun an aus seigneurs d'Autry en la manière qu'il est cidessouz escript et seront iusticlez et gouverné comme dit est et sera en cesfe chartre.
Item li habitant de la dicte ville chascun an le jour de la Peut hecoste après la messe devens soleil couchant ou la plus grans et la plus saine partie de toute la dicte ville esliront un maieur, deux eschevins et un doien par lesquels chascun en droit soy toute la iustice delà dicte ville
1 Charbogne, dans les Ardennes.
! Dans les Ardennes.
3 Leçon donnée par une copie insérée dans la Collection de Champagne.
* Binarville, dai.s la Marne, arrondissement de Saintc-Mcnehouid.
5 Donnée sous certaines conditions.
6 La l'iancheite est le lieu où se tenaient les plaids de la mairie de Venise, créée en 1205, par Gui Paré, —a l'imitation de celle de la Couture, instituée en 1183 par Guillaume de Champagne, — on vue de hâter la colonisation de ce terrain concédé pour y construire un bourg.
7 Par le moyen de, moyennant.
sera gouvernée, et fera H diz mairez qui ainssi sera esicus scroiiicnt dovani la ville ou la plus saine partie d'icelle au moustier à relui qui aura esté prochainement devant li maires, ou ans csclicvins en cas que cis nieismes qui ara esté lan devant dit maires resera esleus maires, (|u'il gardera loyaument le droit des seigneurs et des bourgois ; et quant li niaircs ara ainsi fait son serement il penra le sairemeni des deus csdiovins et du doien, qui seront si comme dit est esleus, qu'il garderont en leur ofliites loyaument le droit des seigneurs et des bourgois et auront li dit maire et eschevin la prise, l'arrest, la court, la cognoissance et le jugement de tous cas quelconques et de quelconques personnes que ce fust que en la dicte ville et en terruir d'icelle en quelconques lieu que ce fus!, en four, en maisons, en chemins ou ailleurs partout pourroienl avenir et cschcoir tant de cas civil comme de cas criminel et ainsi toute l'exéculion l'esploit et la contrainte, excepté tant seulement l'exécution du cas criminel, laquelle appartenroit aus seigneurs en cas que aucune persone seroil iugié pour mètre a exécution de mort ou de perdre membre, en quel cas cpie li diz maires après le jugement le fera délivrer par le doien as diz seigneurs ou à leurs gens et il en feroient l'exécution et aroient li dit seigneur l'estraiere ^ selonc l'us et la coustume de Reiijs et non autrement.
Derechief li dit maires sera frans et quittes de toutes renies et redevances pardevers les seigneurs excepté une flèche a chascun Noël ou vint solz parisis que il paiera aus diz seigneurs s'il ne veulent penre la Hichc devant dicte que li diz maires offerra au dit iour de Noël, et en tele manière li doiens sera frans et penra li doien devant dit es rentes de la Saint-Denis cidessouz devisees un sextier de soille ^ et li maires aura la vesture ^ de tous les héritages que on vendra, donra ou eschengera en ladicte ville et ou terruir. — Item li dit deus eschevin auront chascun an chascun pour son tens, un sextier de soillc et douze deniers parisis es rentes de la Saint-Denis.
Derechief li fours delà dicte ville sera as diz seigneurs bannaus parmi ce que li habitant cuiront au trende deus, et feront li dit seigneur le four retenir et affouer^ à leur propres despens et y melront fournier souffisant, duquel fournier li dit maires et eschevin penront chascun an l.- serement que bien loeaument gouvernera le dit four et gardera la raison des seigneurs et des bourgois, et auront li dit maires et eschevin la court, la cognoissance, le iugement et l'esploit de la malcfacon dudit fournier cl de
< Droit seigncerial sur les biens laissés par décès.
2 Bande levée depuis l'épaule jusqu'à la cuisse du porc.
3 Seigle.
i Ce que l'on payait au seigneur avant la Charte pour droit d'investiture. 5 Faire le feu, chauffer.
touz cas de malefacons toutes que en dit four seroient fais, sauf aus seigneurs l'exécution et Testraiere des personnes jugiés a mort ou a perdre membre, si com dessus est dit.
Item li maires li esehevin et li doiens et li habitans de la dicte ville tontefoiz et tantefoiz qu'il leur plaira et que bon leur semblera pour le pourfit de la ville pourront asseoir, geter, lever et recevoir tailles et eswars • et A'endre rentes a vie et faire leur enfans clers sanz penre congié aus seigneurs, et auront lor franc usage en seic bois par tous les bois des diz seigneurs d'Autri en la chastelerie d'Autri et penront bars pour loiier - le sec bois sans emende paier.
Item tuit li bourgeois et habitant de la dicte ville qui armes pourront porter doicnt et devront hors os etclievauchiés aux seigneurs d'Autri avec la chastelerie d'Autri quant il seront semons des seigneurs d'Autri ou de leur gens souffisaument un jour ou deux au moins devant sans fraude et ne les porra on mener ne tenir à leur despens que ius qu'a l'eure de midi le premier jour qu'il seront mandé, et se plus avant les vouloit on tenir ou mener ce seroitas coux et as frais des diz seigneurs d'Autri, liquel coux et frais seroient aministrés ad diz bourgeois et habitans par la main des diz maieurs et eschevins iusques a tant qu'il fussent souffisaument revenus à leurs osteux.
llem tuit li bourgois et habitant de la dicte ville qui auront cheval, paieront aus diz seigneurs chascun an trois charrois a un cher a deux chcA-aux souffisans pour chascun charroi, et qui n'aura tant de chevaux comme pur fere cher il paiera le charroi à une charreite le premier entre saintes Pasqucs et la Penthecoste a la perricre ou carrière de Buzency, le secont un jour à amener fains du terroir d'Autri en fenisons en la ville d'Autri ou en chastel au vouloir des seigneurs, et le tiers une journée en bois de Flabain ou du bois d'Autri pour cherger et mener huche a Autri en tele manière qu'il puissent revenir dudit cliarroi ledit iour a leur oslel entre la Saint Martin d'iver et le i\oel ensievant, et a ces deux derreins charrois faire li seigneur d'Autri songneront de vivre les cherrelons qui feront les charrois bien et souffisaument et quant on voura avoir losdiz charrois on le fera savoir souflisaument un jour ou deux devant que on voura avoir ledit charroy ; et cil qui defaura d'aler au charroi sera a cinc sols tournois d'amende aus seigneurs, s'il n'avoit essoigne^ souffisante, duquel essoigne il sera creus par son seremcnt, mais pour ce ne sera il mie quites du charroi et se le tens que on doit penre le charroi estoit passez que il dit seigneur ne l'eussent requis ou fait requerre a avoir, li
1 Impositions qu'ils jugeront utiles-
2 Lier.
3 Excuse.
APPENDICE. ;j69
dit bourgois et habitant scroient quilcs des diz cliarroiz non paicz pour le tcns passé tant senlcmcnt.
Item chascun ouvriers fancheures devant An! ri pnicra asdiz seigneurs d'Autri en fenison une iournée de 11 a sa fans as despens de botiche des seigneurs. — Item chascun bourgois ou bourgoise qui n'aroif cheval paieroit en fenisons ans diz seigneurs d'Autri ou feroil paier par hommes et par famés souftlsans une iournée que on dit crouvée ' de fourche ou de retel"^ as despens de bouche des seigneurs ; et qui sera défallians de paier la dicte crovée lui premier requis sotiffisaument, se il n'aroit essoignc loial duquel il se pourrnit excuser ou essoigner par son seremcnf, il paieroit cinc sols tornois d'amende et si ne scroit mie pour ce (piitles de la dicte crovée.
Item chascun bourgois ou bourgoise cbicf portant qui n'aura cheval traiant a arere le jour de la Saint Denis ou chief d'oclembre paiera (|ualre parisis •'' de bourgoisie et de congis, deuz quartiers de soille li plus chiers et li meures un quartel de soille, et à cbascuu quartel de soille trois parisis, et est àsavoirqui serali plus chiers ou li menres il sera ieté et esgardés loiaimient par le maieur et les eschevins de la dicte ville.
Item chascun bourgois ou bourgoise qui ara cheval traiant a arere * en mars ou a versaines^, et li bourgois ou bourgoise soit chief portant ''paiera oudi iour de la Saint Denis pour chascun cheval un sextier de soille et douze deniers parisis ; et sil n'a cheval traînant a arere que a une des dictes roies de mars ou de versaines il ne paiera que la raoitiet de la dicte rente cest assavoir deux quartiers de soille et seix deniers parisis.
Item avec ce chascun Ijourgois ou bourgoise chief portant rpii aura chevaux traians a arere a la roie de mars paiera en mars un quartier d'aveine pour chascun cheval con dist l'avaine le bossu. Et sunt fuit cilz blés dessus nommés a la mesure de la dicte ville, et est assavoir que pour cheval wiseux" ou qui face labour quelconques soit en hercier soit en traire a cher ou à charrete ou à tumcrel ^ ou à porter some ou paniers, sil ne trait a arere a la roie de mars ou de versainnes, on ne paiera riens des blés ^lessus diz.
Item le jour de la Saint Denis dessus dit quiconqucs tenra héritages on
1 Corvée.
î Râteau,
3 Quatre deniers paris's.
i Labourer.
B Proprement terre retournée, saison dos labours.
6 Hommes de cors et de chief, capitales hommes, qui debrnl cenium de capile, qui olitn manu missi fuerant non plcnaria, sed eondiiionali . — (Ducanye).
7 Oisif.
8 Tombereau.
la dicte ville il paiera pour chascun cent de terre une poitevine ' paresise pour droit cens et qui tenra masuage en la dicte ville il paiera a la dicte journée de la Saint Denis pour chascune mesure quatre parisis et seront mesurez esgardées et estimées les dictes masures en bonne foy par les diz maieurs et eschevins.
Item chascun bourgois et bourgoise chief portant paiera le jour de la Saint Rémi et Saint Ylaire as vint iores de Noël - quatre parisis de bourgesie et ausi pour chascune mesure quatre parisis en la manière que dessus est dit.
Item chascun borgois et borgoise chief portant paiera le lendemain de Quasimodo quatre parisis de borgesic et pour chascune mesure quatre parisis com dit est, et est assavoir que chascun bourgois et bourgoise qui paiera quatre parisis de bourgesie a chascun des trois termes dessus diz descendra et franchira a chascun terme une masure parmi les diz quatre deniers parisis paians, et qui ne tenroit point de masure si fust bourgois si paieroit il quatre deniers parisis, et quiconques ne paieroit aus diz jours les deniers deus pour les causes dessus dites il seroit à cinc sols d'émande nient mains 3 et paieroit lesdiz deniers.
Item chascuns bourgois ou bourgoise chief portant doit et devra puis Pasques en avant chascun an aus seigneurs une pouille, laquelle pouille li doiens lèvera, et qui ne paira, li doien porra penre gage, mais cis de cui on penra ne paiera point d'amende pour cette cause.
Item chascun borgois ou bourgoise chief portant doit et devra le dimenche après l'Ascension pour rentes que on dit des fosses deux solz tornois li plus chiers et li meures six deniers tornois, et seront getés, estimés, et esgardés par lesdiz maieurs et eschevins, et qui ne paiera à jour li maires le fera gagier par le doien, mais d'amende point ne paiera, et seront quis li dit denier par lesdiz maires et eschevins par les maisons des dis borgois.
Item l'endemain de Quasimodo chascun an quiconques tenra prés en Bievres audeseur de la sente Nicol* il paiera pour chascune fauchié deus deniers tornois et pour chascune fauchié de dessouz la dicte sente un denier tornoi et qui ne paiera au dit jour il paiera cinc solz tournois d'amande.
Item il est assavoir que lidiz blés que on doit pour les congisle jour de la Saint Denis doit cstre yetés et esgardés devant ledit jour par lesdis maieur et eschevins et aussi li argens que on doit pour les fosses le di-
1 La plus petite monnaie, partie du denier.
2 Ces t-à-: lire, le 2U° jour à partir do NorM, la Saint Ililaire tombant le U janvier.
3 Néanmoins.
i Une autre leçon donne Ancel ; mais ni l'un ni l'autre nom ne se trouvent sur les cartes.
APPENDICR. 571
menche après l'Asccntion et les deiis journées que on icie et estime Icsdiz blés et deniers pur oongis et pourfossez lidit niiiircs et escheviu et doiens preneiit seur les dictes rentes un dignier souffisant le jour que il font le jet et estimation dessus diz.
Item le jour de Saint Denis que on paie les renies dessus dictes, le iour que on liève le blé pour les congis aval la ville, le jour de la Saint Remy et Saint Hilaire aus vint jours et le jour de lendemain de Quasimodo, chascun des diz jours H dit maires esclievin et doiens de la dicte ville penront seur les dictes rentes tout avant un dignier et un souper souffisans selonc leur estas et le remanant rendront cl paieront as diz seigneurs.
Item a savoir est que chascun bourgois ou bourgoise de la dicte ville porra francliement aler demourer quel part qu'il lor plera soit en la chastellerie d'Autri ou ailleurs et tenir leur héritages paisiblement à champ et a ville parmi les cens paians dessus diz et porront acquester et tenir héritages et revendre se il leur plaist paisiblement en toutes les villes de la chastellerie d'Autri ou d'aillors soit a champ soit a ville.
Item li sires en procèdent de son office et a son profit ne porra riens prouver contre les bourgois et bourgoises que par eschcvins de quelconques chose que ce soit.
Item se aucuns ou aucune de la dicte ville est adiourncz par ledit doicn devant lesdits maieurs et eschevins et il défaut, il doit cinc sols tornois d'amande aus seigneurs.
Item se aucuns fait demande à l'autre par adiournement en accion civile devant la dicte justice, cils qui sera condempnez ou alains de la demande paiera cinq soulz tornois d'amande, et se peuvent faire adiorner li uns l'autre par amour devant la dicte iusticc sans paier amande ', et se li defenderes est absolz de la demande li demanderes paiera cinc solz tornois d'amande.
Item se aucuns se clame de ferir, de bouler et de sachier - sans sonc ou d'un lait dit, se il puet prouver son clam par deux tesmons dignes de foy, li defenderes sera a cinc solz tornois d'amende, et se cils qui fait la clameur ne puet prouver s'entenlion, il sera a cinq solz tournois d'emende, et se la clameur est faite de sanc cils qui sera atains i)aiera quinze solz tornois d'amende, et se li demanderes ne preuve s'cntention il sera a quinze solz tornois d'emande ; mais se li maires de son office sanz autre qui face partie veut aprocher^ aucun de ferir, do bouter, de sachier a sanc ou sans sanc ou de lait dict ', quiconque et li maires ne
1 Cette indication de la justice de paix est intéressante pour l'époque.
2 Bouler, pousser, heurter. — Sachier, tirailler.
3 Accuseï, assigner.
* Lait dit, parole injurieuse.
572 i\PPEi\DIGE.
puet preuver s'entenlion que par eschevins tant seulement, cil qui sera approchiez dudit maieur se porra espurgier et escondire par son seul serement et sa seule main. Et se il ne se veut escondire par son serement et il est aproucliiée de ferir, de boulier ou de sachier a sanc, il paiera quinze solz tornois d'amande, et se c'est sans sanc ou lait dict il paiera cinc solz tornois d'amande.
Item se aucun se plaint ou monstre force seur autrui et elle est prouvée souffisammcnt, cils qui sera atains ou convaincus paiera vint deux solz six deniers tornois d'emende, et se elle n'est prouvée li clameres en paiera autant. Se aucun fait lialiay ' en la dicte ville ou en terruir et il en est aprochiés du maieur et il ne se vouloit escondire et essoigner par son serement, ou il ne moustroit cause pourquoy faire le pooit et li loissoit, il paieroit cinc solz tornois d'amande.
Item toutes mesures soit a blé soit a vin ou a autre chose quelconques et tuit pois seront dreciés par les diz maieurs et eschevins, et se il n'avoient en la dicte ville originans certains à cui il poussent radrecier, il penroient toutes leur mesures et leur pois en la ville de Hans- sans penre nouvel congiet aus seigneurs d'Autri.
Item il est assavoir que se aucun cas quelconques civilz ou criminelz grands moiens ou petis san rens excepter ou retenir avenoient en la dicte ville ou en terroir qui ne poussent estre clerement déterminés par ceste présente chartre, il seroient iugiés et déterminés par les diz maieurs et eschevins selonc le droit, l'us et la coutume de Reins et par le conseil et le chargement des conseilleurs et mestres de laPlanchete. Et se questions se muet entre le seigneur et le suget dont il couvieigne aler audit conseil a Reins, li sires baillera la moitiet de l'argent pour aler au conseil et 11 subjct l'autre jusques a tant que li drois sera renduz, et adonques li victoriens raura du A'ancu ce qu'il aura baillet.
Lesquelles choses dessus dites et chascune partie d'icelles, je Colars d'Autri dessus dis ottroi, veul et consens et les promés par la foy de mon cors et seur obligacion de moy, de mes hoirs et de mes successeurs et de tous cens qui cause auront de moi en temps avenir et de tous mes biens meubles et non meubles presens et avenir à garder, défendre et garendir envers tous et contre de fait et de droit en iugement et dehors, sanz jamés venir contre en repost^ ou en appert par moy ne par autrui, ançois de ceste présente chartre et tout ce qui est dedens contenu leaument et en bonne foi je feray et layray ioir les diz maieurs, eschevins, doien et habitans en tant comme a chascun touche, doit et puet toucher à tous jours paisible-
1 Cri pijur demaiidei' secours.
2 Marne, arrond. de Saint.e-Menehould.
3 En secret.
ment sanz fraude ; et tous cinpechemenz ((ui leur eu seraicul lais sans leur propre courpe ' par oui que co fust, je mis lioirs cl mi successeur feriens et pourchesseriens osier d (Iclïaire cl eus demourer en pais a nos propres coux et despens, et a plus grant fermeté de toutes ces clioses je pri et requier a ma chère et amée mère damoiselle Jehanne d'Au-^iniout dame de Charbougne et d'Aulri qui a son douaire en ladiclc ville de Bouinarville, et a ma chierc et amée feme et compaigue Aaelis, a laquelle ie en doins congiét pooir et auctorité, et a mon amé frère Jehan et a ses maimbours et curateurs, de liquel chascun en droit soi et en tant comme il li touce et puet touchier, toutes les cheses dessus dictes et cliasciuie d'icelles veulient consentir, loer, gréer, ottroier. promettre ot renuncier a tout leur droit, dont il pourroient enpoichier de traire ou empirier les choses dessus dictes en tout ou en partie et veulient mettre leur seelz en ceste présente chartre avec le mien.
Et nous Jehanne, Aaelis et Jehan dessus nommez, consideraus que toutes les choses dessus dictes sunt bien et loiaument faites pour le pourfit, l'ouneur et l'acroissement tant dudit Colart et ses successeurs seigneurs d'Autri comme de ladicte ville et des habilans de Buinarville, toutes les choses dessus dictes et ceste présente chartre en tant comme a chascun de nous touche et puet toucher coniointement et deviséemenl soit pour héritage ou pour parçon soit pour doaire présent et avenir, pour compaignie ou pur acquest ou pour autre tille et cause quelconques nei ou a naistre présent ou avenir, consentons, loons, gréons, ratefions. approuvons et par les fois de noz cors promettons leaument a tous jours perpétuellement tenir et garder et à nos pooirs défendre sans jamais venir contre en repost ou en appert par nous ne par autrui, et renonçons par nos dictes fois a toutes exceptions et à tous privilèges introduis en faveur de femes ou de meures de âge escripts on non escriptz qui pouvroient a ceste présente chartre nuire et grever ou faire aucuns empecliemens, et supplions ie, Colars et tuit li dessus nommez et requérons humblement et a grant instance a très excellent et redouté prince le roy de France nosfre chier souverain seigneur que toutes les choses dessus dictes et ceste présente chartre veulle et daigne approuver et confermer par l'appension da son grant seel et voulons qu'il nous contraigne au tenir se nous voliens venir contre, que ia n'avaigne. En tesmoingnage de vérité et pur ce que ce soit ferme chose et establc, nous avons scellés ces présentes lettres et chartre de noz propres seaux, des queux nous avons usei, usons et entendons a user, lesquelles furent faites l'an de grâce nostre Seigneur mil et ccc trente et un ou mois de may.
Nous toutes les choses dessus dictes et chascune d'icelles loons
1 Faute.
aggreons et approvons et de notre auctorité roial a la supplication desdis seigneurs et habitans faite a nous, sur ce, les confermons par la teneur de ces présentes lettres et mandons à tous nos iusticiers et à chascun d'euls si comme à li appartendra que toutes les choses dessus dictes facent tenir et garder deuement si comme mestier sera ; et s'aucune chose estoit ou temps avenir fait ou attempté au contraire, facent si comme raison requerra remettre sans délai a estât deu, et que ces choses soient fermes et vaillables a tous jours nous avons fait mètre nostre seel a ces présentes lettres sauf en toutes choses nostre droit et l'autri. Ce fu fait à Paris l'an de grâce mil CGC et trente un ou mois d'octembre.
Par le Roy a rostre relation, Gervasius.